• Lettres pour le monde sauvage Nouv.

    Entre souvenirs et réflexions sur la nature, Wallace Stegner, écrivain majeur de l'Ouest
    américain, livre un témoignage sur un monde, aujourd'hui évanoui, qui a inspiré l'ensemble
    de son oeuvre. C'est le monde de son enfance, celui des Prairies du Montana et du Dakota,
    qui lui a appris à tendre l'oreille au bruit de l'eau des montagnes et à respecter la beauté
    immaculée de ses paysages. Ces lettres engagées transmettent ainsi la mémoire des
    hommes qui ont fait l'Amérique d'aujourd'hui, guidés par des valeurs héroïques comme la
    grandeur d'âme ou la dignité.

  • Lisière

    Kapka Kassabova

    Quand elle retourne dans son pays natal, la Bulgarie, pour la première fois depuis vingt-cinq ans, c'est à la frontière avec la Turquie et la Grèce que Kapka Kassabova se rend. Elle se souvient que, dans les années 1970, alors qu'elle était encore enfant et que la guerre froide battait son plein, c'était la zone la plus poreuse du rideau de fer, une frontière encore plus facile à traverser que le mur de Berlin pour rejoindre le bloc de l'Ouest. Un carrefour qui grouillait de militaires et d'espions, où il ne faisait pas bon s'aventurer. Au gré de son voyage, Kapka découvre les lieux qui furent dominés par des forces successives : l'empire Ottoman, le régime soviétique, et d'autres encore, mythiques et légendaires. Son livre est peuplé de magnifiques portraits de contrebandiers, chasseurs de trésor, botanistes et gardes-frontières, et aussi de migrants. Lisière est à la fois le récit d'une immersion dans les coulisses de l'Histoire, un regard neuf sur la crise migratoire en Europe et une plongée au coeur de géographies intimes.

  • Flora, jeune esclave noire à la beauté fascinante, est dotée d'un esprit fier qui seul lui permet de survivre à la brutalité de son maître. Quand ce dernier part pour la guerre et que son fils unique meurt, Flora se trouve libre. Elle conçoit alors une vengeance terrible : elle apportera à son ancien bourreau le corps de son enfant, conservé dans un cercueil empli de sel. Mais, en ce milieu du XIXe siècle, les territoires immenses qu'elle doit traverser, aux confins de l'Amérique, sont sauvages et sans loi, pleins de troubles et de sang. Flora engage donc deux voyous intrépides et fatalistes, Pigsmeat et Tom, pour l'escorter sur la route du Mexique, sans savoir ce qui l'attend.

  • Automne 2015. Raphaël Krafft, journaliste indépendant, est à la frontière franco-italienne des Alpes-Maritimes, entre Menton et Vintimille. Il réalise un reportage sur les exilés bloqués là dans l'attente de passer en France pour demander l'asile ou de continuer vers un autre pays. Il rencontre tour à tour des militants, des policiers, des fonctionnaires, une avocate spécialiste des Droits de l'homme pour constater le drame de la situation. Et décide, par un acte de désobéissance civile, d'aider deux Soudanais, « Satellite » et Adeel, à franchir la frontière. A pied, Raphaël Krafft, son ami Thomas et les deux réfugiés entreprennent une ascension dans le parc du Mercantour, jusqu'au col de Fenestre, qui culmine à 2 474 mètres, pour atteindre la France.

  • Aujourd'hui, les psychiatres intervenant auprès des tribunaux exposent de plus en plus les malades mentaux criminels à la sanction pénale et à la prison. Ces experts confient ainsi à la justice la responsabilité d'un patient potentiellement dangereux et dont la prise en charge peut être problématique. Passant au crible un ensemble d'expertises psychiatriques, Caroline Protais analyse comment a évolué le discours professionnel dominant : à l'humanisme des premiers aliénistes du xixe siècle s'est substituée à partir des années 1960 une tendance punitive sans cesse accrue et toujours d'actualité. Entre histoire et sociologie, cet ouvrage offre non seulement une rétrospective originale des pratiques psychiatriques depuis les années 1950, mais également une réflexion sur une problématique qui travaille nos sociétés depuis toujours : celle de la responsabilité humaine face aux errements de la raison.

  • Ouvrage unique dans la littérature millénaire de l'Empire grec de Byzance, les Conseils et récits du général en retraite Kékauménos, rédigés à la fin du XIe siècle, nous font pénétrer l'intérieur d'un monde insoupçonné. Avec ce recueil de sagesse mêlant une tradition immémoriale et ses propres expériences dans l'armée, au palais ou sur ses terres, agrémenté d'anecdotes imagées puisées aux quatre coins de l'Empire, Kékauménos compose un traité de vie politique pratique. Le résultat est stupéfiant. On y découvre comment la dissimulation, le subterfuge, les alliances précaires, la concurrence généralisée, la méfiance universelle et une conduite finalement pragmatique font contrepoids à l'absolutisme théocratique de l'Empire byzantin. Un monde en tension perpétuelle à la confluence de l'Orient et de l'Occident qu'il faut se donner la peine de méditer.

  • En dépit d'une image stéréotypée d'un monde globalisé et ouvert, la notion de frontière ne cesse d'interpeller les chercheurs au travers de deux questions majeures : que deviennent alors les frontières entre espaces géographiques, linguistiques et culturels dans notre société cosmopolite, urbanisée, mobile ? Comment sont-elles produites, (re)produites et/ou configurées par les pratiques sociales ? À partir de disciplines aussi variées que sont la linguistique, la sociologie, l'anthropologie et la géographie, cet ouvrage propose de réfléchir à la façon dont les frontières sont repérées, conçues, ou encore produites par les pratiques des acteurs sociaux en interaction. Dès lors, elles ne sont plus appréhendées comme un produit fini et irrévocable, mais comme une matière en train de se faire, dessinée par une multiplicité d'acteurs et située dans une diversité de contextes.

  • Les limites et les frontières ne sont pas une anecdote érudite ou formelle. Tout d'abord, la vie des êtres humains a été délimitée et précisée par les limites juridictionnelles locales (communautés d'habitants, seigneuries et paroisses) et par les aires d'influence des communautés urbaines. Treize cas, concentrés en France et s'étendant jusqu'au Bas-Rhin et la côte atlantique portugaise en passant par la Catalogne, sont ici analysés par de prestigieux historiens, afin de saisir les axes qui permettent de reconnaître et de délimiter l'espace local depuis la fin de l'Empire romain jusqu'à la fin du Moyen Âge. Il s'agit d'une période de formation pour l'identité européenne, où le profil territorial joua un rôle essentiel qu'il faut connaître afin de saisir de façon appropriée les racines du présent.

  • Le cinéma naît alors que l'épopée de l'Ouest touche à sa fin. En 1895, on déclare la fin de la Frontière et le cinéma prend la relève du mouvement de conquête. Les fondateurs de Hollywood ne manqueront pas de faire eux-mêmes le parallèle. Dès qu'il y eut cinéma aux États-Unis, il y eut western... Ce rapport de proximité entre l'époque et l'invention d'un nouveau mode de création nourrit une intimité sur laquelle fait fond le western classique américain. Au fil des contributions ici rassemblées, les angles d'approches se multiplient : esthétique, anthropologie philosophique, philosophie sociale et politique, philosophie de l'histoire, histoire de l'art et études cinématographiques. En mobilisant essentiellement des compétences et des références philosophiques, mais aussi les vertus de l'interdisciplinarité, ce collectif se propose de poser les jalons d'une étude approfondie de l'image westernienne en traitant les enjeux des limites et frontières, de la justice sans cesse réinterrogée, de l'étranger, du lointain, du vivre ensemble, de la persécution, de l'imaginaire culturel et social et de l'invention historique.

  • Comment les grandes unités territoriales se sont-elles consolidées au cours du Moyen Âge ? La définition des frontières fut-elle du seul ressort du pouvoir ? Les études de cas analysent des entités représentatives supra-locales depuis la péninsule ibérique jusqu'à Byzance, en passant par le nord de l'Europe et la Méditerranée italienne. Les diocèses et principautés apparaissent ici non comme de simples limites, mais aussi comme des confins socio-culturels, interrogeant identités et altérités sur un territoire donné.

  • Nul mieux que ce livre n'affirme que l'espace est aussi domaine des historiens, car la vie sociale, la vie administrative des groupements humains, leurs usages culturels aussi, s'inscrivent dans des territoires qui se juxtaposent, s'articulent, se singularisent, se chevauchent parfois. Les notions de frontières et de limites prennent alors tout leur sens. Quinze études et de riches discussions apportent ici des regards croisés et complémentaires sur l'Afrique du Nord antique. C'est également l'occasion de rendre hommage à Pierre Salama, non seu­lement épigraphiste et numismate, mais aussi spécialiste hors-pair de géographie historique. La Carte du réseau routier, diffusée en 1947, puis intégrée en 1951 au livre sur Les voies romaines de l'Afrique du Nord, a connu une brillante destinée, car elle a constamment servi de point d'appui au travail des historiens des nouvelles générations. Cette carte est une oeuvre de synthèse, et d'abord une synthèse de l'espace, exprimée en réduction; mais elle synthétise aussi le temps, car les cités dont le nom apparaît ont duré de longs siècles, structurant fortement la vie politique et sociale des provinces romaines, et reflétant par leur apparition et leur permanence les changements dans les modes de vie.

  • Em Memória Social em Campo Maior procurou-se, antes de mais, perceber e discutir algumas das especificidades decorrentes da localização fronteiriça da vila estudada, nomeadamente as que são reflectidas na produção e reprodução daquilo a que podemos chamar memória social. Em articulação com as categorias de espaço e de tempo, a memória social, entendida enquanto representação partilhada do passado e configuração do presente, constituiu-se, portanto, como o foco analítico principal que estruturou o trabalho. Na persecução dos objectivos definidos, foram configurados dois eixos de análise fundamentais. Por um lado a própria fronteira como objecto de inquirção, ou seja, como factor que singularizou a comunidade, quer quando funcionou como recurso, quer quando potenciou o conflito. Por outro lado, a memória social como elemento articulador de diferentes temporalidades e experiências de vida, ou seja, como recurso narrativo capaz de estruturar vivencias e dar-lhes sentido.

  • Les auteurs de ces contributions aux Actes du colloque du CUER MA (2002) explorent des domaines variés de la civilisation médiévale : histoire, droit, médecine, théologie, littérature, peinture. Par les textes juridiques et des documents d'archives divers, il apparaît que la fenêtre est une frontière par laquelle tente de se définir le territoire de chacun. Les traités médicaux sur la peste montrent à quel point la fenêtre est perçue comme un lieu ambigu par où peut entrer un air vicié ou sain. L'imagination et la réflexion font de cette béance dans le mur l'espace de la marginalité, mais aussi du passage possible vers un autre monde, que ce soit par les moyens de l'écriture, de la peinture ou de l'art du vitrail. Les études littéraires sur l'emploi de ce motif de « la vue par la fenêtre » portent sur l'épopée, le roman, la lyrique, l'hagiographie, le théâtre. Les variations textuelles que suscite ce motif témoignent d'une littérature qui réfléchit sur ses moyens et offre des points de vue sur le texte en train de se construire.

  • Pour éviter les longueurs et l'ennui d'un colloque sur la propriété, nous avons cherché l'originalité et la difficulté en traitant plus particulièrement le phénomène de l'appropriation. Phénomène éternel et humain qui se double aujourd'hui d'une recherche de reconnaissance juridique et entraîne une multitude de nouvelles questions. Depuis plusieurs années l'évolution de la législation relative au droit des biens avait attiré notre attention. Il n'était pas question d'avoir une analyse statique de la propriété à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle. Cette position paraissait inutile parce que de très nombreux travaux avaient été publiés en ce sens mais aussi parce que l'ensemble des collègues membres de notre groupe de réflexion avait le projet de revisiter la propriété pour en redécouvrir les éléments et la nature à travers leur analyse et leur expérience. Le défi était donc lancé de réfléchir sur la genèse de la propriété. Il était question de redécouvrir pourquoi une société consacre la propriété du droit de celui qui s'approprie une utilité. Il était aussi question de redécouvrir que notre système juridique assimile la propriété d'un droit à la propriété corporelle. Il fallait, en somme, étudier un phénomène social et économique essentiel : celui de l'appropriation, au sens où l'envisageait le doyen Carbonnier lorsqu'il écrivait que : « Toutes les choses ne sont pas des biens » et ajoutait « qu'il faut une possibilité d'appropriation pour faire un bien d'une chose ». Ce travail a permis de redécouvrir l'ambiguïté de notre droit des biens qui naît de l'idée que l'appropriation d'une chose se traduit par un droit sur un bien ou, encore, que le titulaire d'un droit peut prétendre à la propriété du droit. Mais le projet, bien qu'ambitieux, est réaliste car il permet de redécouvrir que les propriétés simultanées ne sont pas mortes et qu'une chose peut appartenir à plusieurs personnes qui en sont maîtres chacune de différentes manières. Au passage il consacre le triomphe d'une propriété corporelle exclusive de toute emprise réelle concurrente.

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