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Murs


A nouveau la voix rauque et âpre de Raymond Bozier. A nouveau une entreprise de langue au plus haut degré politique : la prose narrative (ce voyageur égaré), la prose poétique (ces colères sur le registre des vieilles prophéties de Jérémie prisonnier dans le fond de sa citerne), le décryptage de la langue prise en elle-même (les différentes acceptions, citées, du mot {mur} dans le Dictionnaire de la langue française), se conjuguent pour griffer presque de ses propres mains toutes les figures concrètes des murs que chacun de nous a trouvés sur sa route.

Parce qu'il nous faut, chacun, en faire l'inventaire : rues de l'enfance, murs sautés dans la littérature, et les murs de l'enfermement (Berlin ou Palestine, ou le mur de l'Atlantique), les murs où on s'écorche, et bien sûr les murs à l'intérieur.

Bozier procède par images, un parpaing décoré, la trace au sol du mur de Berlin soufflé, les toiles ou vidéos d'Hubert de Saint-Ève rendent le voyage fascinant parce que nous-mêmes savons répondre, à l'intérieur, par notre mémoire et par nos routes, avec un mur similaire.

Si ce n'était qu'une performance (écrire au jour le jour, directement via le web, pendant la durée de la dernière campagne électorale), elle s'effacerait vite. Il se trouve qu'on touche aussi un symbole central de l'imaginaire. Qu'on rejoint les fondations de la ville, leurs contreforts, leurs ghettos et leurs frontières. Qu'on est ainsi de plain pied dans l'espace de la fable.

Alors surgissent d'autres murailles de dimensions fantastiques, et qui sont pourtant les plus décisives : celles que l'homme dresse entre lui et lui, ou entre lui et ses semblables. Et pas seulement les murs du pouvoir et de l'argent, mais ceux qu'explose la révolte sont aussi présents ici.

Alors, dans la bétonnière et les gravats que brasse devant nous (et nous avec) la phrase et le récit de Bozier, l'idée qu'on pourrait bien arriver à s'en saisir, quitte à le renifler, le mordre, ce vieux rapport de l'homme et du monde, si on se rend capable d'inventer des formes inédites de récit. Celui-ci poursuit loin, poursuit profond. Avec fierté qu'on le reçoit et qu'on l'accompagne (et création epub parfaitement novatrice aussi de Roxane Lecomte pour Digital Hat & Co, merci).

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Fiche détaillée de “Murs”

Fiche technique

  • Auteur : Raymond Bozier
  • Éditeur : publie.net
  • Collection : Temps Réel
  • Date de parution : 19/06/12
  • EAN : 9782814506367
  • Format : Multi-format
  • Nombre de pages: 72
  • Protection : NC

Résumé

A nouveau la voix rauque et âpre de Raymond Bozier. A nouveau une entreprise de langue au plus haut degré politique : la prose narrative (ce voyageur égaré), la prose poétique (ces colères sur le registre des vieilles prophéties de Jérémie prisonnier dans le fond de sa citerne), le décryptage de la langue prise en elle-même (les différentes acceptions, citées, du mot {mur} dans le Dictionnaire de la langue française), se conjuguent pour griffer presque de ses propres mains toutes les figures concrètes des murs que chacun de nous a trouvés sur sa route.

Parce qu'il nous faut, chacun, en faire l'inventaire : rues de l'enfance, murs sautés dans la littérature, et les murs de l'enfermement (Berlin ou Palestine, ou le mur de l'Atlantique), les murs où on s'écorche, et bien sûr les murs à l'intérieur.

Bozier procède par images, un parpaing décoré, la trace au sol du mur de Berlin soufflé, les toiles ou vidéos d'Hubert de Saint-Ève rendent le voyage fascinant parce que nous-mêmes savons répondre, à l'intérieur, par notre mémoire et par nos routes, avec un mur similaire.

Si ce n'était qu'une performance (écrire au jour le jour, directement via le web, pendant la durée de la dernière campagne électorale), elle s'effacerait vite. Il se trouve qu'on touche aussi un symbole central de l'imaginaire. Qu'on rejoint les fondations de la ville, leurs contreforts, leurs ghettos et leurs frontières. Qu'on est ainsi de plain pied dans l'espace de la fable.

Alors surgissent d'autres murailles de dimensions fantastiques, et qui sont pourtant les plus décisives : celles que l'homme dresse entre lui et lui, ou entre lui et ses semblables. Et pas seulement les murs du pouvoir et de l'argent, mais ceux qu'explose la révolte sont aussi présents ici.

Alors, dans la bétonnière et les gravats que brasse devant nous (et nous avec) la phrase et le récit de Bozier, l'idée qu'on pourrait bien arriver à s'en saisir, quitte à le renifler, le mordre, ce vieux rapport de l'homme et du monde, si on se rend capable d'inventer des formes inédites de récit. Celui-ci poursuit loin, poursuit profond. Avec fierté qu'on le reçoit et qu'on l'accompagne (et création epub parfaitement novatrice aussi de Roxane Lecomte pour Digital Hat & Co, merci).

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Biographie de Raymond Bozier

Né en 1950, à Chauvigny, dans la Vienne, Raymond Bozier vit et travaille à la Rochelle. Il a animé la revue Cargo, publié un grand nombre de poèmes et de nouvelles dans des revues et des journaux tels que L'Express, Le Monde Diplomatique, Action Poétique, Moebius, Poésie présente, Europe, avant de donner la priorité au roman. Lieu-dit, Paysages avant l’oubli 1 (Calmann-Lévy, 1997, réédité chez Fayard), lui a valu le Prix du premier roman 1997, et le prix du livre Poitou-Charentes. Ont suivi plusieurs recueils de poésie, tels que Bords de mer (Flammarion, 1998), Abattoirs 26 (Pauvert, 1999) ; et d’autres romans : Rocade, Paysages avant l’oubli 2 (Pauvert, 2000), Les Soldats somnambules (Fayard, 2002), Fenêtres sur le monde, Paysages avant l’oubli 3 (Fayard, 2004), L’Homme-ravin (Fayard, 2008), Divagation 1, suivi d’une réédition de Lieu-dit (Fayard 2008) ; sans oublier un récit, La maison des courants d’air (Fayard, 2008). Par ailleurs, Raymond Bozier a participé à 49 poètes en collectif, anthologie (Flammarion, 2004) et Histoires de lecture (ministère de la Culture, 2001), a réuni des auteurs algériens et français dans L’Algérie des deux rives (Mille et une nuits, 2003), et, dans Le Rapt du silence (Le Temps qu’il fait, 2007), a traduit des proses de Marcos Siscar.

Autres ressources web: voir BNF / écrire la ville.

 

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Lieu-dit, Paysages avant l’oubli 1, roman, Calmann-Lévy, 1997. Prix du premier roman 1997, prix du livre Poitou-Charentes – Épuisé

Bords de mer, poésie, Flammarion, 1998

Abattoirs 26, poésie, Pauvert, 1999

Rocade, Paysages avant l’oubli 2, roman, Pauvert 2000

Les Soldats somnambules, roman, Fayard, 2002

Fenêtres sur le monde, Paysages avant l’oubli 3, Fayard, 2004

L’homme-ravin, Divagation 1, suivi de Lieu-dit (réédition), romans, Fayard 2008

La maison des courants d’air, récit, Fayard 2008

Roseaux, poèmes, Publie.net

L’être urbain, Publie.net, 2009

 

 

Collectif

Histoires de lecture : Lire en fête 2001 (collectif), Ministère de la culture

L’Algérie des deux rives, nouvelles (collectif d’auteurs algériens et français réunis par R.Bozier), Mille et une nuits, 2003

49 poètes en collectif, anthologie, Flammarion, 2004

Québec 2008, poésie, Co-éditionEcrits des Forges (Québec) et Sac à Mots (France)

 

Traductions

Avec Mustapha Oulmane : Histoires de jour, contes de nuit, Jabbar Yassin Hussin, Atelier du gué, 2002.

Avec l'auteur : Le rapt du silence, Marcos Siscar, Le temps qu'il fait, 2007.

 

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