Philippe Djian

  • "Les femmes avaient quand même le don, elles avaient l'instinct, pas besoin de les briefer pendant des heures, songeait-il, elles savent reconnaître un homme blessé."
    Depuis la mort de son mari survenue un an plus tôt, Diana vit avec Marc, son beau-frère, qui veille sur sa santé et sa sécurité. Mais quand ce dernier découvre trois paquets de drogue échoués sur la plage, il est bien décidé à revendre la marchandise avec l'aide de Joël, le frère aîné de Diana. Et les ennuis s'enchaînent aussitôt. Les couples se trahissent, les amitiés se défont, l'amour flirte avec le meurtre, et, au milieu de ce vaste dérèglement, naissent bientôt de nouveaux sentiments.

  • à l'aube

    Philippe Djian

    'Décidément, c'est une malédiction, ce coin-là. Il faut s'estimer heureux de ne pas se prendre une balle.'

    États-Unis, côte Est, non loin de Nantucket. À la mort soudaine de leurs parents, Joan revient s'installer avec Marlon, son frère autiste. Alors qu'ils apprennent à
    cohabiter dans la maison, Howard, un vieil ami de la famille, surgit et cherche à les convaincre d'entreprendre de mystérieuses fouilles à la cave. Mais dans sa banlieue aux airs faussement tranquilles, le shérif ne voit pas d'un très bon oeil l'intrusion de cet ancien activiste, aussi
    séduisant qu'inquiétant.

  • 2030

    Philippe Djian

    Un matin, Greg tombe sur un reportage vieux de dix ans sur le combat, en 2019, de "la jeune femme aux nattes". Lui se sent pris en étau entre Anton, son beau-frère, pour qui il vient de falsifier les résultats d'une étude sur un pesticide, et Lucie, sa nièce, engagée dans une lutte écologique. Quand elle lui présente Véra, sa vision du monde s'en trouve ébranlée.
    Six personnages se croisent dans ce roman de légère anticipation. Que s'est-il passé pour qu'en dix ans le monde poursuive son travail de dégradation ? Est-ce par paresse, impuissance ou égoïsme que les membres de cette famille ont laissé s'abîmer leurs vies et le monde qu'ils habitent ?

  • 37°2 le matin

    Philippe Djian

    Ils avaient annoncé des orages pour la fin de journée, mais le ciel restait bleu et le vent était tombé. Je suis allé jeter un oeil dans la cuisine pour vérifier que les trucs collaient pas dans le fond de la casserole, mais tout se passait à merveille. Je suis sorti sur la véranda armé d'une bière fraîche et je suis resté quelques instants avec la tête en plein soleil. C'était bon, ça faisait une semaine que je prenais le soleil tous les matins en plissant des yeux comme un bienheureux, une semaine que j'avais rencontré Betty.

  • Marlène

    Philippe Djian

    Dan et Richard, deux vétérans de l'Afghanistan et amis d'enfance, vivent dans la même ville depuis leur retour des zones de combat. Encore gravement perturbés par ce qu'ils ont vécu, ils peinent à retrouver une vie normale.
    Le cas de Dan est à peu près réglé - il s'oblige à une hygiène de vie très rigoureuse, travaille assidûment ; mais celui de Richard - bagarreur, récidiviste, infidèle - semble définitivement perdu.
    L'arrivée de Marlène, la belle-soeur de Richard, va redistribuer les cartes. Jusqu'à la tragédie?

    Condensé dans sa forme, nerveux, Marlène est un roman tout entier tendu par la brusque fuite en avant de ses héros.

  • Oh...

    Philippe Djian

    "Décembre est un mois où les hommes se saoulent - tuent, violent, se mettent en couple, reconnaissent des enfants qui ne sont pas les leurs, s'enfuient, gémissent, meurent..." "Oh..." raconte trente jours d'une vie sans répit, où les souvenirs, le sexe et la mort se court-circuitent à tout instant.

    Prix Interallié 2012

  • Tout commence alors que Myriam est encore adolescente. Extrêmement introvertie, elle vit chez son père qui l'a élevée seul. La mort de leur voisine fait débarquer dans le quartier un homme d'une quarantaine d'années, Yann, qui très vite devient son premier amant. Chronique d'une émancipation borderline, ce roman raconte une vie hors des codes, entièrement construite à la faveur de rencontres et de situations. On croit tout savoir de Myriam, mais peut-être nous a-t-on caché l'essentiel ?

  • Chéri-chéri

    Philippe Djian

    Denis a la quarantaine. Le jour, il mène une vie tranquille d'écrivain et de critique fauché. La nuit, il s'appelle Denise et danse dans un cabaret - même sa femme Hannah ne trouve rien à y redire. Jusqu'au jour où ses beaux-parents décident d'emménager juste en dessous de chez lui... Paul, son beau-père, révulsé par l'excentricité de son gendre, a bien l'intention de le faire changer. Et en bon mafieux, il croit savoir comment y parvenir. Quant à Veronica, sa belle-mère, c'est tout le contraire : il lui plaît beaucoup, un peu trop même. Denis pourrait facilement tirer un roman de cet encombrant voisinage, mais pour l'heure, il va devoir surtout sauver sa peau...

  • Love song

    Philippe Djian

    Daniel est un musicien accompli. À cinquante ans et quelques, sa carrière est faite, il est l'auteur de plusieurs gros succès, de plus d'une dizaine d'albums, et tourne dans le monde entier. Le public et la critique l'adorent, on le reconnaît dans la rue et le désordre de sa vie conjugale avec Rachel fait parfois la une de la presse people.

    Mais ces derniers temps, l'industrie du disque a changé sans qu'il s'en aperçoive. Et, quand il remet à sa maison de disques ses nouveaux morceaux, le verdict tombe : pas assez commercial.

    Renvoyé en studio, il doit d'urgence trouver l'inspiration, quand sa femme, qui l'avait quitté depuis huit mois, choisit justement ce moment pour revenir...
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  • Francis est un écrivain à succès, meurtri par l'existence. Sa femme et l'une de ses deux filles sont mortes tragiquement devant ses yeux. À soixante ans, il est maintenant installé au Pays basque où il a mis de côté ses derniers remords en se remariant. Mais voilà que sa fille Alice, qu'il chérit plus que tout, disparaît brutalement et brise ce fragile équilibre. De la forteresse mentale qu'il se construit pour ne pas s'effondrer, il va découvrir un monde sans pardon possible.

  • Incidences

    Philippe Djian

    Une Fiat 500. Au volant, Marc. À côté de lui, sa plus jolie étudiante. C'est la nuit, ils foncent chez lui finir la soirée en beauté.
    Au petit matin, son goût prononcé pour les jeunes élèves de son cours d'écriture va soudain lui passer.
    À cause des routes de montagne? Du néo-conservatisme ambiant? Des crises de sa soeur? Ou plutôt du charme des femmes mariées? Marc ne saurait dire. Du moins, pour le moment...

  • Vengeances

    Philippe Djian

    Un matin, dans le métro, Marc ramasse une fille au bord du coma éthylique et la ramène chez lui. Quelques heures plus tard, elle a disparu.
    Qui est-elle? Pourquoi a-t-elle tout cassé dans sa maison? Pourquoi éprouve-t-il, immédiatement, le besoin de la revoir?
    Vengeances raconte l'histoire de cette collision imprévue... qui va se révéler ne rien devoir au hasard.

  • Un prof de musique, henri-john, père de deux grandes filles, est plaqué par sa femme, edith, écrivain à succès.
    Pour lutter contre la solitude, le stress qui monte, il part pour les etats-unis. il loge chez son beau-frère, oli, dans une vaste maison à véranda au bord de l'océan. ce séjour face au ciel et à la mer sera l'occasion d'un monumental bilan.
    Djian, pendant plus de trois cents pages, ne cesse de revenir sur son passé dans une france de meudon inventée par céline, avec moutards et tractions avant, grisaille et pauvreté, pavillons de banlieue et fins de mois difficiles.
    Heureusement, il y a l'amérique, son bonheur matinal, ses breaks rutilants, ses grandes étendues liquides, ses maisons de bois aux couleurs lie-de-vin, ses joggers fluo, ses dunes ouvertes sur des paysages d'avant l'homme, ses forêts aux sourdes pulsions, ses freeways qui montent vers la nuit avec tant de douceur. l'amérique de djian est lisse, lavée, pimpante. ce pays-là, sous la plume de djian, a des couleurs de cerf-volant qui vibre en plein bleu du ciel.
    Et là, on retrouve le djian foldingue d'écriture, de sensations : ce regard nettoyé, un peu cru, primitif, qui a fait sa réputation et qui l'a fait aimer, en france, par plus d'un million de lecteurs. jacques-pierre amette.

  • Personne ne peut aimer une femme et écrire un roman simultanément.
    Dans les vapeurs d'une vie d'écrivain, il y a la question omniprésente du style, le blues, les femmes, LA femme.

  • Maudit manège

    Philippe Djian

    - Tu vois à quoi ça ressemble un entonnoir ? il a demandé.
    Comme je ne répondais pas, il en a dessiné un dans les airs.
    - Quand tu auras mon âge, tu seras arrivé dans le petit bout, il a enchaîné. Tu verras qu'il ne te reste plus beaucoup de possibilités.

    Depuis la mort de Betty, l'écrivain a le coeur malade. C'est l'infarctus et l'appel aux petites pilules. Malgré tout, sa ligne de vie s'accroche au fil de l'écriture. Le succès et le fric pointent le bout de leur nez, ce qui n'empêche pourtant pas sa vie de se compliquer ; imaginez seulement deux écrivains sous le même toit où les courants d'air ont le visage de deux femmes... Dans la continuité de 37°2 le matin, le manège infernal des âme seules se poursuit dans une fuite en avant fantasque et authentique.

  • Bleu comme l'enfer

    Philippe Djian

    Il y avait pas de lumière, juste le ricanement des grillons mélangé au silence, la lune à côté d'eux dans une bassine d'huile de vidange et cette baraque en bois, la porte était noire et graisseuse autour de la poignée, des pneus transformés en pots de fleurs et un siège de bagnole défoncé sous la véranda... Henri faillit s'embrocher sur l'énorme cactus qui trônait à l'entrée, pendant que Ned cognait à la porte, il remarqua la grosse fleur ouverte au milieu des piquants.

    Le cactus ne fleurit qu'une seule nuit dans l'année. C'est une fleur aux couleurs très pures et très tendres, entourée de piquants, comme ce roman d'amour caché au coeur de la haine et du sang, sous un ciel implacablement bleu, comme l'enfer.

  • Doggy bagaccumule les succès : déjà près de trois cent mille lecteurs séduits ; Philippe Djian choisi par les Éditions 10/18 comme premier auteur français contemporain pour figurer aux côtés de tant d´écrivains cultes américains ; un coffret en poche des trois premières saisons ; et la saison4 récompensée par le prix Vaudeville. Il ne manquait plus qu´un peu d´audace de la part des producteurs pour transposer sur le petit écran l´univers mordant de ce tumultueux récit en six "saisons", inspiré des meilleures séries américaines. Un objectif enfin atteint dont on attend avec impatience le résultat final.
    Sur les six saisons annoncées, il n´en reste plus que deux à Philippe Djian pour résoudre les énigmes deDoggy bagencore en suspens... Comment s´y prendra-t-il ? Petit avant-goût : enfermé à vie dans sa cellule de luxe, David ne devrait plus désormais représenter le moindre danger pour le couple Marc-Édith. Du moins, en théorie, car entre les frères Sollens, rien n´est jamais aussi simple... Et si vous croyez qu´on ne peut faire aucun lien entre un autobus rempli de paroissiens, un officier de police amoureux, un rituel issu duLivre des Morts tibétains,et un ours géant assoiffé de sang,détrompez-vous : la saison 5 vous réserve plus de surprises encore que toutes les précédentes...

    Suite et fin avec la saison 6 deDoggy bag,à paraître aux Éditions Julliard début 2008.
    Http://philippedjian.free.fr

  • Http://philippedjian.free.fr0400 Elle était assise en face de lui. Elle souriait. Elle irradiait. Elle disait nous, et ce nous valait pour elle et lui et personne d´autre. Il aurait pu tendre la main et la toucher. C´était tout ce qu´il eût jamais désiré, le seul but qu´il eût jamais cherché à atteindre. De joie, une larme aurait pu couler sur sa joue. Elle souriait, levait son verre, son haddock au curry avait encore une fois remporté tous les suffrages et ils avaient pu manger dehors en chandail.
    Et pourtant, elle n´avait pas compté une seconde. Il avait baisé Martine sans hésiter, sans se soucier le moins du monde de mettre tout ça en péril pour le seul bénéfice de sa queue ? pardon pour le langage. Elle lui offrit son profil en se tournant vers Joël qui venait de renverser son verre et bafouillait de vagues excuses. Il adorait tout simplement sa nuque. La nuque d´Édith était la troisième ou la quatrième merveille du monde. Comment était-ce possible ? Comment pouvait-il prendre de tels risques ? Si un doute subsistait quant à l´opportunité de se faire soigner, il y avait-là de quoi être rassuré, se disait-il.
    Il s´agissait d´une course contre la montre. Comme de sortir en courant d´une forêt en flammes. Le feu ronflait sur ses talons. Le rendez-vous qu´il avait pris avec les Sexoliques Anonymes le remplissait d´espoir. La femme avec laquelle il avait parlé lui avait plutôt fait bonne impression, ancienne sexuelle-dépendante elle-même ainsi qu´elle avait fini par le lui avouer tout en ajoutant qu´ils comptaient un grand nombre de réussites parmi les frères et les soeurs qui étaient repartis dans nature, et presque 100 % quand les gens étaient motivés.
    Sexuel-dépendant. C´était le nom de ce qu´il avait attrapé. En pratiquant le sexe à haute dose ? En multipliant certaines soirées ? En tout cas, il avait allègrement franchi les limites du raisonnable en la matière. La certitude de pouvoir retourner à une vie normale quand il le déciderait ne l´avait jamais quitté. Ce discours était bien connu. Et l´avait amené comme les autres, comme tous les drogués de la terre, au bord du gouffre habituel. Un miracle qu´il s´en fût tiré sans avoir signé son arrêt de mort sur un de ces effroyables oreillers.
    Du coin de l´oeil, tandis qu´il feignait de s´intéresser à la conversation ? l´appauvrissement des ressources, la lâcheté des gouvernements, la presse complètement larguée ?, il observa les fenêtres des Damanti et nota qu´il n´étaient pas encore montés à l´étage. En quelques mois, la situation s´était à ce point dégradée. Au point de guetter le moment où la fenêtre de leur chambre allait s´allumer, puis celle de leur salle de bains.
    Bientôt, Édith découvrirait son manège, comme elle découvrirait les revues qu´il dissimulait à la cave ou certains sites qu´il visitait ou un parfum compromettant ou pire encore sur la banquette arrière. Il s´agissait bien d´une course contre la montre. Il se leva pour planter quelques flambeaux ? des imitations de flambeaux censés tenir les insectes à distance, qu´Édith avait trouvés chez Conran, tout en éclairant un peu ? autour de la table et il considéra la réunion qui se tenait dans son jardin. Il alluma les mèches l´une après l´autre, au moyen de longues allumettes qu´on lui avait conseillé d´acheter avec. Il ne voulait pas les décevoir. Aussi étrange que c´était. Ne pas décevoir Édith pour commencer. Et dans cette perspective, il se félicitait d´avoir pris le taureau par les cornes.
    Il était persuadé qu´il pouvait devenir un type bien. Si on l´aidait un peu, si on le soutenait durant l´épreuve. On ne devait pas oublier que ce qui lui arrivait pouvait arriver à n´importe qui. Chacun pouvait être frappé par cette malédiction, chacun pouvait se faire vampiriser par le sexe. Le sujet contenait plus de deux millions d´entrées sur le web.
    Édith n´imaginait même pas un dixième de la réalité. Ces derniers temps, il devait se payer les services de deux ou trois filles par semaine, sans compter les extras du genre de Martine et une ou deux branlettes quotidiennes. On pouvait dire que les choses avaient dégé

  • Philippe Djian poursuit son inénarrable "série" littéraire. Suspense et rebondissements s'enchaînent pour explorer une fois de plus les contradictions humaines et la complexité des sentiments.0300 Petit rappel... DansDoggy Bag 2,vous avez souffert avec David durant un laborieux marathon sous un déluge tropical dévastant la ville. Vous vous êtes révoltés avec Marc contre les administrateurs véreux de la ville. Vous vous êtes émus du coma prolongé de Joël, le petit ami de Sonia. Vous avez réprouvé les stratagèmes de Josianne pour forcer David à l´épouser. Vous vous êtes étonnés qu´elle le quitte finalement avec perte et fracas. Mais vous vous êtes réjouis de leur réconciliation sur l´oreiller et de leur somptueux mariage. Quand, à la fin de la saison 2, Irène, la mère des frères Sollens, se fait enlever par un menuisier psychopathe avec lequel elle vient de s´ébattre sauvagement à l´arrière d´une camionnette, le suspense est à son comble...
    Et la saison 3 arrive à point. Victor, le vieil époux éconduit, parviendra-t-il à retrouver Irène en vie grâce à ses relations haut placées ? Qu´adviendra-t-il du mariage de Josianne et de David lorsque ce dernier apprendra que sa femme n´est pas enceinte ? Joël retrouvera-t-il toutes ses facultés durant sa convalescence ? Sonia décidera-t-elle de se sacrifier pour lui ? Quant à Édith, pourra-t-elle enfin choisir entre les deux frères Sollens ? Évidemment, ce n´est pas nous qui vous le dirons...http://philippedjian.free.fr0400 Dieu merci, il ne lui avait pas arraché la croix qu´elle portait au cou.
    Elle se renfonça dans la sciure et les copeaux, dans le fond de la camionnette.
    Roger se tenait dans l´encadrement. Le soufflement de la portière s´ouvrant, coulissant sur son rail, semblait encore suspendu dans l´air. Derrière lui, le jour se couchait sur les bois, quelques nuages obscurcissaient le ciel. Un fort parfum de terre et de feuillure frappa le visage d´Irène qui sentit sur ses joues le fil glacé des larmes qu´elle avait versées sur son sort.
    Sa gorge était paralysée, si bien qu´elle était incapable de dire quoi que ce soit, incapable de hurler. Seul un misérable petit couinement de souris lui échappa des lèvres.
    Il se pencha et lui saisit une cheville. Il la tira comme un énorme gigot. Avec horreur, elle s´aperçut que c´était sa culotte qui dépassait de la poche de Roger, de sa chemisette ouverte sur son poitrail. Sa culotte qu´elle avait cherchée partout. Puis il l´empoigna ? il empoigna Irène ? et la jeta au bas de la camionnette, sur un sol pierreux.
    Atterrissage brutal. La forêt tourna dans les airs, autour d´elle. Le choc lui en avait coupé le souffle. Il la traîna. Elle avait à peine le temps de voir ce qui se passait, il la trimbalait au travers d´une herbe coupante, touffue, comme un vulgaire sac de linge sale qui bondissait au gré des bosses. Des brindilles craquaient à leur passage. Des oiseaux s´envolaient, traversaient le ciel qui avait pris des reflets presque verdâtres.
    Le journée avait pourtant été magnifique, une journée comme les mères les aimaient, mariant un fils le matin et s´envoyant en l´air en fin d´après-midi. Avec cet homme. Avec cet homme qui à présent lui avait cassé le nez et la traînait au milieu d´une clairière sans doute inaccessible, située à des kilomètres du moindre voisinage, au fin fond d´une forêt que d´improbables chasseurs fréquentaient au mieux une fois par an et qui ne figurait même pas sur les cartes de la police. Sa tête valdinguait de droite à gauche. Pourquoi faisait-il ça ? Qu´est-ce qu´elle lui avait fait ? Qu´est-ce qu´elle lui avait dit ? Qu´avait-elle dit ou fait pour que cet homme se transforme en bête sauvage ?
    Il s´agissait d´une carrière abandonnée. Quelques bâtiments bas, de béton armé, étaient encore debout derrière des sureaux, mais ne possédaient plus ni portes, ni volets, ni fenêtres. Elle ne criait toujours pas. Elle-même s´en étonnait. Ces bâtiments étaient particulièrement bas de plafond, particulièrement déprimants d´apparence, mais elle tenait sa panique à distance, elle s´efforçait de garder un esprit réceptif.
    De so

  • Il y a cette idée de devoir quelque chose. D'être redevable. D'avoir une ardoise quelque part. Et un jour, il faut régler ses comptes.
    Ma dette, envers certains écrivains, ne sera jamais réglée. Je ne m'en acquitte que d'une faible part, aujourd'hui. D'un coeur joyeux.
    Philippe Djian

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Francis est un écrivain à succès, meurtri par l'existence. Sa femme et l'une de ses deux filles sont mortes tragiquement devant ses yeux. À soixante ans, il est maintenant installé au Pays basque où il a mis de côté ses derniers remords en se remariant. Mais voilà que sa fille Alice, qu'il chérit plus que tout, disparaît brutalement et brise ce fragile équilibre. De la forteresse mentale qu'il se construit pour ne pas s'effondrer, il va découvrir un monde sans pardon possible. Jean-François Stévenin incarne avec un naturel stupéfiant le personnage du narrateur, tourmenté et blasé, tendre et brutal, paternel et solitaire... À la fois sombre et solaire, Stévenin restitue parfaitement la complexité du personnage et du récit.

  • Double nelson Nouv.

    Un « double Nelson », c'est une prise de soumission qui consiste, dans un match de catch, à faire abandonner l'adversaire. Mais on peut aussi s'en servir dans une relation amoureuse. Tout commence par une séparation. Luc et Edith ont vécu quelques mois d'un amour intense, jusqu'à ce que le métier de cette dernière - elle fait partie des forces spéciales d'intervention de l'armée - envahisse leur quotidien au point de le défaire. Sauf que quand, réchappée d'une mission qui a mal tourné, Edith le prie de la cacher chez lui le temps de tromper l'ennemi à ses trousses, c'est la vie de Luc qui bascule et son roman en cours d'écriture qui en prend un coup. Ces deux-là qui peinaient à vivre ensemble vont devoir réapprendre à s'apprivoiser, alors qu'autour d'eux la menace d'une riposte de mercenaires se fait de plus en plus pesante. Il faudra bien que certains se soumettent...

  • 50 contre 1

    Philippe Djian

    Onze histoires. Onze tranches de vie où le quotidien, le tristement banal, la bureaucratie, la médiocrité, le bête et méchant, les petits boulots mal payés sont disséqués par le regard incisif d'un héros sur lequel la société ne mise pas même à cinquante

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