Parascolaire

  • Le Traité théologico-politique (Tractatus theologicopoliticus) ou Traité des autorités théologique et politique est l'un des deux seuls ouvrages que Spinoza publia de son vivant (1670), le second étant Principes de la philosophie de Descartes en 1663. Contrairement à ce dernier, il le publia sans nom d'auteur et avec une fausse adresse d'éditeur, par crainte de poursuites politiques et religieuses, même si le livre lui fut vite attribué. L'ouvrage fut interdit aux Provinces-Unies en 1674.Dans ce texte, théologie et politique entretiennent un rapport particulier à la raison : c'est à partir d'elle et pour elle que sa pose la question des limites de pouvoir des théologiens et de l'État. Pour Spinoza, la raison se doit d'être indépendante de toute loi. Car le Néerlandais entend ici démontrer que la liberté de philosopher pour tout un chacun est utile mais avant tout nécessaire tant à la piété qu'à la sécurité de l'État.

  • Quelle fut, au début du siècle, l'expérience commune de la grande ville en Europe ? Qu'éprouva-t-on, à Berlin, Paris ou Londres, face à l'accumulation des personnes, à la mobilité de masse, à l'accélération et l'intensification des circulations, à l'emprise toujours croissante des nouvelles textures du fer, du verre et du bitume, à la mécanisation et à l'électrification des réseaux techniques ? Et comment, à travers le filtre de ces expériences nouvelles, la modernisation tout entière fut-elle ressentie ? Trois oeuvres sont convoquées ici pour analyser ce qu'a pu constituer le choc des métropoles au début du XXe siècle: Georg Simmel, Siegfried Kracauer, Walter Benjamin.

  • Terminés les cours magistraux où le professeur est assis à son bureau face aux élèves !
    Pour Marie-Hélène Fasquel, seule Française sélectionnée pour le Global Teacher Prize en 2017, enseignement rime avec interactivité, innovation et passion.
    Grâce à une pédagogie novatrice et originale, cette professeure dépoussière véritablement lenseignement ! Ses outils : la classe inversée, les interviews sur Skype entre les élèves et des écrivains anglo-saxons, la rédaction de magazines en ligne, des partenariats entre universitaires, auteurs et élèves !
    Avec cette méthode, qui fait appel aux dernières innovations technologiques, lélève retrouve le goût du travail et devient lacteur de sa propre réussite.
    Dans cet ouvrage, Marie-Hélène Fasquel nous détaille aussi son parcours de professeure et nous dévoile son approche personnelle de lenseignement dont le but est avant tout de développer la confiance de ses élèves.
    Un livre positif à mettre entre les mains de tous les professeurs et de tous les parents désireux de découvrir une nouvelle façon denseigner !

  • L'école souffre des mêmes maux que notre société : le délitement des libertés individuelles et collectives, l'abandon des valeurs humanistes, l'inégalité des chances. J'ai le sentiment désagréable que, dorénavant, sa mission se réduit à préparer un individu sélectionné, formaté, fiché dès sa plus tendre enfance. Seul un nouveau projet de société généreux et ambitieux - depuis la crise financière, nous savons tous qu'il est possible de trouver beaucoup d'argent lorsque c'est jugé nécessaire - permettra à l'école publique de renouer avec sa vocation républicaine : offrir à tous les enfants, sur tout le territoire, le même enseignement élémentaire et fondamental, pour permettre une véritable émancipation sociale.

  • En écrivant La nuit et le moment, Crébillon Fils, le peintre achevé de la rouerie masculine, a signé son chef-d'oeuvre.Un libertin y guette sa proie. Nous sommes séduits par l'habileté diabolique de sa stratégie amoureuse. Sa fureur de conquête viendra-t-elle à bout de toutes les ruses dont une femme du XVIIIe siècle dispose avant que de se rendre ?Dans le second conte Le hasard du coin du feu, Crébillon Fils nous fait spectateur du très joli badinage d'une coquette et d'un roué. Ce tableau, par petites touches impertinentes et spirituelles, porte sur un sujet très sérieux : il s'agit pour Célie de détourner à son profit l'amour que le Duc porte à sa meilleure amie... !Crébillon Fils a tracé avec infiniment d'esprit et de délicatesse les raffinements, les nuances et jusqu'aux grâces de nos vices : « Un autre talent que j'ai est d'ouvrir une porte plus doucement que personne et de marcher avec une légèreté incompréhensible... » fait-il dire au jeune libertin.Ce clair regard de conteur, cette légèreté séduisante, c'est le rire de l'esprit.

  • L'homme Luther, ses inquiétudes et son désir de refondation avaient fait l'objet, de la part de Lucien Febvre, d'une étude de référence, suivie d'autres analyses du temps long des Réformes.Il manquait encore en français un ouvrage envisageant la formation de la nouvelle doctrine dans ses dimensions simultanément religieuses et institutionnelles, sociales et culturelles. à cette fin, des spécialistes de la recherche historique et théologique, de l'humanisme, du livre et de la médiatisation, de l'iconographie, des lettres et des arts se sont attachés, sur une durée courte (1516-1526), à réinsérer Luther dans le Saint Empire de l'époque, à le réinscrire dans le monde universitaire, à le confronter, à des degrés divers, à d'autres acteurs majeurs des grands bouleversements - Charles Quint et Léon X, érasme et Eck, Hutten et Müntzer, Mélanchthon et Latomus. Cet effort fait aussi apparaître en pleine lumière des textes du Réformateur (le traité Sur les bonnes oeuvres , le corpus des lettres, les « sermons »), trop longtemps négligés.Jean-Marie Valentin, Professeur à la Sorbonne et à l'Institut Universitaire de France, membre de la Deutsche Akademie für Sprache und Dichtung, est spécialiste de l'Histoire culturelle du monde germanique, en particulier des rapports entre religion, politique et productions esthétiques en contextes confessionnels. Du même auteur, nous avons publié l'étude sur Les jésuites et le théâtre (2001), consacrée à l'espace catholique du Saint Empire aux XVIe et XVIIe siècles.

  • Chassée de son pays, la Pologne, l'héroïne traverse une Europe à feu et à sang et frôle les pires violences. Livrée aux hasards de l'errance, condition de vie des émigrés, ses aventures révèlent le cheminement souterrain de la perversité qui donne son titre au livre : souffrances, persécutions, arrestations, évasions, traitements odieux. Puis l'auteur opère une mutation du roman noir proprement dit à la science-fiction. La littérature de la fin du XVIIIe siècle s'interroge avec passion et angoisse sur les possibilités et les limites de la science. Révéroni nous convie à un défilé de fantasmes côtoyant sans cesse les gouffres noirs où Sade entraîne ses lecteurs.

  • Mercure descend des cieux à Athènes faire relier le livre des destinées en mauvais état ; deux canailles s'emparent du livre et l'échangent contre un autre. Des philosophes, toujours à Athènes, cherchent dans la poussière du théâtre les fragments de la pierre philosophale que Mercure, par jeu, à réduite en poudre. Cupidon, de sa flèche, lance une femme hésitante dans les bras de son amant ; un cheval réclame au palefrenier le droit à la saillie à la saison des amours. Deux chiens doués de parole dissertent sur l'utilité d'un tel don.


    On n'a pas fini de gloser sur le méschant petit livre de Bonaventure des Périers mis au feu dès sa parution en 1537. Son auteur, amant de Marguerite de Navarre, disparut presque aussitôt dans des circonstances que l'on a jamais pu élucider, il fallut attendre près de trois cents ans après sa publication pour que l'on commence à en pressentir l'importance. Car ces quatre dialogues facétieux, composés dans l'anonymat à Lyon, jouant sur l'allégorie et anagramme dans un langage savoureux, professent un authentique athéisme, qui dérouta Lucien Febvre lui-même dans ses études sur l'incroyance au XVIe siècle. C'est que reconnaître sous la masque de Mercure, dieu des voleurs et de la parole torve, le Christ en personne, la Bible sous le livre des destinées, et concevoir que la Loi divine peut bien valoir celle des hommes et que toutes deux s'équivalent dans l'art de la tromperie, risquent en effet de mettre à mal bon nombre de convenances encore vivaces de nos jours.

    Et le Cymbalum va encore au-delà. À travers la manipulation du subterfuge langagier, la dissimulation et l'ironie, Bonaventure des Périers, inspiré par toutes les traditions sceptiques depuis l'Antiquité, élabore avec finesse une apologie du silence, seul argument, narquois sans doute, à opposer à tous les diseurs de vérité qui emplissent le monde de leur tintamarre, comme celui d'une vulgaire cymbale.
    La vertigineuse richesse du Cymbalum mundi, qui n'a pas encore livré tous ses secrets, a déclenché depuis le XVIe siècle une immense littérature érudite, parfois myope devant le sens caché du livre, comme il arriva à Voltaire, et, jusqu'à présent, il n'existait pas d'édition courante du texte, ici adapté en français moderne.

    Charles Nodier fut sans doute celui qui, avec son Bonaventure des Périers de 1841, permit au Cymbalum d'élargir un peu son audience, tout en donnant quelques clés nouvelles pour son interprétation et rappela que la lecture du méschant petit livre est aussi un jeu que son auteur proposa au lecteur voici quatre cents ans, jeu qui dure encore.

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