• Jacques Perret (1901-1992), patriote hardi et romanesque, a connu la célébrité avec  Le Caporal épinglé  et  Bande à part  (prix Interallié 1951), sans doute les meilleurs livres sur la captivité et le maquis. Pol Vandromme, dans un essai à la fois d'analyse et d'évocation, rappelle ce que la littérature doit à la noblesse humaine d'un personnage hors norme et à un grand écrivain aussi original que familier. En même temps, il montre l'ampleur et la diversité d'un auteur qu'il est impossible de réduire à ses deux titres fétiches. Perret a publié d'autres ouvrages que l'on peut considérer, eux aussi, pour des manières de chefs-d'oeuvre : dans  La Bête Mahousse  singulièrement, modèle de récits à l'imaginaire fantastique, un admirable nouvelliste ; dans  Articles de sport, Rôle de Plaisance  et  François, Alfred, Gustave et les autres, un chroniqueur flamboyant, parfois d'une ardeur vagabonde, gaulois de fibre, de souche et de tradition. Un styliste exemplaire qui ne ressemble à aucun autre et un Français, fidèle au sens de l'honneur jusqu'à l'héroïsme de défi. Il fallait le mettre à sa place, la première dans les lettres contemporaines. C'est l'ambition et la réussite du livre de Pol Vandromme.

  • Ce qui a commencé avec Journal de lectures, ce qui s'est poursuivi avec l'Humeur des lettres et Vagabondages s'achève avec Une famille d'écrivains. Se boucle un cycle qui valut à Pol Vandromme le grand prix de la critique de l'Académie française et l'obtention de la bourse de la Fondation Simone et Cino del Duca. L'intérêt de ces recueils, c'est de composer, à coups de chroniques buissonnières, une vaste galerie de portraits littéraires. De cette promenade hors des sentiers balisés, une cohérence se dégage : un arbitraire de convenance personnelle qui a permis à Pol Vandromme de reconnaître les écrivains proches de sa sensibilité et de son esthétique. Ainsi, de Retz à Nimier, de Stendhal à Dominique de Roux, de Larbaud à Déon, de Saint-Simon à Céline, la littérature habite-t-elle la maison de famille de Pol Vandromme. Ce livre, qui couronne un art aigu et clairvoyant, le montre à chaque page.

  • Je suis noire et maigre... Moi je ne veux pas comprendre... Moi je veux tout, tout de suite - et que ce soit en entier - ou alors je refuse !... Je suis là pour dire non et pour mourir... La vie, ce n'est peut-être tout de même que le bonheur... Ah ! vos têtes, vos pauvres têtes de candidats au bonheur... C'est reposant la tragédie, parce qu'on sait qu'il n'y a plus d'espoir, le sale espoir... On est tous innocents en somme !

  • Qui ne s'est jamais interrogé sur la condition belge ? En effet, il se passe en Belgique des choses si mystérieuses que les observateurs étrangers les tiennent pour absurdes. Pourquoi une crise d'une durée interminable ? Pol Vandromme, écrivain reconnu qui fut longtemps un des éditorialistes écoutés de la Belgique francophone, répond à ces questions, avec le souci de rendre compréhensible aux Français et aux Belges eux-mêmes une réalité qui les déconcerte sans mesure. La clef se trouve dans le procès du nationalisme linguistique, le flamingantisme. Pour le saisir, l'auteur relie le passé de la Belgique afin de décrypter la source de son imaginaire politique, et les causes de la convulsion actuelle. Le bilan que dresse Pol Vandromme est le suivant : la Belgique, rongée par une succession des réformes institutionnelles, a fini par n'être plus qu'une coquille vide. Il la compare au marronnier d'Anne Frank, pourri de l'intérieur et maintenu en vie artificiellement. D'où viennent donc ces Belges, Gaulois frappés par une singulière folie ? Que sont-ils devenus ? Vers quoi vont-ils ? La Brabançonne, hymne national, proclame qu'ils sont sortis du tombeau après des siècles d'esclavage. Aujourd'hui, quasiment au terme d'une longue descente, tout semble indiquer qu'ils sont en train d'y retourner...

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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