Robert Laffont

  • Alexandre et Sonia Poussin ont entrepris de remonter d´une seule foulée le continent africain en refaisant le voyage du premier homme, de l´australopithèque à l´homme moderne, le long de la vallée du Rift en Afrique de l´Est. Le premier tome d´«Africa Trek» relatait leur périple du cap de Bonne-Espérance au Kilimandjaro, le second les suit du Kilimandjaro au lac de Tibériade.À pieds, seuls, sans sponsor ni assistance technique, ils ont pris le temps de vivre avec les masaïs, de suivre une méharée, de gravir les pyramides. Durant cette seconde partie du voyage, nos deux marcheurs ont connu des moments fort difficiles ? découragement, hostilité de certaines populations ? et d´autres instants magiques ? rencontres inoubliables et découvertes de lieux hors du temps. Sincères et enthousiastes, les Poussin nous offrent plus qu´un récit de voyage, le portrait d´un continent.

  • Le 8 décembre 1995, brutalement, un accident vasculaire a plongé Jean-Dominique Bauby dans un coma profond. Quand il en est sorti, toutes ses fonctions motrices étaient détériorées. Atteint de ce qu´on appelle le « locked-in syndrom » - littéralement : enfermé à l´intérieur de lui-même-, il ne pouvait plus bouger, manger, parler ou même respirer sans assistance. Dans ce corps inerte, seul un oeil bouge. Cet oeil - le gauche-, c´est son lien avec le monde, les autres, avec la vie. Avec son oeil, il cligne une fois pour dire « oui », deux fois pour dire « non ». Avec son oeil, il arrête l´attention de son visiteur sur les lettres de l´alphabet qu´on lui dicte et forme des mots, des phrases, des pages entières... Avec son oeil, il a écrit ce livre : chaque matin pendant des semaines, il en a mémorisé les pages avant de les dicter, puis de les corriger.
    Sous la bulle de verre de son scaphandre où volent des papillons, Jean-Dominique Bauby nous envoie ces cartes postales d´un monde que nous ne pouvons qu´imaginer. Un monde où il ne reste rien qu´un esprit à l´oeuvre. Esprit sarcastique et désenchanté qui nous sert le coeur par son intensité.
    Un livre hors norme dont l´existence tient du miracle.

  • Ce livre apparaîtra aujourd'hui, pour les centaines de milliers de lecteurs des Grives aux loups et des Palombes ne passeront plus, comme le livre de l'amitié qui s'est tissée entre l'auteur et ses lecteurs. Claude Michelet y raconte son enfance, à Brive, dans une famille provinciale, bourgeoise et bien-pensante: rien de plus banal, avant 1940. Mais voici la défaite, le déferlement de l'exode et, pour Edmond Michelet, la Résistance, l'arrestation, la déportation, enfin la nomination comme ministre des Armées! Toute la famille quitte Brive et se retrouve à Paris dans d'immenses appartements qui donnent sur la place de la Concorde. Une nouvelle vie commence. Mais les écoles parisiennes ne lui font pas oublier les bois de la Corrèze; en vérité, il étouffe à Paris: à quatorze ans, il décide qu'il sera agriculteur. On connaît la suite - et comment le petit dernier de la famille est devenu écrivain et célèbre...

  • Août 1914. Louis Maufrais, étudiant en médecine, pense présenter l'internat quand la guerre éclate. Le jeune homme rejoint le front, découvre les tranchées. Il va y rester quatre ans. Quatre ans pendant lesquels il côtoie la mort les pieds dans la boue et les mains dans le sang, jour et nuit enterré au fond de postes de secours secoués par le souffle des obus. Quand il a un moment de repos, il prend des notes, photographie, pour raconter la souffrance, celle de ses camarades, la sienne, mais aussi l'amitié, le burlesque, l'absurde...
    "Voici un texte hallucinant. Oeuvre d'un médecin, qui a fait toute la Grande Guerre dans les tranchées, il est à ce jour inédit, publié pour la première fois en ce 90e anniversaire de l'Armistice.
    "Maufrais a été partout : d'abord en Argonne et en Champagne en 1915, à Verdun et sur la Somme en 1916, à nouveau à Verdun en 1917, enfin chirurgien dans une ambulance d'avril 1918 à janvier 1919. Non seulement il a été sur tous les fronts de la guerre, en France, mais au feu quatre années sur quatre. En cela, son témoignage est unique. Il l'est aussi en ce que son activité de médecin auxiliaire l'amenait à prendre des notes pour le suivi de ses blessés.
    "Ce sont ses carnets et ses photographies, sauvegardés, qui lui ont permis, soixante ans plus tard, de dicter des fragments d'une précision inégalée : des informations et souvenirs intacts, comme congelés." Marc Ferro De l'Argonne au Chemin des Dames en passant par Verdun et la Somme, la Grande Guerre racontée au jour le jour, illustrée - fait rarissime - de photos prises par l'auteur du texte.

  • « Elle a l'expression immobile des gens qui ont beaucoup voyagé, sans croire au changement, et beaucoup aimé, sans renoncer à leur solitude. Elle sourit au ralenti comme dans un rêve et ce sourire ajoute on ne sait quelle mélancolie à ce visage lointain, trop précis pour le brouillard, mais trop fragile pour le soleil », a écrit de Françoise Hardy, dès ses débuts, le grand poète surréaliste Georges Henein. Quarante-cinq ans de carrière rendent justice au don visionnaire du poète.Voix aérienne, silhouette élancée, d'une beauté entière, Françoise Hardy a marqué plusieurs générations, depuis son premier succès, à l'âge de dix-huit ans, pour « Tousles garçons et les filles », un disque sorti en 1962. Chanteurs, compositeurs, metteurs en scène, dessinateurs, couturiers, écrivains, tous ont été inspirés par sa présence singulière. Après son dernier disque,Parenthèses, Françoise Hardy a voulu mettre noir sur blanc le récit de sa vie, et exposer, pour la première fois, certaines histoires restées dans les marges de ses souvenirs... Enfant du baby-boom, grandi dans un milieu familial complexe, Françoise Hardy reste le symbole de l'accession à la liberté pour toute sa génération, en compagnie de Johnny Hallyday, Sylvie Vartan ou des Rolling Stones, dont elle parle, entre autres, avec un regard complice ? un regard sans complaisance. Rien n'est caché de ses amours avec Jean-Marie Périer, puis avec son mari, Jacques Dutronc. Au fil des pages, on croise ceux qui ont compté le plus à ses yeux : Serge Gainsbourg, Emmanuel Berl, Salvador Dalí, Michel Berger, Patrick Modiano, Étienne Daho, John Frankenheimer, France Gall, Benjamin Biolay, Hélène Grimaud ou Michel Houellebecq. Françoise Hardy revient aussi sur ses albums, ses chansons, ses collaborations avec Georges Brassens, Gabriel Yared, Alain Bashung, le groupe Blur, ou encore son fils, Thomas.Mieux qu'un récit de souvenirs, une traversée des apparences qui a le mérite de dire les choses au plus près des émotions ressenties, sans impudeur, pour mieux dégager, au travers de chaque expérience, ce qui a compté, ce qui mérite d'être ressaisi. Un livre qui est aussi une quête de perfection, avec une question : comment, à travers drames et bonheurs, faire de sa vie une oeuvre ?

  • L'agriculture, pour Claude Michelet, c'est un choix. Tout jeune, il s'est attaché à ce petit domaine proche de Brive, exploité par un domestique, où la famille passe les vacances : la terre de Marcillac. À douze ans, il décide qu'il sera paysan. Son père, Edmond Michelet, ne s'oppose pas à ce qui semble être une vocation. À l'école d'agriculture de Lancosme-en-Brenne, Claude apprend qu'il existe d'autres méthodes de culture que celles que l'on pratiquait alors dans la basse Corrèze. En 1960, il s'installe à Marcillac, dix-neuf hectares cinquantes ares de terres usées en friches, cinq vaches et une génisse, c'est toute sa richesse. Il se met à l'ouvrage. Ici, très simplement, il dit ce que furent ces années de reconquête : ses travaux et ses peines, ses réussites et ses échecs, ses bonheurs et ses déboires. Parlant de lui et des siens, de sa terre et de ses bêtes, il exprime l'inquiétude de centaines de milliers de petits exploitants désorientés par les décisions souvent contradictoires venues d'en haut et de très loin, qui craignent l'avenir et parfois se révoltent. Ces hommes-là se reconnaîtront dans ses propos. Les autres, les citadins, y découvriront une réalité qu'ils ignorent. Et chacun prendra conscience, à travers les pages de ce livre passionné, qu'une partie de la plus haute importance se joue dans les milliers d'exploitations qui jalonnent la France : la survie d'une civilisation à visage humain.

  • Farewell, de son vrai nom Vladimir Ippolitovitch Vetrov, est une figure hors ligne de l'espionnage. Deux ans d'enquêtes à Moscou et en France par le journaliste écrivain Sergueï Kostine ont permis de reconstituer la vie de Vetrov. Bon étudiant d'une école technique de haut niveau, fils et père de famille modèle, il est recruté au KGB, opère avec brio en France où le contre-espionnage français, la DST, essaiera vainement de le recruter. À la suite d'un « incident de parcours » au Canada, il est rappeléà Moscou et affectéà un poste d'analyste qui lui permettra de faire le tour complet du renseignement technologique soviétique. Le sentiment de frustration et de haine envers son service sous Brejnev, les problèmes avec sa femme, Svetlana, et un penchant de plus en plus prononcé pour la boisson, provoquent en lui une crise profonde. Pour racheter sa vie ratée, il fait le saut : au printemps 1980, il renoue avec la DST et devient Farewell. Le lecteur apprend comment, à la barbe du KGB tout-puissant, des dossiers top secret se baladeront à Moscou dans des paniers de légumes, ou sous le bras d'agents de liaison. Il apprend aussi comment les documents les plus sensibles seront photocopiés et quitteront l'URSS par la valise diplomatique. La production de Farewell est sans précédent, à la fois par la précision de la documentation technique que par la révélation des noms, pays par pays, des agents occidentaux travaillant pour l'URSS. Dans ce jeu, la raison d'État l'emporte parfois sur la sécurité de la taupe... Mais ce n'est pas cela qui perdra l'impulsif et incontrôlable Vetrov. L'impossible choix entre sa femme et Ludmila, sa maîtresse, l'amènera à commettre l'irréparable : en février 1982, il tente de tuer cette dernière et abat un témoin de la scène. Condamnéà quinze ans de prison, il se retrouve au Goulag. Il sera transféréà Moscou, passera en second jugement et sera fusillé en 1985, le tout à huis clos.

  • Kenizé Mourad, auteur deDe la part de la princesse morte, a travaillé pendant quinze ans comme reporter spécialisé dans les affaires du Moyen-Orient et du sous-continent indien. C´est avec son expérience de journaliste et sa sensibilité de romancière qu´elle aborde aujourd´hui le drame vécu par Israéliens et Palestiniens. Évitant les analyses politiques et les généralités dont nous sommes submergés, ce livre décrit et laisse s´exprimer des hommes et des femmes des deux camps. Jérusalem bien sûr, mais aussi Jénine, Gaza, ou les implantations de colons... Kenizé Mourad est allée à la rencontre de tous. C´est leur histoire qu´elle nous raconte, mais aussi celle de leur famille, car il est impossible de mesurer ce qui se passe aujourd´hui sans remonter le fil des tragédies vécues par les générations successives. Palestiniens, Arabes israéliens, Juifs... Il y a Oript, dont la soeur a été tuée dans un attentat et qui n´arrive plus à vivre ; Itaï, l´officier israélien, objecteur de conscience ; Naomi, qui chaque jour craint pour la vie de son fils, tout jeune soldat; Mohammed, l´imam emprisonné et torturé ; ou encore Leïla, qui voit son plus jeune fils prendre le chemin de l´aîné, tué pendant l´Intifada et dont il porte le prénom... En retraçant leur vie, et celle de leurs parents, rescapés des camps de la mort, ou chassés de leurs villages de Palestine et parqués dans des camps de réfugiés, Kenizé Mourad nous fait comprendre leurs besoins, leurs angoisses, et leurs façons d´appréhender le présent.

  • "Je sais qu'il y a des gens qui, sans me connaître, me haïssent. Le pire c'est que certains sont de bonne foi, car ce qu'ils savent de moi, ce sont des propos déformés et non mes positions réelles." Auteur, en 2001, d'une note et d'un article sur le con

  • La suite de l'histoire est celle d'une exceptionnelle réussite : Michel Drucker est à la fois la mémoire du petit écran, l'ami des stars, le confident des politiques et l'animateur le plus populaire de la télévision française. Il débute à l'ORTF en 1965, à vingt-deux ans, sous la houlette des grands pionniers Léon Zitrone, Pierre Desgraupes, Georges de Caunes, Roger Couderc? Animé d'une immense soif d'apprendre auprès de ces maîtres hors normes, il vit quasiment jour et nuit dans le mythique immeuble du 15, rue Cognacq-Jay, siège de l'ORTF. Faisant tout pour se rendre indispensable, il prépare les fiches de Zitrone, épluche les dépêches, il tient la rubrique sportive du journal télévisé. Peu à peu il s'impose au Service des sports (il commentera entre autres cinq Coupes du monde de football), puis dans la variété, dont la grande productrice Michèle Arnaud lui entrouvre les portes en l'engageant comme présentateur d'une nouvelle émission pour les jeunes : « Tilt ». C'est là qu'il rencontre la génération des sixties, celle deSalut les copains,de Johnny, Sylvie, Cloclo, Dutronc? Désormais, tout ce qui compte dans le show-biz passera par lui : Michel Drucker devient et reste l'indétrônable souverain des émissions de variétés. « Les Rendez-vous du dimanche », « Stars 90 », « Ciné Stars », « Drôles de stars », « Champs-Élysées », « Studio Gabriel »? lui confèrent une notoriété sans pareille dans l'Hexagone. Depuis 1998, avec « Vivement dimanche », il réalise un autre de ses rêves : recevoir des politiques, permettre aux téléspectateurs de les découvrir sous un jour plus intime.
    C'est ainsi que le découvriront, dans ce livre où se mêlent souvenirs et anecdotes, émotion et réflexion, les téléspectateurs qui le suivent depuis tant d'années. Ils seront touchés par la sincérité, l'authenticité, la drôlerie, mais aussi par les fêlures de cet autodidacte qui, sous un air d'apparente facilité, a construit sa vie comme une longue course cycliste, étape après étape, pour prouver sa vraie valeur aux siens.

  • La plongée bouleversante dans l'intimité d'un homme0300«Un homme se penche sur son passé. Le passé ne lui renvoie que les reflets d´une mauvaise vie, bien différente de celle que laisse supposer sa notoriété.Autrefois on aurait dit qu´il s´agissait de la divulgation de sa part d´ombre; aujourd´hui on parlerait de "coming out".Il ne se reconnaît pas dans ce genre de définitions.La mauvaise vie qu´il décrit est la seule qu´il ait connue. Il l´a gardée secrète en croyant pouvoir la maîtriser. Il l´a racontée autrement à travers des histoires ou des films qui masquaient la vérité. Certains ont pu croire qu´il était content de son existence puisqu´il parvenait à évoquer la nostalgie du bonheur. Mais les instants de joie, les succès, les rencontres n´ont été que des tentatives pour conjurer la peine que sa mauvaise vie lui a procurée.Maintenant cet homme est fatigué et il pense qu´il ne doit plus se mentir à lui-même.»Pourquoi vouloir à tout prix reconstituer un simulacre de famille? Passer le plus clair de son temps à la radio et à la télévision alors qu´on rêve de se consacrer à l´écriture et au cinéma? Devenir spécialiste des princes et des princesses alors qu´on se passionne pour les peuples opprimés? Et puis il y a les nuits qui, elles aussi, ne devraient pas être ce qu´elles sont...Avec une liberté d´esprit exceptionnelle, Frédéric Mitterrand, ici, ose tout dire. L´autobiographie la plus juste n´est-elle pas celle de la vie qu´on aurait dû mener?"La Mauvaise Vie" a reçu le prix Le Vaudeville.

  • " Il ne fait aucun doute que la France a deux vocations dans le monde...
    Vocation de Chrétienté... Vocation de Liberté. " Ainsi parle Péguy, qui fut le véritable maître d'Edmond Michelet, son inspirateur dans toutes les grandes circonstances de sa vie ainsi, le 17 juin 1940 (le 17 !), accomplissant ce qui devait être le premier acte de la résistance clandestine en France, c'est Péguy que cite Edmond Michelet dans le tract que lui et ses amis glissent dans les boîtes aux lettres de Brive : " Celui qui ne se rend pas a raison contre celui qui se rend...
    " Il est peu de vies réellement exemplaires. Nul n'a jamais contesté que la vie d'Edmond Michelet le fut. Père de famille, militant catholique, chef de la Résistance d'une vaste région, déporté, président du Comité patriotique français de Dachau, homme de gouvernement indéfectiblement fidèle au général de Gaulle, Edmond Michelet, partout et toujours, dans la paix comme dans la guerre et jusque dans l'enfer, s'est révélé homme de foi, d'espérance et de charité - un saint, ont pu dire ses compagnons de Dachau.
    C'est cet homme-là, qui fut son père, que Claude Michelet fait revivre ici.
    Avec émotion, avec simplicité et honnêteté, sans jamais élever le ton ni emboucher les trompettes de la renommée. Sur le ton qui s'impose pour parler d'un homme qui fut courage tranquille, fidélité et modestie.

  • Avec le prix Nobel de la paix attribué à Médecins sans frontières, les humanitaires se voient récompensés pour leurs efforts menés à travers le monde depuis trente ans. L'épopée a débuté au Biafra, en 1968, lorsqu'une poignée de jeunes médecins français, emmenés par Bernard Kouchner, s'aventura dans l'enfer d'une guerre oubliée. Depuis, les French Doctors ont été de tous les combats humanitaires, au chevet des victimes pour les soigner, mais aussi pour témoigner et dénoncer les atteintes aux droits de l'homme. En trois décennies s'est ainsi imposée une génération, celle du devoir d'ingérence, qui a su s'immiscer au coeur de l'action diplomatique.
    Olivier Weber retrace cette saga où les volontaires de Médecins sans frontières , Médecins du monde ou d'autres organisations ont couru la planète pour soigner, sauver et témoigner, parfois au péril de leur vie.
    Il a enquêté pendant trois ans, visité une quinzaine de pays et réalisé plus de deux cents interviews. Il nous montre, dans le détail de leur vie sur le terrain comme dans l'intimité de leurs choix personnels, les figures emblématiques de l'humanitaire français (Bernard Kouchner, Claude Malhuret, Xavier Emmanuelli, Jacques Bérès, Rony Brauman, Philippe Biberson), mais aussi des centaines d'anonymes. Il nous fait vivre avec eux le sauvetage des boat people en mer de Chine, l'aide aux victimes des tremblements de terre en Arménie, de la famine en Ethiopie, de la guerre en Afghanistan ou en Bosnie...
    Un livre passionnant, qui se lit comme un roman vrai et nous éclaire sur notre temps et ses enjeux.

  • La fièvre de l´or, qui sera projeté en salle en octobre 2008, puis sur Canal + et France 2 dans les mois suivants. Il dessine des portraits, décrit la vie sur les pirogues et dans la boue, raconte les aventures d'hommes et de femmes dans ce trou du monde où chacun se damne pour quelques pépites. Mieux que des grandes phrases, ces personnages sont les fils conducteurs sur la scène d´un des pires théâtres de la mondialisation.

  • Le Ruisseau des Singes est un endroit magnifique situé dans une vallée au milieu de la montagne, près de Blida, en Algérie. " Des centaines de petits singes adorables vivent dans cet endroit et viennent à la rencontre des visiteurs? C'était pour nous un véritable paradis. " Si le comédien a choisi d'intituler ainsi le récit de sa vie, c'est parce qu'avant d'accéder à cet éden, il lui fallait parcourir des kilomètres en voiture avec ses parents, voyage pendant lequel le petit Jean-Claude était horriblement malade. Il n'a jamais oublié ces expéditions et ce souvenir est devenu, en quelque sorte, la métaphore de sa vie : " Savoir surmonter les obstacles pour accéder à un bonheur simple fait de lumière et de douceur. " D'autant que son père, militaire de carrière, s'opposa longtemps à la vocation du comédien et lui répéta tout au long de son enfance : " Quand tu seras grand, que tu auras fini tes études, tu feras ce que tu voudras. Et même le singe, si tu veux ! " Tout au long de ce récit ponctué d'anecdotes de tournages et de souvenirs personnels, Jean-Claude Brialy raconte quarante-cinq ans de sa vie de comédien. Adolescent, il rêve de Louis Jouvet, Danielle Darrieux, Pierre Fresnay, Jean Gabin ou Michel Simon et des grandes figures du cinéma d'avant-guerre et du music-hall. Il les rencontrera et jouera avec la plupart d'entre elles. Mais, à vingt ans, son destin croise celui de Chabrol, Truffaut, Godard, Rohmer et, avec eux, il devient l'acteur fétiche de la Nouvelle Vague. Jean-Claude Brialy parle de sa rencontre avec Jean Gabin, Jean Marais, de son admiration et de sa fidélité à Jean Cocteau. Il confie ses passions pour Arletty, Marie Bell, Marlène Dietrich, Romy Schneider ou Françoise Dorléac. Et puis, au milieu de ses amis comédiens, passent des silhouettes immenses : celles d'Édith Piaf, de Joséphine Baker dont il fut, jusqu'au bout, l'ami fidèle, et celles plus furtives de Maria Callas ou de Jacques Brel, avec qui il vécut des moments uniques et privilégiés. Et, bien sûr, le Commandeur, Sacha Guitry, dont Jean-Claude Brialy joua et mit en scène tant de pièces.Tour à tour drôle et émouvant, Jean-Claude Brialy nous fait découvrir, avec des anecdotes personnelles, d'autres facettes d'un monde que nous avions pourtant l'impression de bien connaître.

  • Olivier Weber a pu passer quatre semaines en Afghanistan: un mois dans ce fief délirant et attachant, un mois dans le pays de l'absurde.0300Olivier Weber est un des meilleurs écrivains-voyageurs français. Il est un des rares journalistes européens depuis quatre ans à avoir passé un mois complet en Afghanistan, et à avoir pu sortir de Kaboul. Son expérience de la région, ses liens avec des chefs de tribu, des talibans, des marchands d´armes, des policiers, ont permis ce voyage. Il pratique l´ethnologie «participante»: quand il entre dans un groupe, il adopte en tout point la façon d´être de ceux qui le composent.Dans les villes et villages où il a vécu, les personnages clef, les mollahs, les ministres l´ont reçu et se sont entretenus avec lui. Le pays est dirigé vers l´édification du Bien. Les miliciens cravachent dans les rues ceux qui ne vont pas prier à l´heure dite dans les mosquées; les voleurs ont une ou deux mains coupées, en public; les adultères et l´homosexualité sont punis de lapidation: on place les coupables sous un camion-benne rempli de blocs de pierre; la possession d´un lecteur de cassettes est punie de deux paires de gifles, dans le meilleur des cas; le dépassement du couvre-feu mérite une bastonnade... Il est aussi entraîné vers l´édification du Mal: les combines, les trafics, la culture du pavot, les négoces de l´opium, le marché noir des médicaments sont les méthodes les plus courantes grâce auxquelles les talibans vivent sur le peuple.Parallèlement à la vie contemporaine en Afghanistan, des scènes du passé éclairent le présent. Les batailles avec les Anglais, le séjour de Lawrence d´Arabie, les chasses au faucon, les visites aux bouddhas... permettent d´appréhender l´esprit et l´âme de ce peuple. Voilà des siècles que leur histoire se construit autour de leur caractère propre : orgueil et hospitalité, courage invincible et esprit de vengeance.0400À peine nommé gouverneur en 1992, Hafiz, élu démocratiquement, s´empresse de prendre des mesures énergiques comme le prélèvement de l´impôt. Il intervient dans une affaire de moeurs entre des Pachtouns et des nomades Kuchis après qu´un jeune prétendant eut tiré une rafale de kalachnikov au-dessus de la tente d´une belle errante, provoquant la colère du père de la victime qui demanda non pas une rançon, chose fréquente pour solder les comptes, mais carrément la jeune soeur du tireur. Cette méthode du tireur solitaire se situe à l´opposé, remarquons-le au passage, d´une vieille tradition marocaine, qui veut que ce soit une femme à la recherche d´un époux qui dépose un couteau neuf sur le pas de sa porte, à en croire A.R. de Lens, auteur en 1925 des remarquables «Pratiques des harems marocains».Inutile de dire que l´affaire s´avère extrêmement compliquée pour le jeune gouverneur qui décide, sincèrement embêté, de se déplacer avec une caravane de conseillers et de «qazis», les juges islamiques, sur les hauts plateaux de sa contrée, à deux mille sept cents mètres d´altitude, le froid n´améliorant pas les intentions d´équité, puis dans les villages pachtouns, où les vieux babas, les ancêtres, s´avouent sacrément tourmentés par l´affaire. Donner une de nos filles, une vierge, à un nomade peu ragoûtant? Mais vous n´y pensez pas, monsieur le gouverneur! On aurait encore préféré que tout cela se solde par les armes. C´est exactement ce qu´a dû penser le tireur d´élite, responsable de toutes ces avanies, puisqu´il chercha la provocation et abattit une chèvre devant la maison du gouverneur. Mais, puisqu´il avait été élu de la plus démocratique des manières, celui-ci préféra poursuivre la palabre. Hafiz Bazgar convoqua Sher Khan, un grand chef nomade dont le nom signifie «Tigre-Roi», que le narrateur avait rencontré dans les maquis et qui devint le responsable des camps de combattants arabes dans les montagnes de Khost, ceux-là même qui furent bombardés par les avions américains en août 1998.Hafiz:? Résous le problème, tu commences à nous secouer les oreilles!Tigre-Roi: ? Je suis désolé, je vais tenter d´arranger ça, ce n´est qu´une question de jours, et tu sais combien

  • Sonia et Alexandre Poussin ont quitté le cap de Bonne-Espérance le 1er janvier 2001. À pied. Direction: Jérusalem. Depuis, le couple intrépide a parcouru quatorze mille kilomètres, remontant d´une seule foulée le continent africain en refaisant symboliquement le premier voyage du premier homme, de l´australopithèque à l´homme moderne, le long de la vallée du Rift. Sans soutien, sans assistance, dormant à la belle étoile ou chez l´habitant, ils ont relevé ce défi unique et accompli un véritable exploit. Leur ambition? Prendre le temps et le pouls du continent, et rencontrer hommes, femmes et enfants d´Afrique. Une aventure vouée à l´échec sans la bonté et la générosité des Africains, «nos sauveurs de chaque jour», qui, souvent dans la plus terrible misère, les ont recueillis au long des pistes. Ce premier volume retrace leur passionnant parcours, du Cap au Kilimandjaro.

  • En juillet 1981, au sommet d'Ottawa, quelques semaines après la formation en France d'un gouvernement qui inquiète Washington à cause de ses quatre ministres communistes, François Mitterrand remet à Ronald Reagan un dossier qui le rassure tout à fait sur les véritables intentions de la France. C'est l'affaire Farewell, dont le président des Etats-Unis dira un plus tard que c'est l'une des plus grandes affaires d'espionnage du XXe siècle.

    Brillant étudiant dans une école technique de haut niveau, grand sportif, père de famille modèle, Vladimir Ippolitovitch Vetrov a le profil type du bon espion. Rapidement recruté par le KGB, il opère d'abord en France, avec brio, puis au Canada, avant d'être affecté à un poste d'analyste qui lui permet de faire le tour complet du renseignement technologique soviétique. Cependant, le zèle se transforme bientôt en frustration et, lassé de tout, y compris de sa vie personnelle, Vetrov décide de faire le saut : au printemps 1980, il contacte le contre-espionnage français, la DST. L'aventure commence. Vetrov devient Farewell. A la barbe du KGB tout-puissant, Farewell fournit aux Occidentaux la preuve que l'URSS n'ignore rien de leurs armes les plus sophistiquées ; il donne aussi les noms, pays par pays, des agents travaillant pour elle. Un jeu où la raison d'Etat l'emporte parfois sur la sécurité de la taupe...
    Mais ce n'est pas ce jeu qui perdra l'impulsif et incontrôlable Vetrov. L'impossible choix entre sa femme et Ludmila, sa maîtresse, l'amènera à commettre l'irréparable : en février 1982, il tente de tuer sa maîtresse et abat un témoin de la scène. Jugé et condamné à quinze ans de prison, il se retrouve au goulag, d'où il adresse des lettres attendrissantes à sa famille. C'est là que ses activités d'espionnage sont reconstituées par les têtes chercheuses du KGB. Désormais, c'est de nouveau à Moscou que va se jouer son destin...

  • Libéré grâce à l'intervention d'un haut commandant de la Résistance, Jean-Daniel Fallery rejoint le Maroc où il est formé militairement par les Américains. Malgré son jeune âge - il n'a pas encore 18 ans ! -, on lui confie au mois d'août 1944 le commandement d'une dangereuse mission de sabotage baptisée « Opération Virus », qui favorisera le débarquement des Alliés en Provence.

  • Marek Halter est un homme engagé dans tous les combats de la fin de ce siècle.
    Né à Varsovie en 1936, échappé du ghetto, il traverse Moscou sous les bombes et passe son enfance en Ouzbékistan, en Asie centrale soviétique, son adolescence en Argentine et habite, depuis 1950, la France, pays où ses ancêtres, venus d'Espagne, s'étaient installés en 722. Son nom est lié à la recherche de la paix au Proche-Orient et au dialogue israélo-palestinien, aux mères de la place de Mai à Buenos Aires, à Sakharov, Havel, Estrella, Walesa, Chtcharanski... aux dissidents soviétiques et aux refuzniks juifs, aux moudjahedines en Afghanistan, à Solidarnosc en Pologne et à SOS Racisme en France, à la mémoire surtout, comme arme de combat et aussi comme thème d'un livre qui a fait le tour du monde et dans lequel il retrace l'histoire deux fois millénaire d'une famille juive, la sienne.
    On s'interroge souvent sur les raisons qui poussent cet enfant du ghetto à se lancer dans tant de batailles. Beaucoup l'admirent, certains le critiquent. Il ne laisse personne indifférent.
    Avec Un homme, un cri, Marek Halter se livre enfin. Dans un style rapide et imagé, il dit sa relation à la France, à la langue française, à l'écriture, à la peinture, à Israël, au judaïsme... Avec pudeur et sans complaisance, il explique les raisons de ses engagements, rappelle le contexte politique et culturel où ils s'inscrivaient, et jette en passant un regard nostalgique, souvent critique et parfois étonné, sur ses appels, ses reportages, ses articles...
    Un homme, un cri, qui se lit comme un récit, n'est pas seulement un livre pour comprendre l'homme, il permet aussi de parcourir et de saisir toute une époque, la nôtre.

  • François Simon est un écrivain dont le talent littéraire se porte sur la cuisine, la gourmandise et la gastronomie. D'abord il y a l'auteur en tant qu'homme qui réfléchit, aime, souffre et marche dans la grande ville. Il connaît l'enthousiasme, l'insatisfaction, la recherche des femmes, l'anxiété quand il reçoit à dîner chez lui. Sa vie privée est inséparable de sa vie professionnelle. Ce n'est pas drôle de déjeuner ou de dîner tout seul - et d'ailleurs, qu'est-ce qu´on fait entre-temps ?

    Mais les restaurants et les hôtels représentent son gagne-pain, sa raison de vivre, le champ de son honnêteté. C'est pourquoi aucun ne lui échappe, des trois-étoiles au petit bistrot. Et rien n'échappe non plus à son palais aiguisé, sa langue pointue, sa mémoire infaillible. Cette promenade parisienne n'est pas exhaustive. Il ne s´agit pas d´un guide, mais d´un choix. Ce sont davantage des visites dans des endroits très connus ou très méconnus, faites par un homme dont tous les sens sont en éveil, et l'esprit ouvert pour tâter le moelleux d'une coquille Saint-Jacques, l'épaisseur craquante d'une frite, la tiédeur d'une pomme au four et l'exacte température d'un nuit-saint-georges quand il descend dans son verre.



    L'originalité de François Simon, c'est l'introduction des êtres humains dans la critique gastronomique. Un repas, même à deux, est collectif. Il se déroule dans un décor, un passé et l'esprit du patron qui souffle sur la salle. L'ensemble forme un tout que l'auteur met en scène comme une pièce de théâtre quand il s'assied à une table.

  • Depuis qu´elle a été sacrée par les juges et les journalistes trésorière occulte du RPR, l´Élysée tremble. Et si elle venait à parler, à révéler tous les secrets noirs et or dont elle a été dépositaire pendant une douzaine d´années ?... Jusqu´ici, bravement, Louise-Yvonne Casetta, surnommée «la Cassette», est restée obstinément muette. Son silence lui a coûté cher. Mais elle n´est pas la seule à avoir payé pour les ténors de la politique. Les chefs d´entreprise aussi sont sur le banc des accusés, héros mortifiés de cette saga des boucs émissaires.Au-delà de cette enquête dans les ténèbres de la démocratie se pose la question : les partis, aujourd´hui richement dotés par les contribuables, ont-ils renoncé à leurs douteuses pratiques? N´est-ce pas toujours comme avant ? Mieux qu´avant ?

  • "Il aurait fallu le dire depuis longtemps, le dire haut et fort: en des temps dominés par les lâches et les tueurs, il y eut des individus pour nous permettre de ne pas désespérer de l'humanité, des hommes et des femmes qui n'ont pas hésité à risquer la mort pour sauver des vies.
    Iréna, polonaise, a sorti du ghetto, à la barbe des Allemands, 2 500 enfants. Berthold, industriel allemand, a entrepris d'embaucher des Juifs dans son usine, les sauvant ainsi des camps de la mort. Des religieuses ont abrité dans les couvents des centaines d'enfants traqués...
    Voilà sans doute ce que j'aurai découvert à travers mon voyage au pays des Justes: le Bien existe; et cette disposition à la bonté que tout homme peut porter en lui, les pires systèmes totalitaires ne la détruiront jamais.
    En rendant hommage à ces Justes, en restituant leurs témoignages longtemps passés sous silence, j'ai voulu créer une "mémoire du Bien'. Car le Bien est l'espoir. Et sans espoir on ne peut vivre."

  • Depuis trente ans, Jean-Paul Mari a couvert toutes les guerres du globe. Il a parcouru les champs de bataille, de l'Irak au Rwanda, du Moyen-Orient à la Bosnie, au Sierra Leone, en Somalie, au Sri Lanka. Il a rencontré des héros et des assassins, il a vu des massacres, des villages brûlés, des enfants égorgés dans leur école, des civils découpés devant leur maison. Les plus grandes peurs comme les courages les plus admirables ont passé sous ses yeux. Il raconte.Que peut-on faire de la douleur de la guerre ? Cette question obsédante, il l'a posée à des médecins qui tentent de rendre à la vie ceux qui ont vu la mort et s'en sont sortis " sans blessures apparentes ". Ceux-là ont vécu un moment d'effroi indicible, une rencontre avec la mort sous des formes diverses : une odeur, un regard, un cri, une vision insoutenable. Après quoi ils se sentent morts bien qu'ils soient vivants. Ils ne font plus partie de ce monde, ils peuvent devenir fous. Des milliers d'anonymes, mais aussi des écrivains, des peintres, des cinéastes ont subi et décrit cette expérience ultime. L'auteur aussi a vu la mort en face.Le premier mérite de Jean-Paul Mari est d'avoir affronté l'épouvante pour en témoigner. Le second, probablement plus grand encore, est d'avoir enquêté, réfléchi, analysé. Il n'a pas voulu que restent enfouis l'horreur et les traumatismes. Il a choisi d'écrire pour sortir de ces ténèbres-là et affirmer que la vie peut être la plus forte.

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