Espace Nord

  • Parmi les canaux blêmes de l'ancien port figé dans des eaux sépulcrales, le roman se joue entre des reflets : celui d'une femme que Hugues Viane a passionnément aimée, celui d'une morte dont il croit retrouver l'image chez une vivante. Récit fétichiste, où toute la sémiologie de la ville participe aux cérémonies du deuil. Livre-culte pour les spleens d'aujourd'hui.

  • Dans la salle d'un vieux château, un vieillard aveugle, entouré de sa famille, devine à des signes imperceptibles l'approche de la mort qui va frapper sa fille. Isolé par sa cécité, l'aïeul a gardé intacte son intuition. Il est le seul à pouvoir interpréter le bruissement des arbres, le silence des oiseaux et des cygnes, l'entrée du froid dans la salle. Plongé dans les ténèbres, il communique avec l'inconnu. L'Intruse, drame en un acte publié en 1890, forme, avec Les Aveugles et Les Sept Princesses (1891), la première partie de ce que Maeterlinck appelait sa « petite trilogie de la mort ». On trouvera ici la première édition critique de cet ensemble qui fit date dans l'histoire théâtrale.

  • Un vieillard et un étranger observent à distance le bonheur d'une famille et tardent à leur annoncer la mauvaise nouvelle dont ils sont porteurs. Alladine et Palomides tombent amoureux, enfermés dans les souterrains d'un château. Ygraine se révolte et tente de soustraire le petit Tintagiles à l'emprise d'une reine invisible. Maeterlinck publie en 1894 ces Trois petits drames pour marionnettes, triptyque qui remet génialement en cause les conventions dramatiques de son temps. Sa dramaturgie fait le lien entre l'imagination du spectateur et les zones énigmatiques que suggère le texte. Car seul ce non­dit, le «drame de l'existence elle­même », importe à Maeterlinck.

  • La guerre sépare la princesse Maleine du prince Hjalmar le jour de leurs fiançailles. Enfermée dans une tour, la princesse s'échappe et rejoint le prince, au grand dam de la reine Anne. Les mauvais présages s'accumulent dans une Hollande imaginaire. Première pièce publiée de Maeterlinck, La Princesse de Maleine est une féerie noire. Elle a ouvert le renouveau dramatique de la fin du XIXe siècle.

  • Keetje

    Neel Doff

    Keetje a douze ans. Dans les rues d'Amsterdam, elle erre entre le boucher, la cuisinière, la blanchisseuse et le modiste qui l'emploie. Le salaire de Keetje devenue trottin paie le loyer de la maison familiale et ses pourboires nourrissent toute la famille.

  • L'oiseau bleu

    Maurice Maeterlinck

    Tyltyl et Mytyl s'éveillent au seuil d'un grand voyage... Bérylune, petite fée bossue, les envoie quérir l'Oiseau bleu, le seul être capable d'enrayer le mal qui ronge sa fille. Ils s'en vont arpenter d'autres mondes, apparemment magiques, qui s'avéreront étrangement familiers. Les choses et les pensées que l'on côtoie chaque jour s'animent, prennent corps et se révèlent à qui veut les entendre, personnages ou lecteurs.Ce conte féérique et philosophique est l'un des chefs d'oeuvre de Maurice Materlinck.

  • « Une variation supérieure sur l'admirable vieux mélodrame », notait Mallarmé à propos de Pelléas, dont l'intrigue, effectivement, peut sembler bien conventionnelle : le Prince Golaud recueille à l'orée d'un bois une jeune fille dont il va faire son épouse. Mais c'est du frère de Golaud, Pelléas, que Mélisande tombe amoureuse, et le destin fatal qui pèse sur les personnages de cette pièce de théâtre les mènera inévitablement à la désolation. La fable cependant n'est ici que prétexte à dérober au silence ses secrets. Universellement célèbres au début de ce siècle, grâce notamment à l'opéra de Debussy, les ombres de Pelléas et Mélisande nous reviennent dans leur innocence inquiète.

  • Rodéo

    Aïko Solovkine

    Interview de l'autrice :https://www.youtube.com/watch?v=W49pm1EI-2Q

    Aïko Solovkine a surgi dans le paysage comme un geyser. Personne n'attendait cet auteur-là, cette prose sèche, ces émotions tenues à distance sous une croûte à ne pas gratter. On la lit et, admettant que la langue française ne pourrait pas être traduite avec cette justesse de rythme, on la verrait est-allemande, africaine du sud, américaine dans un département des lettres où sous couvert de conversations policées couve un immense intérêt pour les fêlures des hommes et les postures des femmes.

  • Cela pourrait ressembler à une question de Trivial Pursuit ou d'un quizz à la télé : "Poète du XXe siècle qui a inspiré les plus grands musiciens de son temps, tels Darius Milhaud ou Francis Poulenc ?" Ou bien : "Poète wallon qui a donné son nom à un boulevard bruxellois et à une promenade parisienne sur l'île de la Cité ?". Ou encore : "Traduite en quarante-quatre langues, dont l'arménien et le vietnamien, l'oeuvre de ce poète francophone a rencontré cent fois plus de lecteurs dans le monde que dans sa Belgique natale..." La bonne réponse : Maurice Carême, bien sûr ! Alors, enfantin, Carême ? N'aurait-on pas trop vite confondu, à son propos, simplicité et simplisme ? Car cette clarté du poème, cette transparence du vers n'enlève rien à sa densité, bien au contraire.

    Maurice Carême est né le 12 mai 1899 à Wavre où il passe son enfance. À 19 ans, il écrit ses premiers vers. Il devient instituteur de métier en 1918, tout en continuant à écrire comptines et poésies. Après une période de futurisme (1928-1932), il revient à une poésie simple à destination de la jeunesse. En 1937, le poète s'installe à Anderlecht où il passera le reste de sa vie (dans "La Maison blanche" aujourd'hu Musée Maurice Carême). Il meurt le 13 janvier 1978.

  • L'imagination fantastique de Félicien Rops l'amène parfois jusqu'au morbide. Si l'artiste fut maudit - ses audaces firent scandale à l'époque -, c'est pour avoir traité avec raffinement des thèmes réputés vulgaires, et mené ainsi une analyse impitoyable et parfois amère des faux-semblants et des conventions sociales. Férocité de fond et de forme que l'on retrouve dans ses écrits, qui jouent sur un très large clavier.

    Graveur, Félicien Rops (Namur 1833 - Corbeil-Essonnes 1898) fut aussi dessinateur et peintre. Il illustra les oeuvres de maints écrivains de la fin du XIXe siècle : Barbey d'Aurevilly, Baudelaire, De Coster, Mallarmé, Péladan, Verlaine... Fondateur du périodique Uylenspiegel en 1856, il y publia ses premières lithographies. Paysagiste paisible et délicat, graveur satirique puis licencieux, il ouvrit la voie à Ensor par certaines mascarades et un certain vocabulaire de dérision.

  • La grande nuit

    André-Marcel Adamek

    Le Château rouge est une grotte souterraine qui vient d'être ouverte au public. Lors d'une visite, un séisme violent emporte les passerelles et les galeries s'effondrent. Seules deux personnes survivent à la catastrophe: Anton Malek, un spécialiste du comportement animalier, et Marie, une vieille dame venue de Bruges. Les rescapés attendent du secours mais aucun signe de vie ne provient de la surface.

  • Une lettre lue sans arrière-pensée peut changer le cours d'une vie. C'est du moins ce que doit penser Noël, l'époux de Belle. Fou de jalousie, il vient à mettre en doute la fidélité de sa propre femme : serait-elle la maîtresse de W. ? Pour en avoir le coeur net, il n'a d'autre solution que de se rendre chez l'amant présumé. Et le meurtre a lieu. Au fil du temps, les rapports du couple se dégradent et une seule question continue à hanter le suspect : Weyl était-il vraiment l'amant de sa femme ?

    Stanislas-André Steeman (1908-1970) est considéré, avec Agatha Christie, comme un des meilleurs spécialistes du roman policier. Il s'efforce de créer un ton particulier, fait d'humour et de précision, et qui détermine un climat propre à chaque situation. Plusieurs de ses romans sont devenus des classiques, ont été traduits dans de nombreuses langues et adaptés au cinéma : L'assassin habite au 21, Le dernier des six (Six hommes morts), Légitime défense (Quai des Orfèvres)...

  • Un mâle

    Camille Lemonnier

    Cachaprès, le braconnier, court tel une bête sauvage à travers les bois depuis l'enfance jusqu'au jour où il aperçoit Germaine, la belle fermière. Pour la première fois, Cachaprès éprouve de l'amour, un amour fruste, sauvage mais sincère et Germaine se laisse toucher par l'emportement passionné de ce mâle terrible. Elle cède. Puis la lassitude arrive ; elle cherche à rompre ; mais le braconnier veille sur son amour avec une fureur jalouse, jusqu'à mourir. C'est l'éternelle histoire, l'éternel drame de l'amour.

  • Jean est Rwandais et vit depuis de nombreuses années en Belgique, où il suit un chemin sinueux d'étudiant-travailleur étranger. Il s'y est marié et est devenu père de deux enfants. Il a toujours rêvé de rentrer un jour au pays et d'être accueilli en enfant prodigue par toute sa famille.

    Il ne réalisera pas son rêve, hélas, d'abord faute d'argent, puis à cause du génocide qui s'est déroulé sous les yeux du monde entier et dans l'indifférence. Des centaines de milliers de ses compatriotes sont assassinés. Pourquoi sa soeur Antoinette fait-elle partie des victimes ? Où se trouve son frère jumeau porté disparu ?

    Il décide enfin d'aller sur place éclairer ses doutes auprès de sa vieille mère, la seule rescapée de la famille. Au Rwanda, plus rien n'est comme avant, et le retour au pays sera aussi l'arrivée dans un univers devenu étranger. Jean ne reviendra pas indemne de ce voyage à rebondissements où tout, partout, rappelle les atrocités qui ont été commises.
    Joseph Ndwaniye est né au Rwanda en 1962. Il a travaillé dans différents hôpitaux de son pays. Il vit en Belgique depuis une vingtaine d'années et travaille désormais au sein des Cliniques universitaires Saint-Luc de Bruxelles, dans un service pour patients traités par la greffe de moelle osseuse. Après La Promesse faite à ma soeur (Les Impressions Nouvelles, 2007), il a publié Le Muzungu mangeur d'hommes (Aden, 2012) et Plus fort que la hyène (La Cheminante, 2018).

    Joseph Ndwaniye est né au Rwanda en 1962. Diplômé de l'École d'assistants médicaux de Kigali, il a travaillé dans différents hôpitaux de son pays. Il vit en Belgique depuis une vingtaine d'années et travaille désormais au sein des Cliniques universitaires Saint-Luc de Bruxelles. La promesse faite à ma soeur est son premier roman. Il a ensuite publié Le Muzungu mangeur d'hommes (éd. Aden, 2012).

  • Bruxelles est une ville en plastique, comme le reste de la planète : on y voit courir des petits bonshommes dérisoires, emportés dans le courant de leur vie comme des bouteilles vides à la surface du canal. On rit, on se bat, on se débat, puis on se laisse aller et on se retrouve noyé dans la vase, sans avoir rien remarqué. à moins qu'un soubresaut ne change le cours des choses. Il suffit de presque rien : une tache de sauce, un appareil photo, une agrafeuse, un abri de jardin ou un paquet de cigarettes pour qu'une vie banale bascule dans la grande aventure, pour que l'absurde redonne des couleurs à une existence terne.

    D'origine liégeoise, Nicolas Ancion est auteur de romans pour adultes et pour la jeunesse, de nouvelles, de pièces de théâtre, de feuilletons pour la radio et de séries pour la télé. En 1995, il publie son premier roman, Ciel bleu trop bleu. écrivain prolifique, il se construit rapidement une oeuvre importante. Ainsi, il est déjà l'auteur d'une trentaine de textes dont Quatrième étage (2000, Prix des Lycéens), Nous sommes tous des playmobiles (2007, Prix Franz de Wever de l'Académie) ou encore L'homme qui valait 35 milliards (2009, Prix Rossel des Jeunes).

  • Nous deux : «  Un jour, j'ai écrit l'histoire de ma mère. Je l'ai écrite après sa mort car, de son vivant nous n'avions pu, elle et moi, nous parler de l'amour et de la haine qui nous unissaient, qui faisaient de nous deux quelque chose de confondu. »
    Da solo : « Un vieil homme, arrivé très loin dans l'âge, est seul, sans sa femme Lyse qui est partie la première, et sans sa fille Lisa qui parfois vient le voir. Il y a de nombreuses années, il avait quitté son village d'Italie parce que depuis l'enfance, il était pris par le désir d'aller voir derrière les collines et plus loin encore. Il se parle à lui-même pour se remémorer sa vie. Car même sans la force d'encore faire grand-chose, le vieil homme a gardé la force de la pensée. »

  • Un hold-up entre les fêtes tourne mal. Un vieux monsieur abandonne sa boîte à tartines. Le prisonnier le plus célèbre du royaume s'évade. Un chien en peluche part à la recherche de sa mère inconnue. Un gardien de but est mis hors d'état avant le match de foot. Un téléphone se fait écraser en pleine nuit sans témoin. Le Père Noël a des états d'âme. Un chat sans moustaches erre dans la cuisine. Après avoir lu des histoires pareilles, qui prétendra encore que les ours n'ont pas de problème de parking ?Les ours n'ont pas de problème de parking est ici suivi du Dortoir, fragments qui sont autant de descriptions de chambres et de leurs occupants.

  • Dans les bas quartiers de Bruxelles où le sommeil se marchande, il y a ce vieil immeuble. Les deux derniers niveaux, insalubres, ont été condamnés. Ce qui fait du quatrième étage (sans ascenseur), le véritable sommet de ce taudis. Marie, malade, est alitée. Thomas, son mari, tâche de lui cacher les alentours, l'enfer urbain où la vie se troque. Ils ne sont plus du tout jeunes. Ils sont amoureux. Dans les bas quartiers de Bruxelles où le sommeil se marchande, il y a Serge. Qui, un jour de chance, a pris le vieil escalier. Et qui, au quatrième étage, s'est arrêté.

    Né en 1971 à Liège, Nicolas Ancion est un écrivain prolifique. Suite à des études de philologie romane, il se dédie à sa passion, l'écriture, tout en conservant une activité professionnelle en parallèle. Il est l'auteur d'une oeuvre diversifiée touchant à différents domaines ; théâtre, nouvelles, poésies, romans, critiques. Il est également critique de bandes dessinées et auteur de littérature jeunesse. Sa pièce Blockbuster cartonne actuellement au théâtre (plus de 200 représentations prévues)

  • Quoi de commun entre le club de football d'Anderlecht et la semaine du bon langage ? Entre Quick et Flupke et le chocolat Côte d'Or ? Entre les « navetteurs » et la monarchie ? Une même question : y a-t-il une culture propre à la Belgique ? On en débat depuis près de deux siècles, et, sur ce thème, croyants et iconoclastes se déchirent. Mais si la controverse paraît inépuisable, c'est que la culture est pensée trop souvent comme une essence. Le présent essai entend plutôt l'aborder comme un effet de discours : comment le propos sur la « culture belge » est-il construit ? À quelles réalités vient-il donner sens ? À quelles autres vient-il, aussi bien, faire écran ? Dans sa quête, l'auteur se donne les armes de l'anthropologie et de la sémiotique, mais aussi et surtout celles d'une ironie à la fois implacable et complice. Le ton de ce petit livre évoque irrésistiblement celui des Mythologies de Roland Barthes. Professeur émérite de l'Université de Liège, Jean-Marie Klinkenberg y a enseigné les sciences du langage. Ses livres ont été traduits dans une quinzaine de langues. Il est notamment l'auteur de Rhétorique générale, un classique des sciences humaines (éd. du Seuil, 1992), Précis de sémiotique générale (éd. du Seuil, 2000), et de La Langue dans la Cité (Les Impressions Nouvelles, 2015).

    Membre du « Groupe MU » (Rhétorique générale, éd. Larousse, 1970 ; Traité du signe visuel, éd. du Seuil, 1993) et président de l'Association internationale de sémiotique, Jean-Marie Klinkenberg a enseigné les sciences du langage à l'Université de Liège. Ses livres ont été traduits dans une quinzaine de langues. Il est notamment l'auteur de Précis de sémiotique générale (éd. du Seuil, 2000) et de La langue et le citoyen. Pour une autre politique de la langue française (PUF, 2001).

  • « J'ai tué un homme qui ne m'avait rien fait. Moi ! Moi, Abram Potz, de mes mains crevardes et frigides, sans mobile appa- rent, j'ai jeté un homme à la mort. J'ai aboli une âme. Et voici que ce premier crime m'apporte, je ne dirai pas la joie de vivre - je n'en demande pas tant -, mais une raison de différer mon trépas. Je suis moins pressé de mourir, je sens en moi une alacrité nouvelle... ». Abram Potz, psychanalyste juif ashkénaze au rancart, vieillard disloqué, à la mémoire vacillante mais perverse, au sexe grabataire mais têtu, promène sa décrépitude dans les rues de Paris. Il observe avec une délectation amère la répulsion et l'effroi que, partout, son apparition suscite. Et il ricane : Ô jeunesse ennemie ! Pour se venger de sa déréliction et conjurer le désespoir, il se lance en claudiquant dans une carrière d'assassin. Il rêve d'un procès d'assises en guise de cérémonie des adieux, où, face à une société ingrate, il proclamerait les droits de l'homme vieux. Ses confessions nous plongent, avec un cynisme attendrissant et un humour implacable, dans les affres de la vieillesse.

  • Le froid tombe très tôt en cet automne 1941. Dans la grande maison de Norhogne réquisitionnée par les Allemands, Jeanne est peu à peu gagnée par un sentiment troublant. La résurgence de souvenirs enfouis, la rencontre avec l'officier qui commande la compagnie, vont la précipiter, comme malgré elle, dans une passion étrange qui se doublera du désir d'éprouver jusqu'au bout ce que fut le secret amour de sa mère. De cette liaison interdite, François Emmanuel établit la chronologie fascinée, au long des cinq mois de l'hiver 41-42. Récit hanté de mémoire, le texte saisit les trois destins de la lignée des Savinsen jusqu'au lieu de leur embrasement.

  • « Il y a en moi, depuis longtemps déjà, un personnage sceptique et désabusé, un personnage que j'ai maintes fois pendu aux réverbères multicolores que mon lyrisme allume la nuit, mais chaque fois le bougre parvient à se dépendre et se remet à marcher sur mes traces à la manière d'un philosophe ou d'un assassin.» Achille Chavée, 1948

    Impossible de brosser une histoire du surréalisme sans évoquer celle de La Louvière et de son légendaire poète Achille Chavée (1906-1969). Homme de convictions, inoubliable pour ceux qui l'ont côtoyé, il resta fidèle à la technique de l'automatisme qu'il s'appropria cependant de manière tout à fait personnelle. C'est probablement ce qui motive l'intérêt que portent aujourd'hui les jeunes générations à l'homme au béret, au «vieux peau-rouge», écrivant sur des cartons de bocks dans les bistrots nocturnes. Il n'est pourtant pas toujours aisé d'accéder à ses textes, disséminés de 1935 à sa mort dans une vingtaine de recueils publiés à faible tirage et pratiquement introuvables pour la plupart d'entre eux. La présente anthologie du poète, conçue et commentée par Gwendoline Morán Debraine, renoue avec celui qui, selon son voeu, jamais n'entrera à l'Académie. En séparant les poèmes des aphorismes, elle propose un parcours chronologique inédit au sein de l'oeuvre de Chavée parsemée d'humour.

    Achille Chavée, né en 1906 à Charleroi et décédé en 1969 à La Louvière, est un artiste surréaliste belge. Très engagé dans les milieux politiques de gauche, il aimait à s'appeler le "vieux peau-rouge qui ne marchera jamais dans une file indienne" (Décoctions, 1964-1974). C'est dans la poésie que sa plume s'exerce le plus, avec une oeuvre commencée en 1935 avec son premier recueil Pour cause déterminée, et se terminant sur un dernier recueil publié de son vivant en 1969, Au demeurant.

  • L'Enragé

    Dominique Rolin

    Cloué sur son lit de mort par un rhumatisme articulaire qui l'empêchera à jamais de peindre, Brueghel se rappelle sa vie. Première enfance paysanne, atelier d'un maître célèbre, paysages et peintures des Flandres puis d'Italie, villes déchirées par la répression espagnole, humanité grouillante, femmes qu'il a aimées... vie transformée en oeuvre.Née à Bruxelles, Dominique Rolin (1913-2012) s'établit à Paris dès 1946. Au long de ses romans, elle traite de diverses manières le thème de la naissance et celui du drame familial. à partir des années 1960, se fait jour une nouvelle écriture romanesque, dans des textes où l'auteur remonte jusqu'avant sa naissance (L'Infini chez soi), ou met en scène sa future agonie (Le Gâteau des morts).

  • Le jeune parisien Albert Delpierre aime Suzanne, la fille d'un brasseur bruxellois. Mais les obstacles se multiplient: Suzanne est déjà fiancée à Séraphin Meulemeester ; Beulemans, exaspéré par les manières délicates et le « beau » français du nouveau prétendant, proclame qu'il « n'aime pas ce garçon » et voit grandir sa mauvaise humeur en apprenant qu'il est évincé de la présidence d'une importante société de Bruxelles.

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