• Flora, jeune esclave noire à la beauté fascinante, est dotée d'un esprit fier qui seul lui permet de survivre à la brutalité de son maître. Quand ce dernier part pour la guerre et que son fils unique meurt, Flora se trouve libre. Elle conçoit alors une vengeance terrible : elle apportera à son ancien bourreau le corps de son enfant, conservé dans un cercueil empli de sel. Mais, en ce milieu du XIXe siècle, les territoires immenses qu'elle doit traverser, aux confins de l'Amérique, sont sauvages et sans loi, pleins de troubles et de sang. Flora engage donc deux voyous intrépides et fatalistes, Pigsmeat et Tom, pour l'escorter sur la route du Mexique, sans savoir ce qui l'attend.

  • « D'où tu viens ? » est sans doute la question que l'on pose le plus aux Noirs de France, celle qui arrive le plus spontanément dans la conversation. « D'où tu viens ? » demande l'ami d'ami à une soirée, la voisine de table à un repas, le collègue qui prétend faire connaissance, le parfait inconnu. Je suis sur une plage au Portugal. Une jeune Française me saute dessus. « Comme vos enfants sont beaux ! D'où venez-vous ? » J'ai envie de lui répondre : « Comme toi, de France ! »

    À six ans, Isabelle découvre qu'elle est noire. Elle rêve d'incarner Marie dans la crèche vivante de son école, elle sera Balthazar, le roi mage venu d'Afrique. Pour cette petite fille élevée dans un quartier chic de Paris, c'est un choc. Le racisme au quotidien fait irruption dans sa vie.
    De Paris à Abidjan, des bancs de l'école catholique aux coulisses de la télévision, Isabelle Boni-Claverie se raconte. Femme noire issue d'un milieu privilégié, elle doit pourtant se rendre à l'évidence : en France, la classe n'efface pas la race. Sa plume vive et acérée entremêle ce récit à celui du destin incroyable de son grand-père, Africain devenu magistrat de la République française dans les années 1930 et époux d'une jeune fille de Gaillac, première femme de sa ville à épouser un Noir.
    Avec sensibilité, Isabelle Boni-Claverie nous amène à nous interroger sur notre rapport à l'altérité. Tour à tour drôle, sans concession, émouvante, elle finit sur une note optimiste en nous proposant de faire le pari d'une égalité réelle.

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