• Quelle France dans 10, 20, 50 ans ? Qu'est-ce que chacun de nous peut faire pour qu'elle soit, bien plus encore qu'aujourd'hui, un pays où ses habitants sont heureux, libres, paisibles, confiants, tolérants, pour que la France soit prospère, fière de son identité, ouverte au monde et donnant sa chance à chacun de ses habitants ?
    Pour y réfléchir, nous n'attendons pas grand-chose d'une campagne présidentielle qui s'annonce une fois de plus comme une confrontation de personnalités et non comme un débat sur des programmes et encore moins des projets. Surtout, il n'appartiendra pas seulement au prochain président de la République de mettre en oeuvre ces réformes, mais à chacun de nous.
    Aussi, nous, citoyens de bonne volonté, nourris de nos expériences les plus diverses, avons auditionné plus de 400 personnalités, parmi les plus qualifiées du pays, dans de très nombreux domaines. Nous en avons déduit 250 actions urgentes, parmi lesquelles 30 réformes majeures, en particulier dans le domaine de l'enfance, qui structure tous les autres.
    L'heure est à une mobilisation générale. Pour éviter le pire. Pour construire le meilleur. Ce livre vise à ouvrir ce débat, pour que réussisse la France.

  • Dans la tête d'Eric Zemmour. Journal d'une autobiographie politique.
    " J'avais mis au jour dans le Suicide français la mécanique de l'idéologie progressiste qui a conduit notre pays à l'abîme. Mises en danger, ses élites ont compris que la survie de leur projet passerait par la radicalisation du processus de destruction.
    Rarement nous n'avons été aussi affaiblis, désunis, subvertis, envahis qu'aujourd'hui.
    Pas un jour sans sa provocation, sans sa déconstruction, sans sa dérision, sans son humiliation.
    J'ai décidé de poursuivre le récit des choses vues, des choses tues, trop longtemps tues. Pour que la France ne se contente pas d'avoir un futur mais trace aussi les voies d'un avenir. Pour continuer l'histoire de France.
    L'histoire n'est pas finie.
    La France n'a pas dit son dernier mot "

  • En 2017, nous avons confié l'État à des Amateurs.
    Quel est leur bilan, maintenant que le quinquennat se termine ? Si les crises Gilets Jaunes, Covid ont été nombreuses, les fautes, les boulettes et les maladresses aussi. Mal préparés, mal organisés, les Amateurs ont souvent été mauvais. Ajoutez à cela Emmanuel Macron et Édouard Philippe qui se sont détestés, des ministres qui ont déprimé, Nicolas Hulot pris dans la tourmente et Éric Zemmour aux aguets, et vous obtenez la chronique du quinquennat le plus déjanté de la V République.

  • À quelques mois de l'élection présidentielle de 2022, Guillaume Duval pose un diagnostic de l'« ère macron » et dégage sept principales erreurs d'évaluation commises par le président. Son fourvoiement porte tant sur ses projections et son appréhension du peuple Français que sur des convictions économiques en matière fiscale, budgétaire, sur les méthodes d'éducation à promouvoir, ou que sur la conception de l'Europe...

  • La guerre sociale en France : aux sources économiques de la démocratie autoritaire Nouv.

    La tentation d'un pouvoir autoritaire dans la France de 2019 trouve ses racines dans le projet économique du candidat Macron.
    Depuis des décennies, la pensée néolibérale mène une guerre larvée contre le modèle social français de l'après-guerre. La résistance d'une population refusant des politiques en faveur du capital a abouti à un modèle mixte, intégrant des éléments néolibéraux plus modérés qu'ailleurs, et au maintien de plus en plus précaire d'un compromis social. À partir de la crise de 2008, l'offensive néolibérale s'est radicalisée, dans un rejet complet de tout équilibre.
    Emmanuel Macron apparaît alors comme l'homme de la revanche d'un capitalisme français qui jadis a combattu et vaincu le travail, avec l'appui de l'État, mais qui a dû accepter la médiation publique pour " civiliser " la lutte de classes. Arrivé au pouvoir sans disposer d'une adhésion majoritaire à un programme qui renverse cet équilibre historique, le Président fait face à des oppositions hétéroclites mais qui toutes rejettent son projet néolibéral, largement à contretemps des enjeux de l'époque. Le pouvoir n'a ainsi d'autre solution que de durcir la démocratie par un excès d'autorité. Selon une méthode classique du néolibéralisme : de l'épuisement de la société doit provenir son obéissance.

  • Face à l'affrontement scénarisé en 2022 entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, les classes moyennes et populaires sont-elles condamnées à un non-choix ? Non, répond Arnaud Montebourg, appelant ici à un nouveau compromis historique entre les milieux économiques, les forces sociales, les mouvements populaires qui ont en commun l'intérêt général. Le manifeste du relèvement.
    " L'heure que nous vivons est cruciale. Il nous échoit de nous prononcer sur le futur, ou non, de notre pays.
    La nation française a connu de telles heures graves par le passé. Il revient à notre génération d'être à la hauteur de ce nouveau rendez-vous historique.
    Le pouvoir vous a été volé. L'amour de la France vous a été soustrait. Le bonheur et la fierté d'être français vous ont été dérobés.
    J'entends vous les rendre en partage. " A. M.

  • Au fil des mois, dans les couloirs du pouvoir présidentiel, les journalistes Eliot Blondet et Paul Larrouturou ont mené une enquête auprès de personnalités ayant approché de près Emmanuel Macron, à différentes périodes de sa carrière politique.
    Ils livrent des portraits sensibles, de témoignages forts en anecdotes inédites, et interrogent ceux qui ont composé le premier cercle macroniste : Benjamin Griveaux, Sibeth Ndiaye, Christophe Castaner ou Arnaud Jolens, le scénographe du président, qui se confie pour la première fois. Ils donnent également la parole aux conseillers de l'ombre comme Marie Tanguy, plume du candidat qui désenchantera progressivement et se choquera de la brutalité de l'homme politique, ou Jean-Marc Dumontet, le producteur qui nous invite, à la suite du chef de l'État, au théâtre ce soir. Ou encore à d'illustres inconnus comme Gépy, seul Gilet jaune reçu à l'Élysée, ou Jonathan Jahan, à qui Emmanuel Macron répondit : « Je traverse la rue, je vous en trouve du travail. »
    Dans ce document politique d'un nouveau genre, où les textes de Paul Larrouturou dialoguent avec les photographies d'Eliot Blondet, chaque protagoniste dresse en creux, depuis les coulisses, un portrait du président dans l'exercice de son pouvoir, lucide, incisif, admiratif ou déçu. Parfois admiratif et déçu en même temps.

  • Pendant le confinement, depuis sa cuisine, François Ruffin dessine le monde de demain. 
    On en était où ?
    Ah oui.
    On fonçait vers le gouffre, à vitesse accélérée. La calotte glaciaire fondait, les ours polaires se noyaient, le Mont-Blanc reculait, les oiseaux ne se cachaient même plus pour mourir.
    Et soudain, la planète s'arrête.
    C'est une crise, avec son cortège de drames.
    Mais c'est aussi une fenêtre.
    L'occasion d'une bifurcation.
    La mondialisation, le tout-marché, c'était « une folie », regrette le président. Et on nous le promet : « Il y aura un avant et un après ».
    L'espoir renaît.
    La crainte aussi.
    Car, déjà, tout repart comme avant, de l'avant, et même pire qu'avant...
    L'après se mérite.
    L'après est un champ de bataille.
    L'après est un combat, contre les forces obscures qui ne renoncent pas.

    Durant les deux mois de confinement, François Ruffin, journaliste et député de la Somme, a animé sa radio-cuisine, « L'An 01 ». Il a reçu des milliers d'alertes, et beaucoup d'invités : des infirmières bien sûr, un ambulancier, des auxiliaires de vie, des caissières, un libraire, un cariste de chez Amazon, un ouvrier de chez Valeo, une patronne de bar-tabac, un routier à l'arrêt... Des intellectuels, également, pour penser ce moment.
    En reporter, il passe ici cette crise au scalpel, en dresse un récit vivant. Et, en député, il ouvre des voies pour l'après : sur l'économie, la santé, la démocratie, l'égalité...

  • « Ce que nous avons vécu a déjà été joué. À New-York. Lors d'une réunion ou plutôt d'un exercice de simulation d'une pandémie de coronavirus, le 18 octobre 2019 ; tout a été filmé et se trouve sur internet.
    Cela s'est passé plusieurs mois avant la survenance du virus. En réalité, les participants - les géants du capitalisme de surveillance - anticipaient ainsi la catastrophe à venir. Ils avaient voulu un monde d'un seul tenant, sans cloisons. Ils savaient que ce monde-là serait hautement pathogène. Ils le savaient et ils s'y préparaient. Ils attendaient la pandémie et ils la voyaient venir.
    Quand elle survint, ils la saluèrent comme « une fenêtre d'opportunité ».
    Pour les rentiers du numérique et de la Big Tech, ce fut une aubaine. Mais aussi pour les gouvernements qui mirent au ban d'essai l'idée d'une « société disciplinaire ».
    Ainsi les élites globalisées ont-elles préparé le jour d'après. Occasion rêvée pour tout changer, changer la société, changer de société. Et imposer enfin leurs codes de désocialisation, leur esthétisme woke, leur idéologie du Bien total. »
    Ayant entre les mains des éléments d'information fiables, recoupés, glaçants, Philippe de Villiers a décidé de prendre la plume pour alerter les Français, en espérant contribuer ainsi à l'insurrection des consciences.

  • « Sommes-nous encore en démocratie ? Aujourd'hui, le fait même de poser la question est jugé indécent : les citoyens n'ont aucune raison de se plaindre, eux qui vivent librement, ne sont pas en dictature. Elle paraît même suspecte, comme si s'interroger sur l'état de notre modèle démocratique signifiait en imposer un autre, autoritaire. Voilà à quoi est réduit le débat en France ; la juste mesure est la chose au monde la moins bien partagée. 
    Face à la crise sanitaire et économique, notre vieille démocratie a certes tenu. Mais on ne mesure pas assez la défiance des peuples, comme si à aucun moment il ne fallait envisager qu'elle pût s'expliquer par le fait que ce serait la démocratie qui aurait joué contre eux. Dès lors que la révolte populaire, dont les Gilets jaunes ont constitué une première manifestation, a éclaté, nous ne pouvons ignorer la crise de la représentation que traverse notre pays ; et devons lancer une révolution raisonnable, pour faire tomber les nouvelles Bastille. » Natacha Polony  

  • Parce que, depuis plusieurs décennies maintenant, la gauche ne cesse de stagner, de régresser, de perdre les combats qu'elle engage, il est nécessaire d'interroger nos
    stratégies, nos modes de pensée et nos manières de lutter.
    À quelles conditions les forces progressistes peuvent-elles redevenir puissantes politiquement ?

  • Nuance ! la puissance du dialogue Nouv.

    Peut-on faire preuve de nuance sans être tiède ? Lutte sociale et discours nuancé sont-ils compatibles ?

    Dans un contexte de polarisation du débat public, en appeler à plus de nuance peut être perçu comme un signe de mollesse idéologique. Mais pour Julien Lecomte, la nuance doit être comprise comme corollaire de l'indignation et moteur de l'action.

    Entre réflexion philosophique, analyse concrète de controverses actuelles et introspection critique de son propre rapport à la nuance, Nuance ! La puissance du dialogue est un appel humble et intelligent au débat pour vraiment changer les choses.

    Titulaire d'un master et agrégé en information et communication, Julien Lecomte est formateur pour l'association belge Université de Paix. Passionné de philosophie et d'analyse critique des médias, il partage volontiers ses réflexions et connaissances, notamment sur son site philomedia.be et dans ses livres (dont Médias : influence, pouvoir et fiabilité, L'Harmattan, 2012 et Médias & informations. 40 activités pédagogiques pour le secondaire, De Boeck, 2014).

  • Il paraît que les écologistes sont rétrogrades. Qu'ils veulent  revenir au modèle Amish. On dit d'eux qu'ils sont des amateurs, un mix de baba cool et de zadistes. Pourtant, ils sont désignés comme l'ennemi numéro un du pouvoir...Mais un adversaire n'est-il pas une alternative ? Pour la décrire,  Julien Bayou prend la plume. Il déconstruit les attaques, décrit  la révolution de velours dont la France a besoin. Car, après des décennies de crise qui ont abîmé l'idée même de progrès,  l'écologie trace un chemin d'espoir !

  • Parler aujourd'hui d'écologie au singulier n'a guère de sens tant les mouvements qui s'en réclament sont multiples et opposés entre eux. De fait, l'écologie se divise désormais en sept grands courants : les « effondristes », qui tiennent la catastrophe pour inévitable ; les alarmistes révolutionnaires, héritiers de la critique marxienne du capitalisme, qui plaident pour la décroissance, comme les écoféministes, les décoloniaux et les véganes, qui considèrent la lutte pour l'environnement comme indissociable de celle pour le droit des femmes, des colonisés et des animaux ; les réformistes, qui pensent au contraire que la solution se situe dans la croissance verte et le développement durable. Viennent enfin les partisans de « l'écomodernisme » et de l'économie circulaire que je défends ici.  Ces différentes composantes s'accordent sans doute sur le fait que la planète va mal, mais leur opposition n'en reste pas moins parfois radicale, les effondristes et les révolutionnaires tenant notamment la croissance verte et le développement durable pour des impostures.  C'est à analyser les idées, les convictions et les propositions qui les animent que ce livre est consacré, mais aussi à proposer une alternative écomoderniste à l'écologie punitive, une vision du monde qui esquisse enfin un grand dessein enthousiasmant pour une humanité réconciliée avec elle-même comme avec sa planète.  

  • La démocratie ne l'a pas emporté une fois pour toutes, y compris dans les pays occidentaux où elle pourrait sembler la mieux assurée. L'emballement des politiques sécuritaires sous le choc du terrorisme, la progression des nationalismes et de la défiance à l'égard des minorités et des migrants, le développement de nouvelles techniques de surveillance et de traçage des populations, toujours plus véloces que les textes législatifs qui devraient en règlementer les applications, l'impatience des exécutifs qui veulent afficher toujours plus vite leur bilan, même s'il faut pour cela contourner ou bousculer les Parlements, l'ont montré au cours des dernières années. Il est utile d'en citer des exemples pour rappeler avec eux que la démocratie est un bien fragile, qui ne peut être conservé sans vigilance ni engagement constant des citoyens.
    C'est à décrire les fragilités et les menaces aujourd'hui les plus manifestes, en France, en Italie, en Suisse, en Espagne, que s'attachent les textes de ce livre d'intervention et de mobilisation, mais aussi à recenser les forces militantes et citoyennes nouvelles qui semblent capables de leur apporter une réponse collective. Il y a urgence.
    Avec Mireille Delmas-Marty, Jean-Marie Delarue, William Bourdon, Etienne Piguet, Miguel Gotor, Francesca Romana Guarnieri et Michaël Foessel.

  • PAR L'AUTEUR DU BEST-SELLER Y A-T-IL UNE ERREUR QU'ILS N'ONT PAS COMMISE ?

    Sanctionné par le pouvoir, déchargé en 24 heures de son poste de chef de service, harcelé par ses critiques, Christian Perronne persiste et signe.

    Mais dans ce nouveau livre accablant l'auteur va plus loin.

    Pourquoi ne peut-on plus débattre librement en France, notamment de tout ce qui touche à la santé publique ?

    Comment expliquer la survie prolongée des incompétents qui font de la lutte contre la Covid-19 un spectacle tantôt pathétique, tantôt comique ?

    Pourquoi le ministre de la Santé, Olivier Véran change-t-il si souvent d'avis ? Jusqu'où va l'influence de Big Pharma sur son ministère ?

    Au fait, d'où vient réellement cette épidémie ?

    La chloroquine est-elle vraiment dangereuse ? Qu'en pensent les experts en France mais aussi à l'étranger ?

    Ce témoignage nécessaire, courageux, est servi par une écriture féroce, et nourri de faits précis.
    Il interpelle chacun d'entre nous.

    Le Professeur Christian Perronne a été chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital de Garches. Pendant quinze ans il a été l'un des principaux conseillers en matière de santé publique de plusieurs gouvernements. Bien que faisant l'objet de plusieurs procédures administratives et judiciaires, il est toujours médecin et reste l'un des spécialistes reconnu des virus.

  • Christophe Naudin est le coauteur de Charles Martel et la bataille de Poitiers. De l'histoire au mythe identitaire (Libertalia, 2015). Enseignant dans le second degré, il était au Bataclan le 13 novembre 2015.
    Il a assisté au concert du groupe Eagles of Metal le soir de l'attaque terroriste. Il y a perdu l'un de ses proches amis. Rescapé, il a rédigé un journal. Ce livre reproduit ce journal poignant, accompagné d'une forte postface contextualisante. Ce document unique porte une lumière particulière sur la trajectoire de cet enseignant en histoire médiévale, spécialiste de l'Islam, résolument progressiste.

    Christophe Naudin est le coauteur de Charles Martel et la bataille de Poitiers. De l'histoire au mythe identitaire (Libertalia, 2015). Enseignant dans le second degré, il était au Bataclan le 13 novembre 2015.

  • Qu'est-ce que le Commun? Quels sont ses fondements? S'agit-il d'un ensemble de ressources bien délimitées ou, au contraire, d'un principe général d'organisation sociale de la production? L'objectif de cet ouvrage est double. Fournir au lecteur un guide pour une analyse critique des principales théories économiques et juridiques des biens communs, qu'il s'agisse de la contribution d'Elinor Ostrom, du débat sur la prétendue "tragédie des biens communs" ou des propositions de Dardot et Laval. Le second objectif est de proposer une approche alternative à celle de l'économie politique. Dans ce cadre, le Commun est pensé comme un véritable "mode de production" qui implique une reconsidération complète des fondements de notre société.

    Carlo Vercellone est économiste, professeur des universités à l'UFR « Culture et communication », Université de Paris VIII. Chercheur associé au Sophiapol - Paris Ouest. Chercheur invité au CES-CNRS - Paris 1.
    Francesco Brancaccio est enseignant-chercheur à l'UFR Culture et Communication de l'Université Paris 8 et membre du CEMTI.
    Alfonso Giuliani, économiste, est chercheur au Centre d'économie de la Sorbonne (CES-CNRS 8174).

  • «Il y a ce que disent les Gilets jaunes. Il y a surtout ce qu'ils révèlent. Cette manière de parler d'eux, dans la presse, les médias, les milieux politiques, sur les réseaux sociaux ! Une distance, une condescendance, un mépris.» Danèle Sallenave


    Au miroir du mouvement des Gilets jaunes, l'élite politique, intellectuelle, culturelle a laissé voir son vrai visage. Début janvier 2019, le président promet d'éviter ces «petites phrases» qui risquent d'être mal interprétées, mais il rechute aussitôt. Les médias ne devraient pas, dit-il, donner sur leurs antennes «autant de place à Jojo le Gilet jaune qu'à un ministre».
    Ainsi se révèlent l'étendue et la profondeur de la fracture qui sépare les «élites» des «gens d'en bas». Fracture géographique, économique, politique et sociale. Et surtout fracture culturelle, entre les habitants des grandes villes, et tous les autres.
    La violence et les embardées de langage de quelques-uns ont jeté le discrédit sur les Gilets jaunes. Il ne faudrait pas qu'une élite, assurée de sa légitimité, en tire argument pour occulter la force d'un mouvement qui a fait entendre une exigence de justice et d'égalité, parfois confuse, mais toujours profondément démocratique. Retrouvant ainsi l'inspiration des grands sursauts populaires qui ont marqué notre histoire.

  • Les raisons de la défiance Nouv.

    La défiance politique est une spécificité française. Les politistes en mesurent l'extension et l'intensité depuis des années. Mais comment l'expliquer ?

    Dans cet essai incisif, Luc Rouban recherche les raisons de la défiance. Analysant les enquêtes du baromètre de la confiance politique, il montre qu'elle trouve sa source dans la question de la reconnaissance sociale et s'épanouit sur les fragilités de la société française. Un nouveau rapport au politique se fait jour où la tentation autoritaire est forte. Car la défiance n'est pas l'indifférence. Ce n'est pas non plus la déception face à des politiques publiques inefficaces ou coûteuses. C'est l'idée que le système politique n'a rien à offrir de bon, qu'il est perverti et mensonger.

    Luc Rouban est directeur de recherche CNRS au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof). Il travaille sur les élites, les évolutions de l'État et de la démocratie. Il a publié en 2018 Le Paradoxe du macronisme et, en 2019, La Matière noire de la démocratie (Presses de Sciences Po) et, en 2020, Quel avenir pour les maires ? (Paris, La Documentation française).

  • Très populaire dans l'opinion, la forêt française est aujourd'hui objet de nombreuses inquiétudes. Si elle est en réalité beaucoup plus présente sur notre territoire qu'au début du XXe siècle, elle n'en demeure pas moins soumise à une attention nouvelle qui rend sa gestion politique difficile à l'heure du réchauffement climatique et du changement de regard sur la Nature. La crise traversée par l'Office National des Forêts (ONF) et les difficultés de l'État a définir une vision de notre avenir forestier sont les symptômes d'une forme d'incapacité de notre temps à penser le temps long, nécessaire au soin de la Nature. Pourtant, le défi climatique du XXIe siècle impose une révision de notre regard collectif sur la forêt qui redevient un enjeu de première importance dans notre société.

    Docteur en droit, historien du droit, Daniel Perron étudie depuis vingt ans les politiques rurales et forestières. Devenu en 2014 chef de la prospective de l'ONF après avoir été conseiller du ministre de l'Agroalimentaire, il est sans doute l'un des plus fins connaisseurs des enjeux de la forêt française.

  • Faciliter les ruptures amoureuses au moyen d'un médicament qui estomperait le sentiment d'attachement, jugé néfaste et «addictif». Neutraliser chimiquement nos tendances les plus agressives dans le but de pacifier les relations humaines. Réduire génétiquement la taille des êtres humains afin de limiter notre empreinte écologique sur Terre. Et, ultimement, repousser les frontières de la mort jusqu'à ce que celle-ci ne soit plus une fatalité, mais bien un choix indivi­duel. Le continent des promesses transhumanistes semble sans limi­tes et suscite autant de fascination que d'effroi.

    Mouvement prônant une amélioration radicale de nos performances physiques, intellectuelles et émotionnelles grâce aux avancées technoscientifiques et biomédicales, le transhumanisme et l'idé­o­lo­gie de l'humain augmenté gagnent de plus en plus en notoriété. Or, le sensationnalisme futuriste de ses thèses nous empêche de bien réfléchir à leur réalité scientifique, à leur rôle économique et à leur sens politique. En resituant le débat sur le terrain du politique, Nicolas Le Dévédec montre avec clarté que ce mouvement n'est en rien révolutionnaire: changer l'être humain pour mieux ne pas changer notre modèle de société constitue son ressort politique profond.

    Adhérant à l'horizon productiviste de notre temps, le transhu­manisme est indissociable du néolibéralisme et de l'appropriation capitaliste toujours plus poussée de nos corps et de nos vies, comme en témoigne l'intériorisation des normes de performance individuelle calquées sur le modèle de l'entreprise. Cristallisant l'imaginaire de la maîtrise de la nature, le mouvement contribue éga­lement à entre­tenir un rapport au monde, à l'humain et au vivant profondément dévastateur. À l'ère de l'Anthropocène, il est temps de reconquérir notre autonomie politique et de formuler une véritable «éco­logie politique de la vie et du vivant».

  • Ces huit essais inédits de Martin Buber témoignent de la permanence de la réflexion politique chez ce penseur du judaïsme. Proche de Gustav Landauer, Buber a su associer une réflexion profondément ancrée dans la spiritualité à un attachement jamais démenti envers la pensée anarchiste sous ses formes les plus variées. Ce volume en témoigne, où la question n'est pas tant celle du 'socialisme', que celle des pratiques de la politique qui ont pu nourrir une réflexion sur la question des utopies réalisables. Qu'il s'agisse de la non-violence, prônée par Ghandi, ou de la désobéissance civile théorisée par Thoreau, Martin Buber tresse autour de l'idée d'un principe politique non dogmatique les fils multiples d'une action alternative en vue d'un nation sans État autour de l'idée de communauté.

    Martin Buber (Vienne 1878-Jérusalem 1965) a enseigné à l'université de Francfort, avant de quitter l'Allemagne pour Jérusalem en 1938, pour les raisons que l'on sait. Il rejoint alors un groupe d'amis qui oeuvraient en Palestine mandataire au sein de mouvements prônant la solution d'une terre pour deux peuples. On peut lire lui en français Utopie et socialisme (1952), ou la biographie: Martin Buber, sentinelle de l'Humanité, par Dominique Bourel. À L'éclat on peut lire: Communauté, paru en 2018.

  • Repenser les choix nucléaires Nouv.

    À en croire les propos du président de la République et de nos diplomates, la politique de défense nucléaire française ne fait pas débat. Le choix est fait : celui d'un monde désormais structuré par la prolifération nucléaire. Ce choix repose sur trois composantes : validité de la politique de dissuasion, absence de risque grâce à un contrôle adéquat de notre arsenal, responsabilité morale et politique sans faille du chef de l'Etat, habilité à déclencher le feu nucléaire. En démocratie, est-il acceptable que ce choix ne soit pas questionné ?Benoît Pelopidas montre la fragilité de ces présupposés et ouvre ainsi le choix des possibles.

    Benoît Pelopidas est titulaire de la chaire d'excellence en études de sécurité de Sciences Po (Centre de recherches internationales, CERI) et chercheur affilié au Center for International Security and Cooperation (CISAC) de l'Université Stanford.

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