Presses de l'Université Laval

  • À travers neuf chapitres et neuf recettes, Tristan Landry convie son lecteur à une exploration de l'alimentation sous le IIIe Reich. Loin d'être anodine, la question de l'alimentaire nous transporte au coeur des préoccupations d'un État et de sa population, marqués par le souvenir du blocus de 14-19 et de la faim vécue pendant celui-ci. Après un retour sur cette expérience, l'auteur passe en revue les solutions élaborées d'abord dans la République de Weimar, puis sous le régime nazi pour atteindre l'autarcie agroalimentaire. Quand ces solutions s'avérèrent insuffisantes, les comptables du Reich commencèrent à se livrer à un inventaire exhaustif des ressources caloriques des pays voisins. Les experts nazis établirent également une hiérarchie fondée sur la race et censée déterminer le nombre de calories auquel chacun avait droit. Cette hiérarchie mena aux exterminations de masse, imaginées par les experts nazis comme étant la solution finale au problème alimentaire de l'Europe. Le livre se veut une contribution à l'histoire culturelle de l'Allemagne nazie qui montre combien importante était la question alimentaire tant pour le parti nazi que pour les Allemands eux-mêmes.

  • Dior, Balmain, Lanvin... Si l'Histoire a retenu le nom de ces grands couturiers français pour leur apport considérable à la haute couture, elle a négligé leur rôle dans les relations internationales de l'après-guerre. Cet ouvrage entend lever le voile sur cet aspect méconnu en montrant de quelle façon le gouvernement français, ses diplomates et l'industrie textile ont réussi à exercer une influence mercatique aux États-Unis par le truchement de la haute couture. Réalisant le potentiel de ce secteur, ces acteurs ont fait appel aux couturiers parisiens entre 1946 et 1960 pour stimuler les exportations vers les États-Unis et promouvoir le prestige de l'Hexagone. Pour permettre de bien apprécier la réussite de cette entreprise, ce livre mobilise les statistiques douanières françaises et américaines, peu étudiées dans l'histoire de la mode, ainsi que les archives de l'ambassade de France aux États-Unis, ouvrant un nouveau champ en histoire des relations internationales et en études de la mode.

  • Qui aurait cru qu'un virus apparu dans un marché chinois de Wuhan allait mener à une pandémie mondiale qui a coûté la vie à des centaines de milliers d'individus en l'espace de quelques mois et forcé presque tous les pays à imposer des quarantaines, à confiner des villes entières et à fermer leurs frontières ? Et pourtant, ce sont les images qui nous resteront en tête lorsque nous repenserons à l'année 2020. En raison des dimensions et des effets de cette crise, il est clair que nos sociétés en ont des leçons à tirer et il est tout aussi évident qu'elle entrainera de profondes transformations à l'ordre international. Quelles sont ces leçons et à quelles sortes de changements devons-nous nous attendre ? Ce livre cherche précisément à répondre à ces questions.
    Ces essais portent un regard critique sur l'évolution des démocraties libérales, montrent le potentiel que cette crise sanitaire globale nous offre pour reprendre le contrôle de la mondialisation telle que nous la connaissons depuis 50 ans, en plus d'expliquer en quoi cette pandémie pourrait accélérer la fin de l'ordre libéral international.
    En tant que premier livre portant sur cette pandémie, ces essais critiques et sans complaisance seront d'un intérêt pour tout lecteur intéressé à comprendre les enjeux politiques de cette crise et à s'interroger sur la manière dont les sociétés ont cherché à combattre ce virus mortel.

  • Un soin inédit fait nouvellement partie de l'arsenal thérapeutique de la médecine occidentale. Presque un oxymore, l'aide médicale à mourir ne fait pas l'unanimité. Or, une nouvelle frontière est sur le point d'être transgressée. Parce que certains font l'erreur de considérer la perte de dignité comme possible, ils mettent de l'avant la mort comme le remède ultime aux souffrances des gens atteints de démence. On oublie alors que cette sensation de déchéance peut être soignée autrement. De plus, nous démontrons que la défense de l'autonomie ne saurait justifier l'euthanasie en démence. Notre manifeste confirme également l'importance d'en finir avec la peur du centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). Ainsi, la fragilité de l'aîné souffrant de démence doit être célébrée en tant que richesse oubliée pour promouvoir une telle modification des moeurs au sein des établissements en cause. Notre réflexion contre l'euthanasie en démence, appuyée par de nombreux cliniciens, contribue à la protection des aînés vulnérables.

  • Crise sanitaire transformée en crise sociale, économique et financière, la pandémie de la COVID-19 engendre une réflexion sur l'entreprise et sa gouvernance. Au moment où le monde d'après émerge, un changement de trajectoire va-t-il s'amorcer ? La question est posée. Cette crise montre que l'entreprise est une institution sociale qui doit assumer une responsabilité sociale. Le conseil d'administration, la direction, les actionnaires et les parties prenantes doivent donc repenser le cadre analytique de leurs relations et les raisons profondes qui les amènent à prendre des décisions. Au-delà de l'entreprise, c'est une perspective holistique qu'il faut avoir et l'on doit faire de la finance un instrument du changement. Penser l'après-coronavirus impose que le droit remette en cause des fondamentaux pour placer l'entreprise devant ses responsabilités. Faire du profit son unique finalité est une prémisse qui doit être abandonnée : le mieux-vivre ensemble de l'après-coronavirus est à ce prix.
    Cherchant à conserver une trace des nombreux écrits publiés durant la pandémie de coronavirus, cet ouvrage démontre que la COVID-19 ne constitue pas une révolution de la gouvernance. Elle remet au goût du jour des débats anciens, qui montrent aujourd'hui toute leur pertinence. La COVID-19 est susceptible de constituer une étape de l'évolution de la gouvernance d'entreprise, encore faut-il que le juriste joue pleinement son rôle dans cette étape.

  • L'histoire de la philosophie est une oeuvre collective qui s'étale sur une longue période. Les
    chapitres s'enchaînent sans avoir été coordonnés. Aussi, l'enjeu, pour chaque nouvelle génération, c'est de se réapproprier cette histoire.

    Les auteurs du présent ouvrage nous proposent une manière originale d'y arriver. Par le dialogue, les philosophes de la tradition semblent revivre pour faire le point sur leur cheminement. Socrate, Kant, Marx, Arendt et bien d'autres répondent aux questions de Laure Becdelièvre, Laurence Hansen-Lve et Fabien Lamouche.

    Au fil de ces conversations imaginaires, nous découvrons comment l'esprit de résistance a pu s'incarner à travers les figures de penseurs aussi profonds que subtils et aussi novateurs qu'insoumis.

  • Les Naskapis sont des Amérindiens du nord du Québec. Ils forment une population d'environ 1300 personnes regroupées en un unique village, Kawawachikamach. L'histoire des Naskapis est toute en mouvance, traditionnellement centrée sur la poursuite du caribou ainsi que d'autres gibiers et poissons nordiques.
    Aujourd'hui, les Naskapis exploitent d'autres secteurs économiques. Le village de Kawawachikamach comporte un centre commercial, un centre récréatif, des écoles primaire et secondaire et un service de santé (CLSC). Les Naskapis eux-mêmes ont su avec la sédentarité élargir leurs intérêts et prospérer dans des domaines aussi variés que la construction, les services de pourvoirie, le tourisme d'aventure et même le transport ferroviaire et l'exploitation minière.
    Ce recueil de récits ancestraux nous permet de mieux saisir l'âme de ce grand peuple nordique et témoigne ainsi de sa beauté et de sa magnificence.

  • Les Innus, par tradition un peuple de chasseurs, piégeurs et cueilleurs du Subarctique oriental, étaient connus anciennement sous le nom de Montagnais. Economie oblige, avec le temps et les contacts extérieurs, ils se sont faits médecins, avocats, conducteurs de machinerie lourde, pêcheurs commerciaux, chanteurs, artistes et écrivains. Bref, ils se sont inscrits dans le processus des activités économiques contemporaines tout en conservant leur identité propre. Ce recueil de récits d'origine innue se veut une contribution à la connaissance de ce peuple culturellement riche et complexe.

  • La science est une puissante manifestation de la curiosité humaine. Elle est une démarche qui vise à comprendre et à expliquer le monde, incluant les humains. La plupart des gens aiment la science et désirent en entendre parler ou lire sur le sujet. Si, chez certains, la science suscite curiosité et enthousiasme, chez d'autres elle provoque la crainte, l'incrédulité ou le simple déni. La science bouleverse, parfois profondément et viscéralement. Les savoirs scientifiques à la fois réconfortent et dérangent parce qu'ils abordent des questions existentielles : qui sommes-nous ? Où sommes-nous ? D'où venons-nous ? Où allons-nous ? Comme nous l'enseigne éloquemment l'histoire des sciences, la science bouge. La démarche du scientifique, qui ne s'arrête jamais, est de toujours tendre vers une meilleure appréhension du monde. Qu'est-ce qui donne à la science sa qualité intellectuelle première ? La réponse est simple : la science marche, elle fonctionne.

  • Les Atikamekw, selon la graphie vernaculaire, constituaient par tradition un peuple de chasseurs, cueilleurs, piégeurs et pêcheurs nomades, bien qu'au fil des siècles, ils aient aussi développé une grande expertise dans plusieurs domaines économiques dont la foresterie, le tourisme et l'artisanat.

    Les Atikamekw ont une très longue histoire d'occupation de leur territoire et d'utilisation de ses ressources qui remonte, dans les sources écrites, au début de la période de contact et, dans les sources orales, à une époque bien antérieure.

    Ce recueil de récits présente plusieurs facettes de leur société.

  • Présentation et traduction de GABRIEL LAVERDIÈRE
    « Les principes directeurs du présent livre sont la libre pensée et la libre expression, ouvertes, mobiles et affranchies des idéologies conservatrices ou progressistes. »
    La guerre des sexes n'est pas morte : sous la pression de mouvements dénonciateurs ou en raison de clivages politiques grandissants, hommes et femmes semblent poussés à l'affrontement. Aussi nombreuses que soient les voix s'élevant pour arbitrer la rixe, celle de Camille Paglia connaît peu d'égales. Ce recueil convie à un riche programme : l'histoire du féminisme, les rapports entre l'inné et l'acquis, l'avortement, la chirurgie plastique, les femmes en politique, le sadomasochisme ou encore l'esthétique (qu'il s'agisse de la représentation évolutive des corps féminins dans l'histoire de l'art ou de l'étude de figures inspirantes, du buste de Néfertiti à la belle du Sud, en passant par Madonna et Germaine Greer). Pareille diversité atteste un apport précieux et original aux débats féministes et culturels contemporains.

  • Comment enseigner dans un milieu multiethnique ? Comment les enseignants s'adaptent-ils et modifient-ils leurs pratiques dans un tel contexte ? Comment peuvent-ils soutenir les élèves immigrants intégrés dans une classe ordinaire au primaire dans la langue d'enseignement et dans les matières scolaires, tout en tenant compte de l'ensemble de la classe ? Cet ouvrage vient éclairer le travail enseignant dans un contexte pédagogique multiple et complexe. À partir d'observations de classes et d'entrevues avec des acteurs en jeu pour documenter les pratiques de soutien en contexte réel de classe et pour comprendre les raisons des enseignants à l'égard du soutien et le point de vue des élèves, l'auteure met en relief le sens de la pratique enseignante de soutien qui se coconstruit dans les interactions entre l'enseignant et l'élève, selon leurs apports mutuels et les facteurs de la classe.

  • L'écriture d'essais est un genre étrangement passé sous silence dans le rayon des ouvrages destinés aux jeunes auteurs et auteures. Comme si rédiger un essai ne demandait aucune habileté particulière, ce qui n'est pas le cas. Communiquer des idées avec clarté, concision et passion, c'est un art. C'est aussi un apprentissage, auquel nous convie Michel Dorais, auteur d'une trentaine d'essais, parmi lesquels quelques succès de librairie, traduits à l'étranger. De l'idée initiale au travail avec l'éditeur, toutes les étapes de la conception d'un essai sont passées en revue, expérience et exemples à l'appui.

  • Dans cet ouvrage, l'auteur nous propose d'entrer dans l'univers complexe du cheminement de l'eau et de son interaction avec le système tout aussi complexe que les humains ont érigé pour fonctionner en société.
    Par exemple, plus de la moitié de la population mondiale est urbanisée. Nos mégapoles ont des répercussions considérables sur la ressource en eau. Trois graves problèmes surviennent alors : une accentuation marquée des crues, la surexploitation et la pollution des ressources locales et la propagation de maladies hydriques.
    Eaux de surface, eaux souterraines ou eaux transfrontalières, il faut suivre tous les mouvements de l'eau afin d'obtenir une meilleure connaissance du rôle que chacun de nous et chacune de nos institutions doit jouer au sein de ce que l'on nomme aujourd'hui la gouvernance de l'eau.
    Encore faut-il que chacun se sente concerné, car, dans notre quotidien urbanisé, nous ne voyons pas toujours les conséquences de nos actions. Pour donner le bon coup de barre, il faut d'abord comprendre la situation. Cet ouvrage apporte justement plusieurs analyses scientifiques qui seront autant de plaidoyers en faveur d'un engagement commun.

  • L'insubordination constitue la principale cause de sanction disciplinaire chez les enseignants. Elle touche à plusieurs types de comportements considérés inacceptables dans leur milieu de travail, notamment lorsqu'un enseignant transgresse une règle institutionnelle, lorsqu'il ne respecte pas la directive de la direction scolaire ou lorsqu'il a un comportement outrancier. Dans cet ouvrage, nous discutons 24 décisions judiciaires concernant l'insubordination. L'étude de ces décisions permet de plonger dans la pratique quotidienne des enseignants, de connaître leurs responsabilités quant à la gestion de classe et au choix de l'approche pédagogique. L'analyse de ces décisions révèle clairement les limites de l'autonomie professionnelle des enseignants. Ce livre s'inscrit dans une perspective d'éthique professionnelle. Il s'adresse aux enseignants, aux directions scolaires, aux commissaires d'école, aux directions de commissions scolaires, aux syndicats de l'enseignement et à tous ceux et celles qui s'intéressent aux pratiques et aux conditions de travail des enseignants.

  • «Les hommes sont hommes avant d'être avocats, médecins, marchands, ou manufacturiers, et si vous en faites des hommes sensés et compétents, ils deviendront par cela même des avocats et des médecins compétents et sensés. [...] On peut être un homme de loi compétent sans avoir reçu une éducation générale; mais il appartient à l'éducation générale de donner à l'homme de loi l'esprit philosophique qui cherche des principes et les saisit, au lieu de charger sa mémoire de détails, et il en va ainsi de toutes les autres professions, y compris les métiers manuels. » John Stuart Mill

    John Stuart Mill a été nommé en 1865 recteur honoraire de l'Université de St-Andrews. Deux ans plus tard, il y prononce un discours fameux dans lequel il expose ses idées sur l'université et sur l'éducation qu'elle doit procurer à quiconque la fréquente.
    C'est ce texte qui est ici pour la première fois intégralement présenté aux lecteurs francophones. Ils y mesureront à la fois la distance qui nous sépare de l'université anglaise du XIXe siècle, mais aussi l'actualité des hautes exigences qu'avait le recteur Mill à l'égard de cette institution. Mill reste en effet un réformateur social utilitariste, démocrate et égalitariste, pour qui l'éducation doit former des personnes capables non seulement de développer leurs capacités et dispositions cognitives, émotionnelles et morales de manière à devenir autonomes, mais aussi de coopérer entre eux (et elles) afin de transformer le monde [...] (Normand Baillargeon, Antoine Beaugrand-Champagne et Camille Santerre Baillargeon)

  • Il y a chez Thomas d'Aquin une autre morale que celle que nous connaissons. Si elle n'a pas été développée, c'est que les options et les sensibilités du temps ne la réclamaient pas. Cette autre morale, dont les assises ne font aucun doute, se trouve, elle, en rapport avec le meilleur des options et des sensibilités de notre temps.
    La morale de Thomas d'Aquin est celle du chemin qui conduit à Dieu. Les humains sont ici-bas des voyageurs, en quête de leur fin bienheureuse. Si riche soit-elle, cette morale ne promeut pas pour elles-mêmes les valeurs proprement terrestres et humaines.
    L'autre morale se définit comme une manifestation de ce qui nous habite : Dieu est en nous et pas seulement dans un au-delà, et notre vie éternelle est déjà commencée. En manifestant ce qui en nous est vie et valeur, nous les faisons nôtres et nous les développons; en les engageant dans des tâches terrestres et humaines, nous prenons au sérieux la création de Dieu remise entre nos mains. Et nous travaillons au voeu que celle-ci porte : la promotion des peuples et l'instauration d'une société juste et fraternelle dès ici-bas.
    Le livre articule, en finale, ces deux morales dans un nouvel ensemble.

  • Faire danser à l'école pose un regard actualisé sur les fondements et les pratiques de l'enseignement de la danse en milieu scolaire et en périphérie de l'école. L'ouvrage prend appui sur des résultats de recherche sondant la parole de praticiens d'expériences diverses. Il s'adresse aux futurs et aux actuels enseignants de la danse en milieu scolaire (EDMS), aux conseillers pédagogiques, aux formateurs d'enseignants, aux chercheurs, aux artistes et à toute personne intéressée par le sujet. Douze auteures, à la fois praticiennes et chercheuses, contribuent à cet ouvrage traitant d'enjeux d'ordres artistique, didactique, pédagogique, historique, socioculturel et esthétique. Discipline praxique par excellence, la danse est pensée ici autour de la notion du FAIRE, comprise dans le sens de l'action de l'enseignant ou de l'artiste. Comme toute discipline enseignée à l'école, la danse comporte des enjeux d'éducation et de formation complexes présentés en quatre parties.

    La première partie DANSER A L'ECOLE soulève les questions suivantes : Quelle évolution des programmes? Dans quelles conditions? Qui forme-t-on pour enseigner la danse? Quels rôles de l'EDMS? La deuxième partie PENSER A FAIRE DANSER s'organise autour de la planification des apprentissages et de l'enseignement : Quoi enseigner? Comment s'y prendre? Que se passe-t-il dans la tête de l'enseignant? La troisième partie FAIRE DANSER porte plus concrètement sur les moyens, les dispositifs, les manoeuvres et les stratégies que l'enseignant ou l'artiste met en oeuvre pour faire ressentir, faire connaître, faire interpréter et faire créer des danses. La quatrième partie FAIRE APPRECIER étaye la démarche d'appréciation esthétique et critique en danse, tout en prenant en compte la culture populaire. Elle aborde en outre la danse dédiée au jeune public, la représentation des jeunes devant le public et l'accès au patrimoine chorégraphique pour faire apprécier.

  • En quelques décennies, le jeu vidéo est devenu l'une des pratiques culturelles les plus prisées des adolescents. Sources de problèmes et d'inquiétudes pour les uns, simple loisir pour les autres, les pratiques vidéoludiques sont souvent l'objet de critiques et la cible de nombreux stéréotypes, malgré leur grande popularité. À partir d'enquêtes de terrain, cet ouvrage propose de déconstruire les présupposés sur le jeu vidéo afin de mieux comprendre sa relation avec ces adeptes singuliers que sont les adolescents et, depuis plusieurs années déjà, les adolescentes. De leur rôle dans la construction identitaire de jeunes joueurs aux représentations de l'adolescence dans les scénarios qu'ils proposent, les jeux vidéo révèlent alors leur complexité à la lumière des regards sociologiques et anthropologiques.

  • Cette approche par trois voies (orale, ethnographique et archéologique) à la société wendat nous instruit de l'existence et de la nature d'une pensée nord-amérindienne qui peut faire voir à juste titre la société wendat comme le foyer d'une véritable civilisation, méconnue jusqu'à présent.

  • À travers l'oeuvre de trois écrivains des îles antillaises de la Martinique et la Guadeloupe, Corina Crainic dresse ici un portrait saisissant et mouvant de l'identité de ses habitants. C'est principalement la figure des marrons, ces esclaves fuyant la plantation pour la liberté dans la forêt, qui signe la trace de ces récits. L'identité des Martiniquais et des Guadeloupéens est particulièrement complexe. Elle a oscillé entre une origine africaine dont l'expérience coloniale a oblitéré la filiation, une intégration à la France d'outre-mer jamais complètement consentie, et une insertion socioéconomique sur un territoire qui suinte encore la douleur de l'esclavage.
    S'éloignant des figures de la négritude, comme de celles de la créolité, le marron, le seul véritable héros antillais décrit dans ces travaux d'écrivains récents, s'ouvre sur l'américanité. Une américanité qui prend ses distances face à l'appartenance et au sens pour une identité de relations à l'autre, une identité du recommencement. L'acceptation de l'appartenance au continent n'est pas pour autant dénuée de troubles identitaires et de violences propres à ces lieux de liberté et de commencement.
    Le lecteur québécois trouvera dans cet ouvrage des complicités identitaires certaines. Déjà, au cours des années 1960, les oeuvres de Frantz Fanon sur la décolonisation et d'Aimé Césaire sur la négritude avaient nourri nos imaginaires. Les écrits de Simone Schwarz-Bart, Édouard Glissant et Patrick Chamoiseau, lus à l'aune de l'américanité, ne sont pas sans faire écho à nos propres débats sur notre appartenance continentale.

  • Cet ouvrage se veut à la fois réflexion théorique et pratique pour offrir un regard inédit sur les sciences et les arts afin de décloisonner ces disciplines pour multiplier leurs potentialités. Nous avons voulu (re)donner chair à la matière brute, la matière objective. Cette réflexion arrivera-t-elle à se déployer en d'autres volets pour sensibiliser de nouveaux publics ?
    « Artistes, écrivains et scientifiques ont été dépassés, gênés, d'avoir trop longtemps empêché ces liens et ces possibles. Il y a eu cette exposition abattant tous les murs. Étonnante exposition où le visuel, le littéraire et le scientifique ont créé un espace époustouflant d'humanité ».
    - Anne Peyrouse, chargée d'enseignement, Département de littérature, théâtre et cinéma, Université Laval
    « L'ouverture à la liberté d'expression de ce partenariat a généré de multiples possibilités d'interprétation ainsi qu'un enrichissement de la culture, de l'expérience pédagogique et de la création dans un contexte de communication visuelle ».
    - Sylvie Pouliot, professeure titulaire, et Stéphane Vallée, chargé d'enseignement, École de design, Université Laval
    « Il y a une sorte d'humanité transversale qui a été ressentie. Mes textes touchaient des thématiques humaines de justice sociale et ce langage a trouvé écho chez les artistes préoccupés par des questions sociales. C'est une forme de communication et d'inspiration qui s'est établie par médium interposé ».
    - Yves Hallée, professeur agrégé, Département des relations industrielles, Université Laval
    « C'est intéressant de voir que les artistes ré-humanisent les sujets que la recherche scientifique a, en quelque sorte, déshumanisés. En science, on se concentre sur un aspect, une statistique, une caractéristique. Par leur imagination, les artistes ont remis l'individu, l'humain à l'avant-scène ».
    - Myriam Michaud, Département de management, Université Laval

  • À notre époque, alors que les démagogues, surtout de droite, exploitent pour leur propre compte les exclus et les laissés-pour-compte de la société, il me semble important de nous tourner à nouveau vers la pensée politique et sociale de Hegel. Ses réflexions nous permettent d'élaborer une critique forte du néolibéralisme, laquelle ne repose pas sur des conceptions naïves des marchés : elle s'inscrit plutôt dans un projet d'émancipation que la Théorie critique a toujours porté. C'est ce que je tente de montrer dans cet ouvrage.

  • Les films d'Ingmar Bergman (1918-2007) ont la réputation d'être noirs et décapants. Le cinéaste nous soumet à une déconstruction des relations humaines fondamentales et de nos aspirations spirituelles. Mais sonder le vide en nous n'est-il qu'accablant ? Ou serait-ce le chemin le plus sûr vers un renouveau?
    Le cinéaste suédois, fils de pasteur, a lutté pour remplacer le discours chrétien de son enfance par un évangile exaltant l'amour et la vie. Son cinéma peut se comprendre comme un combat entre les mauvaises nouvelles et les bonnes. Maris et femmes, mères et filles, pères et fils, prêtres et communiants, psychiatres et patients, tous entrent dans la ronde interminable où un peu de lumière perce les ténèbres. Et là où la stratégie des acteurs bergmaniens s'avère insuffisante, la musique prend le relais afin de communiquer par-delà notre finitude.

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