La Gibecière à Mots

  • Jules Verne (1828-1905)


    "L'année 1866 fut marquée par un événement bizarre, un phénomène inexpliqué et inexplicable que personne n'a sans doute oublié. Sans parler des rumeurs qui agitaient les populations des ports et surexcitaient l'esprit public à l'intérieur des continents, les gens de mer furent particulièrement émus. Les négociants, armateurs, capitaines de navires, skippers et masters de l'Europe et de l'Amérique, officiers des marines militaires de tous pays, et, après eux, les gouvernements des divers Etats des deux continents, se préoccupèrent de ce fait au plus haut point.


    En effet, depuis quelque temps, plusieurs navires s'étaient rencontrés sur mer avec « une chose énorme, » un objet long, fusiforme, parfois phosphorescent, infiniment plus vaste et plus rapide qu'une baleine."


    Un monstre marin terrifie les mers et est responsable de plusieurs naufrages. Pierre Aronnax, professeur au Musée national de science naturelle, est convié à une expédition à la recherche du Monstre. Mais lors d'un affrontement avec la bête, Pierre Aronnax est projeté par-dessus bord...


    Roman d'anticipation par excellence dans lequel Jules Verne imagine ce que deviendront dans le futur les découvertes de son époque, c'est aussi un véritable cours de géographie maritime et d'océanographie.



  • Jules Verne (1828-1905)




    "En l'année 1872, la maison portant le numéro 7 de Saville-row, Burlington Gardens - maison dans laquelle Sheridan mourut en 1814 -, était habitée par Phileas Fogg, esq., l'un des membres les plus singuliers et les plus remarqués du Reform-Club de Londres, bien qu'il semblât prendre à tâche de ne rien faire qui pût attirer l'attention."




    Philéas Fogg réussira-t-il ce pari fou et onéreux de faire le tour du monde en 80 jours ? La révolution des transports, à l'époque, rend ce voyage possible ; mais de la théorie à la pratique, il y a un grand pas ! Philéas Fogg et son valet Passepartout devront faire face aux retards sur les horaires, les embûches, et... l'inspecteur Fix !

  • Jules Verne (1828-1905)


    "Le 24 mai 1863, un dimanche, mon oncle, le professeur Lidenbrock, revint précipitamment vers sa petite maison située au numéro 19 de Knigstrasse, l'une des plus anciennes rues du vieux quartier de Hambourg.


    La bonne Marthe dut se croire fort en retard, car le dîner commençait à peine à chanter sur le fourneau de la cuisine..."


    Le professeur Lidenbrock, après avoir, par hasard, découvert un vieux manuscrit, n'a de cesse qu'il soit parvenu au centre de la Terre sur les traces d'Arne Saknussemm l'auteur du cryptogramme du manuscrit. Accompagné de son neveu Axel et d'un guide islandais Hans, il entame un périlleux voyage...


    Toute la maîtrise du récit allié à une imagination puissante font de ce roman l'une des meilleures oeuvres de Jules Verne.

  • Germinal

    Emile Zola

    Emile Zola (1840-1902)


    "Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d'une obscurité et d'une épaisseur d'encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes à Montsou, dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs de betteraves. Devant lui, il ne voyait même pas le sol noir, et il n'avait la sensation de l'immense horizon plat que par les souffles du vent de mars, des rafales larges comme sur une mer, glacées d'avoir balayé des lieues de marais et de terres nues. Aucune ombre d'arbre ne tachait le ciel, le pavé se déroulait avec la rectitude d'une jetée, au milieu de l'embrun aveuglant des ténèbres."


    Etienne Lantier arrive dans le nord de la France, le pays des mineurs, des "gueules noires". Il est embauché aux mines de Montsou : il fait vite connaissance avec l'enfer.


    "Germinal", en décrivant la vie des mineurs, leur misère, leur exploitation par les patrons, est un véritable roman politique abordant la lutte des classes...


  • Gustave Flaubert (1821-1880)



    "Nous étions à l'Etude, quand le proviseur entra, suivi d'un nouveau habillé en bourgeois et d'un garçon de classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans son travail..."




    Emma Bovary, mariée à Charles - médecin de campagne plutôt médiocre -, s'ennuie. Elle rêve d'une vie mondaine, d'une vie luxueuse , d'une vie amoureuse comme dans les romances sentimentales qu'elle lisait, adolescente, au couvent...




    Emma Bovary est à l'origine du "bovarisme" considéré comme un trouble de la personnalité dont souffrent parfois les personnes insatisfaites... peut-être le spleen de Baudelaire ?

  • Victor Hugo (1802-1885)
    On ne saura pas son nom... on ne saura pas pourquoi il est condamné à mort... La seule chose que le lecteur saura : cet homme a rendez-vous avec la guillotine.
    Ce sont ses dernières pensées qu'il nous livre dans ce journal.
    Victor Hugo a publié cette "plaidoirie générale et permanente pour tous les accusés", anonymement, en 1829. Le livre fut mal compris. L'auteur fut même accusé d'être morbide et "d'horreur gratuite".
    Très vite l'identité de l'auteur fut connue.

  • Mrs Dalloway

    Virginia Woolf

    Virginia Woolf (1892-1941)





    "Mrs Dalloway dit qu'elle irait acheter les fleurs elle-même.



    Lucy avait de l'ouvrage par-dessus la tête. On enlèverait les portes de leurs gonds ; les hommes de Rumpelmayer allaient venir. « Quel matin frais ! pensait Clarissa Dalloway. On dirait qu'on l'a commandé pour des enfants sur une plage. »


    Comme on se grise ! comme on plonge ! C'était ainsi jadis à Bourton, lorsque, avec un petit grincement des gonds qu'il lui semblait encore entendre, elle ouvrait toutes grandes les portes-fenêtres et se plongeait dans le plein air. Il était frais, calme et plus tranquille encore que celui-ci, l'air de Bourton au premier matin ; le battement d'une vague, le baiser d'une vague, pur, vif, et même - elle n'avait alors que dix-huit ans - solennel ; debout devant la fenêtre ouverte, elle sentait que quelque chose de merveilleux allait venir ; elle regardait les fleurs, les arbres où la fumée jouait, et les corneilles s'élevant, puis retombant..."


    Récit d'une journée d'une Londonienne, Clarissa Dalloway, après la première guerre mondiale. Elle prépare une réception et se pose des questions existentielles : a-t-elle fait le bon choix en se mariant avec Richard ? n'aurait-elle pas dû épouser Peter ? Le retour de Peter à Londres va la replonger dans des anciens souvenirs.


    Virginia Woolf nous fait naviguer entre le superficiel et la conscience en dédoublant son héroïne : Mrs Dalloway la femme publique et Clarissa, la femme intérieure.


    Roman publié en 1925.

  • Alain-Fournier (1886-1914)


    "Il arriva chez nous un dimanche de novembre 189..


    Je continue à dire « chez nous », bien que la maison ne nous appartienne plus. Nous avons quitté le pays depuis bientôt quinze ans et nous n'y reviendrons certainement jamais.


    Nous habitions les bâtiments du Cours Supérieur de Sainte-Agathe. Mon père, que j'appelais M. Seurel, comme les autres élèves, y dirigeait à la fois le Cours Supérieur, où l'on préparait le brevet d'instituteur, et le Cours Moyen. Ma mère faisait la petite classe."


    Augustin Meaulnes tombe amoureux d'une mystérieuse Yvonne qu'il a rencontré, par hasard, lors d'une étrange fête. Le malheur est qu'il ne sait pas où se trouve le domaine où s'est passée cette féerie. Avec la complicité de François, le narrateur, il part à la recherche de cet amour perdu...


    Une véritable quête du Graal.

  • Honoré de Balzac (1799-1850)
    "Madame Vauquer, née de Conflans, est une vieille femme qui, depuis quarante ans, tient à Paris une pension bourgeoise établie rue Neuve-Sainte-Geneviève, entre le quartier latin et le faubourg Saint-Marcel..."
    "Le père Goriot est la première histoire d'une trilogie tournant autour du bagnard Vautrin. Les deux autres titres sont : "Illusions perdues" et "Splendeurs et misères des courtisanes".
    Eugène de Rastignac, étudiant noble mais désargenté, est prêt à tout pour réussir dans la haute société. Son destin va croiser le père Goriot dont les deux filles semblent bien installées dans cette société parisienne.

  • Honoré de Balzac (1799-1850)


    "Il se trouve dans certaines provinces des maisons dont la vue inspire une mélancolie égale à celle que provoquent les cloîtres les plus sombres, les landes les plus ternes ou les ruines les plus tristes. Peut-être y a-t-il à la fois dans ces maisons et le silence du cloître et l'aridité des landes, et les ossements des ruines. La vie et le mouvement y sont si tranquilles qu'un étranger les croirait inhabitées, s'il ne rencontrait tout à coup le regard pâle et froid d'une personne immobile dont la figure à demi monastique dépasse l'appui de la croisée, au bruit d'un pas inconnu."


    Félix Grandet, ancien tonnelier et ancien maire, a fait fortune grâce à un bon sens des affaires et à son avarice. Sa fille Eugénie, considérée comme le meilleur parti de Saumur, est courtisée par deux jeunes notables.


    A Paris, le frère de M. Grandet se suicide suite à une faillite... Ainsi arrive au domicile des "Grandet de Saumur" le cousin Charles...


    Au royaume de l'avarice, l'amour n'est pas roi !

  • Honoré de Balzac (1799-1850)

    "À l'époque où commence cette histoire, la presse de Stanhope et les rouleaux à distribuer l'encre ne fonctionnaient pas encore dans les petites imprimeries de province. Malgré la spécialité qui la met en rapport avec la typographie parisienne, Angoulême se servait toujours des presses en bois, auxquelles la langue est redevable du mot faire gémir la presse, maintenant sans application. L'imprimerie arriérée y employait encore les balles en cuir frottées d'encre, avec lesquelles l'un des pressiers tamponnait les caractères. Le plateau mobile où se place la forme pleine de lettres sur laquelle s'applique la feuille de papier était encore en pierre et justifiait son nom de marbre. Les dévorantes presses mécaniques ont aujourd'hui si bien fait oublier ce mécanisme, auquel nous devons, malgré ses imperfections, les beaux livres des Elzevier, des Plantin, des Alde et des Didot, qu'il est nécessaire de mentionner les vieux outils auxquels Jérôme-Nicolas Séchard portait une superstitieuse affection ; car ils jouent leur rôle dans cette grande petite histoire.
    Ce Séchard était un ancien compagnon pressier, que dans leur argot typographique les ouvriers chargés d'assembler les lettres appellent un ours. Le mouvement de va-et-vient, qui ressemble assez à celui d'un ours en cage, par lequel les pressiers se portent de l'encrier à la presse et de la presse à l'encrier, leur a sans doute valu ce sobriquet. En revanche, les ours ont nommé les compositeurs des singes, à cause du continuel exercice qu'ils font pour attraper les lettres dans les cent cinquante-deux petites cases où elles sont contenues."

    Sous la Restauration, Lucien de Rubempré a un certain succès littéraire à Angoulême. Pour divers raisons, il décide de monter à la capitale où il pense trouver la gloire et la fortune. Mais Paris n'est pas Angoulême... ses échecs mettent sa mère, sa soeur et son beau-frère, dans le désespoir et l'embarras financier...

  • Une vie

    Guy de Maupassant

    Guy de Maupassant (1850-1893)





    "Jeanne, ayant fini ses malles, s'approcha de la fenêtre, mais la pluie ne cessait pas.


    L'averse, toute la nuit, avait sonné contre les carreaux et les toits. Le ciel bas et chargé d'eau semblait crevé, se vidant sur la terre, la délayant en bouillie, la fondant comme du sucre. Des rafales passaient pleines d'une chaleur lourde. Le ronflement des ruisseaux débordés emplissait les rues désertes où les maisons, comme des éponges, buvaient l'humidité qui pénétrait au dedans et faisait suer les murs de la cave au grenier."





    Jeanne, fille unique du baron Le Perthuis des Vauds, quitte le couvent où elle a reçu une bonne éducation ; elle retourne vivre au château des Peuples aux côtés de ses parents. Commence pour elle une vie charmante et libre. Elle fait connaissance du vicomte Julien de Lamare qu'elle épouse... c'est le début des désillusions.





    Premier roman de Guy de Maupassant.

  • Jules Verne (1829-1905)





    "Sire, une nouvelle dépêche.


    - D'où vient-elle ?


    - De Tomsk.


    - Le fil est coupé au delà de cette ville ?


    - Il est coupé depuis hier.


    - D'heure en heure, général, fais passer un télégramme à Tomsk, et que l'on me tienne au courant.


    - Oui, sire," répondit le général Kissoff.


    Ces paroles étaient échangées à deux heures du matin, au moment où la fête, donnée au Palais-Neuf, était dans toute sa magnificence."





    La Sibérie est la victime d'envahisseurs tartares. Les liaisons télégraphiques entre la celle-ci et la Russie sont coupées... Le tsar Pierre II décide d'envoyer un "courrier" à son frère, gouverneur d'Irkoutsk, dont il est sans nouvelles. Le courrier désigné est Michel Strogoff. Il devra traverser incognito plus de 5000 km et braver tous les danger...

  • Gustave Flaubert (1821-1880)


    "Le 15 septembre 1840, vers six heures du matin, la Ville-de-Montereau, près de partir, fumait à gros tourbillons devant le quai Saint-Bernard.



    Des gens arrivaient hors d'haleine ; des barriques, des câbles, des corbeilles de linge gênaient la circulation ; les matelots ne répondaient à personne ; on se heurtait ; les colis montaient entre les deux tambours, et le tapage s'absorbait dans le bruissement de la vapeur, qui, s'échappant par des plaques de tôle, enveloppait tout d'une nuée blanchâtre, tandis que la cloche, à l'avant, tintait sans discontinuer..."




    Frédéric Moreau, un jeune homme de 18 ans, arrive à la capitale avec un diplôme de bachelier en poche. Il tombe amoureux de Mme Arnoux...




    "L'éducation sentimentale" se déroule de 1840 à 1867, 27 ans pendant lesquels la vie se charge des illusions et des rêves de toute une jeunesse.




    Frédéric se décidera-t-il dans ses choix ?


  • Madame de la Fayette (1634-1693)


    "La magnificence et la galanterie n'ont jamais paru en France avec tant d'éclat que dans les dernières années du règne de Henri second..."

    Marie-Madeleine Pioche de la Vergne, comtesse de la Fayette, n'a peut-être pas écrit seule, la « princesse de Clèves » mais c'est bien elle qui en eut l'idée et qui en fut l'architecte. Ce roman fut d'ailleurs publié une première fois en 1678 anonymement.

    Madame de la Fayette nous parle de la passion amoureuse, l'asservissement amoureux mais aussi du jeu de l'amour et cela dans une cour où tout ne paraît que divertissement.

  • Emile Zola (1840-1902)


    "Denise était venue à pied de la gare Saint-Lazare, où un train de Cherbourg l'avait débarquée avec ses deux frères, après une nuit passée sur la dure banquette d'un wagon de troisième classe. Elle tenait par la main Pépé, et Jean la suivait, tous les trois brisés du voyage, effarés et perdus au milieu du vaste Paris, le nez levé sur les maisons, demandant à chaque carrefour la rue de la Michodière, dans laquelle leur oncle Baudu demeurait. Mais, comme elle débouchait enfin sur la place Gaillon, la jeune fille s'arrêta net de surprise.


    - Oh ! dit-elle, regarde un peu, Jean !


    Et ils restèrent plantés, serrés les uns contre les autres, tout en noir, achevant les vieux vêtements du deuil de leur père. Elle, chétive pour ses vingt ans, l'air pauvre, portait un léger paquet ; tandis que, de l'autre côté, le petit frère, âgé de cinq ans, se pendait à son bras, et que, derrière son épaule, le grand frère, dont les seize ans superbes florissaient, était debout, les mains ballantes.


    - Ah bien ! reprit-elle après un silence, en voilà un magasin !"


    1864 : Lorsque Denise arrive à Paris, suivie de ses deux jeunes frères, pour travailler chez son oncle, elle est fascinée par le grand magasin "Au bonheur des dames". Selon elle, il représente l'avenir et décide d'y travailler.


    Octave Mouret, le patron du magasin, est un innovateur qui a compris les femmes et leur offre un véritable paradis où elles trouvent tout ce qu'elles ont besoin ou croient avoir besoin, à grand coups de charme et de publicité ! Mouret invente la "société de consommation".


    Mais la puissance et la réussite du grand magasin "Au bonheur des dames" concurrencent et tuent les petits commerces du quartier, comme celui de l'oncle de Denise.


    "Au bonheur des dames" : Un roman qui n'a pas pris une ride et qui aurait pu être écrit de nos jours.

  • Charlotte Brontë (1816-1855)

    "Il était impossible de se promener ce jour-là. Le matin, nous avions erré pendant une heure dans le bosquet dépouillé de feuilles ; mais, depuis le dîner (quand il n'y avait personne, Mme Reed dînait de bonne heure), le vent glacé d'hiver avait amené avec lui des nuages si sombres et une pluie si pénétrante, qu'on ne pouvait songer à aucune excursion.
    J'en étais contente. Je n'ai jamais aimé les longues promenades, surtout par le froid, et c'était une chose douloureuse pour moi que de revenir à la nuit, les pieds et les mains gelés, le coeur attristé par les réprimandes de Bessie, la bonne d'enfants, et l'esprit humilié par la conscience de mon infériorité physique vis-à-vis d'Eliza, de John et de Georgiana Reed.
    Eliza, John et Georgiana étaient groupés dans le salon auprès de leur mère ; celle-ci, étendue sur un sofa au coin du feu, et entourée de ses préférés, qui pour le moment ne se disputaient ni ne pleuraient, semblait parfaitement heureuse. Elle m'avait défendu de me joindre à leur groupe, en me disant qu'elle regrettait la nécessité où elle se trouvait de me tenir ainsi éloignée, mais que, jusqu'au moment où Bessie témoignerait de mes efforts pour me donner un caractère plus sociable et plus enfantin, des manières plus attrayantes, quelque chose de plus radieux, de plus ouvert et de plus naturel, elle ne pourrait pas m'accorder les mêmes privilèges qu'aux petits enfants joyeux et satisfaits.
    « Qu'est-ce que Bessie a encore rapporté sur moi ? demandai-je.
    - Jane, je n'aime pas qu'on me questionne ! D'ailleurs, il est mal à une enfant de traiter ainsi ses supérieurs. Asseyez-vous quelque part et restez en repos jusqu'au moment où vous pourrez parler raisonnablement. »

    Jane est orpheline ; elle est recueillie par sa tante qui ne l'aime pas et la maltraite. Son cousin et ses cousines n'ont guère plus de sentiments pour elle. Pour s'en débarrasser, sa tante l'envoie en pension. Jane sera-t-elle plus heureuse ?

  • Candide

    Voltaire

    Voltaire (1694-1778)


    "

    Il y avait en Westphalie, dans le château de M. le baron de Thunder-ten-tronckh, un jeune garçon à qui la nature avait donné les moeurs les plus douces. Sa physionomie annonçait son Ame..."




    Candide est un conte philosophie dans lequel les lecteurs suivent les aventures - ou plutôt les mésaventures de Candide et de ses amis, lors de leurs voyages forcés.




    "Tout est au mieux dans le meilleur des mondes..." enseigne Pangloss ; a-t-il raison ou est-ce l'indécrottable pessimiste Martin qui a raison quand il prétend que la vie est au mieux supportable ? A moins qu'il existe un juste milieux comme le pense Candide...




    "Candide" fut le plus grand succès de Voltaire.

  • L'assommoir

    Emile Zola

    Emile Zola (1840-1902)





    "Gervaise avait attendu Lantier jusqu'à deux heures du matin. Puis, toute frissonnante d'être restée en camisole à l'air vif de la fenêtre, elle s'était assoupie, jetée en travers du lit, fiévreuse, les joues trempées de larmes. Depuis huit jours, au sortir du Veau à deux têtes, où ils mangeaient, il l'envoyait se coucher avec les enfants et ne reparaissait que tard dans la nuit, en racontant qu'il cherchait du travail. Ce soir-là, pendant qu'elle guettait son retour, elle croyait l'avoir vu entrer au bal du Grand-Balcon, dont les dix fenêtres flambantes éclairaient d'une nappe d'incendie la coulée noire des boulevards extérieurs ; et, derrière lui, elle avait aperçu la petite Adèle, une brunisseuse qui dînait à leur restaurant, marchant à cinq ou six pas, les mains ballantes, comme si elle venait de lui quitter le bras pour ne pas passer ensemble sous la clarté crue des globes de la porte..."


    Gervaise vit avec son amant Auguste Lantier et leurs deux fils. Mais Lantier abandonne le foyer conjugual. Gervaise finit par épouser un ouvrier zingueur : Coupeau. Travailleurs tous les deux, ils économisent pour acheter une boutique à Gervaise. Mais Coupeau tombe d'un toit et sa convalescence est longue. Désoeuvré et aigri, il se met à boire...


    A travers la décadence de Gervaise et Coupeau, Emile Zola nous dépeint les ravages de l'alcool parmi la classe ouvrière au XIXe siècle, à Paris. Fatalité ?

  • Un vieil homme miséreux se présente chez un avoué. Il s'appelle Chabert, le colonel Hyacinthe Chabert. Il désire faire valoir tous ses droits.
    Le problème du colonel Chabert est qu'il est mort à la bataille d'Eylau, quelques années aupravant. Alors, est-il un imposteur ou un héros enterré trop vite ? Retrouvera-t-il son identité, ses richesses et son épouse mariée depuis avec le comte Ferraud ?
    Malheureusement pour lui, l'Empire a été enterré, avec tous ses héros, et bien des personnes aimereraient enterrer de nouveau l'infortuné colonel.

  • Nana

    Emile Zola

    Emile Zola (1840-1902)


    "A neuf heures, la salle du théâtre des Variétés était encore vide. Quelques personnes, au balcon et à l'orchestre, attendaient, perdues parmi les fauteuils de velours grenat, dans le petit jour du lustre à demi-feux. Une ombre noyait la grande tache rouge du rideau ; et pas un bruit ne venait de la scène, la rampe éteinte, les pupitres des musiciens débandés. En haut seulement, à la troisième galerie, autour de la rotonde du plafond où des femmes et des enfants nus prenaient leur volée dans un ciel verdi par le gaz, des appels et des rires sortaient d'un brouhaha continu de voix, des têtes coiffées de bonnets et de casquettes s'étageaient sous les larges baies rondes, encadrées d'or. Par moments, une ouvreuse se montrait, affairée, des coupons à la main, poussant devant elle un monsieur et une dame qui s'asseyaient, l'homme en habit, la femme mince et cambrée, promenant un lent regard."





    L'histoire commence en 1868. Nana, la fille de Gervaise Lantier (personnage principal de "L'assommoir"), fait ses débuts en tant qu'actrice au Théâtre des Variétés, dans le rôle de Vénus : début remarqué par le Tout-Paris, non pour ses compétences artistiques mais pour son costume très déshabillé et ses déhanchements... Grâce à cette interprétation de Vénus, Nana devient une courtisane en vue pour laquelle certains se suicideront, voleront...


    "Nana" est le neuvième roman de la série des Rougon-Macquart.


  • Jules Verne (1828-1905)


    "Pendant la guerre fédérale des Etats-Unis, un nouveau club très influent s'établit dans la ville de Baltimore, en plein Maryland. On sait avec quelle énergie l'instinct militaire se développa chez ce peuple d'armateurs, de marchands et de mécaniciens..."


    La guerre de sécession est terminée. Les bouillants membres du "Gun Club", association de créateurs de canons et de boulets, s'ennuient. Aussi leur président, Barbicane, décide d'envoyer un boulet sur la Lune...


    "De la Terre à la Lune", paru en 1865, est devenu une référence de la science-fiction.


    Jules Verne, quatre ans plus tard écrivit une suite : "Autour de la Lune".

  • Le Horla

    Guy De Maupassant

    Guy de Maupassant (1850-1893)
    "Je deviens fou. On a encore bu toute ma carafe cette nuit."
    "Le horla" est le journal d'un homme dans lequel il raconte les phénomènes bizarres qui semblent envahir soudainement sa vie. Devient-il fou ou est-il vraiment la proie d'une entité ?
    Cette nouvelle est suivie de 15 autres nouvelles dont la première version du "horla" :
    "Amour" - "Le trou" - Sauvée" - "Clochette" - "Le marquis de Fumerol" - "Le signe" - "Le diable" - "Les rois" - "Au bois" - "Une famille" - "Joseph" - "L'auberge" - "Le vagabond" - "Le voyage du horla" - "Un fou ?" - "Le horla" (première version).


  • Guy de Maupassant (1850-1893)


    "Mais il existait dans la maison une vieille coutume, appelée le conte de la bécasse..."


    Guy de Maupassant nous offre un recueil de 17 histoires liées à la Normandie et aux Normands ; elles sont censées être racontées par des chasseurs lors de la "cérémonie de la bécasse" chez le baron des Ravots...


    Recueil publié en 1883.

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