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Le gouvernement du général Berthezène à Alger en 1831


Car ce ne fut pas tant à la colonisation qu’il s’en prit qu’aux «violences matérielles ou morales», aux «fraudes», aux «humiliations» imposées aux indigènes, à «la passion du lucre qui obscurcit la raison», à «nos airs méprisants, à nos dédains, à nos vexations de tous les instants». Que les anciens colonisés reconnaissent dans ces traits le «colonialisme» dont ils ont souffert va de soi. Mais l’historien n’en peut déduire que ce général était «prévenu contre toute idée de colonisation» . Cependant l’ensemble de sa politique et de son administration témoigne de sa «volonté de mettre frein aux spoliations exercées sur les propriétés, aux vexations auxquelles les indigènes étaient en proie et à une foule d’abus qui étaient passés en forme de choses légales» . Comment ne l’a-t-on pas reconnu plus tôt? Que cette politique eût permis de rendre confiance aux Musulmans, il suffit pour s’en convaincre de lire les pétitions des notables d’Alger. Partout on y entend les mêmes cris : «Respectez la foi jurée et donnez à tous une même justice». On remarquera aussi que dans tous ces textes de Musulmans contemporains du général Berthezène, celui-ci, lorsqu’il est mentionné, est toujours jugé avec faveur, pour son humanité, sa probité, sa bonne foi. Est-ce seulement flatterie de leur part de répéter des paroles qu’ils lui avaient entendu prononcer: «Tous les hommes de bien sont compatriotes».

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Car ce ne fut pas tant à la colonisation qu’il s’en prit qu’aux «violences matérielles ou morales», aux «fraudes», aux «humiliations» imposées aux indigènes, à «la passion du lucre qui obscurcit la raison», à «nos airs méprisants, à nos dédains, à nos vexations de tous les instants». Que les anciens colonisés reconnaissent dans ces traits le «colonialisme» dont ils ont souffert va de soi. Mais l’historien n’en peut déduire que ce général était «prévenu contre toute idée de colonisation» . Cependant l’ensemble de sa politique et de son administration témoigne de sa «volonté de mettre frein aux spoliations exercées sur les propriétés, aux vexations auxquelles les indigènes étaient en proie et à une foule d’abus qui étaient passés en forme de choses légales» . Comment ne l’a-t-on pas reconnu plus tôt? Que cette politique eût permis de rendre confiance aux Musulmans, il suffit pour s’en convaincre de lire les pétitions des notables d’Alger. Partout on y entend les mêmes cris : «Respectez la foi jurée et donnez à tous une même justice». On remarquera aussi que dans tous ces textes de Musulmans contemporains du général Berthezène, celui-ci, lorsqu’il est mentionné, est toujours jugé avec faveur, pour son humanité, sa probité, sa bonne foi. Est-ce seulement flatterie de leur part de répéter des paroles qu’ils lui avaient entendu prononcer: «Tous les hommes de bien sont compatriotes».

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