SKA

  • 813

    Maurice Leblanc



    Une aventure parmi les plus noires des péripéties lupinesques... Notre héros y commettra un crime... découvrira l'énigme du chiffre 813... et sauvera la patrie...

    Le nom du célèbre aventurier sembla faire sur M. Kesselbach la meilleure impression. Lupin ne manqua pas de le remarquer et s'écria :
    - Ah ! ah ! cher monsieur, vous respirez ! Arsène Lupin est un cambrioleur délicat, le sang lui répugne, il n'a jamais commis d'autre crime que de s'approprier le bien d'autrui une peccadille, quoi ! et vous vous dites qu'il ne va pas se charger la conscience d'un assassinat inutile. D'accord... Mais votre suppression sera-t-elle inutile ? Tout est là. En ce moment, je vous jure que je ne rigole pas. Allons-y, camarade.
    Il rapprocha sa chaise du fauteuil, relâcha le bâillon de son prisonnier,...

    On ne présente plus Maurice Leblanc, on ne le vante plus non plus. Il est l'un des auteurs monument de la littérature policière française. Hormis les détails et le contexte qui révèlent une époque révolue évidemment, le style narratif reste d'une grande modernité. Méconnu, 813 est certainement le roman de Leblanc le plus caractéristique de la saga lupinienne. (Préface de Michel Bussi)

  • L'affaire Lerouge

    Emile Gaboriau

    • Ska
    • 1 Juillet 2018


    Dans l'histoire littéraire, voici le premier roman - dit policier... indispensable à votre culture livresque...

    Ceux qui avaient parlé de crime ne s'étaient malheureusement pas trompés, le commissaire de police en fut convaincu dès le seuil. Tout, dans la première pièce, dénonçait avec une lugubre éloquence la présence des malfaiteurs. Les meubles, une commode et deux grands bahuts, étaient forcés et défoncés. Dans la seconde pièce, qui servait de chambre à coucher, le désordre était plus grand encore. C'était à croire qu'une main furieuse avait pris plaisir à tout bouleverser. » Emile Gaboriau est le premier à créer la figure romanesque du policier enquêteur qui aura, comme on le sait, une descendance féconde.
    Il faut évoquer le plaisir qu'on a à relire ce classique du roman policier, au-delà de la résolution de l'affaire elle-même. L'Affaire Lerouge, et les autres livres de Gaboriau, héritiers des romans populaires, ce sont des digressions, des chemins de traverse, des péripéties compliquées, l'exploration du passé des protagonistes, l'explication des motifs du crime et du modus operandi. Cela possède un charme véritable, qui faisait les délices d'André Gide, grand amateur de polar, comme Cocteau ou Mac Orlan. » (extrait de la préface d'Hervé Delouche)

  • Sidéral

    Antoine Blocier

    • Ska
    • 1 Avril 2021

    Ce qui n'est pas encore « réel » est néanmoins planifié, voire plausible à brève échéance... Une enquête criminelle sidérante...

    Dans un futur très proche, notre vieille planète usée par des décennies d'exploitation sans vergogne, de pollutions gigantesques, d'épidémies hors de contrôle, de famines aux millions de victimes, de terrorismes aveugles et une guerre économique sans merci est devenue invivable. Certains cherchent comment fuir vers un astre plus accueillant, d'autres croient encore possible d'y faire cohabiter huit milliards d'individus. Ultime tentative de réconcilier l'Homme avec l'Humain, la mission Rencontre est envoyée dans la Nouvelle Station Spatiale. Or, deux morts suspectes à bord de ce fleuron de la technologie internationale vont envenimer la situation.

    Ancien de Scotland Yard, reconverti en auteur à succès, Eliott Purcell va mener l'enquête, quatre cent quinze kilomètres plus bas. Une investigation sous tension internationale, où la rapacité du capitalisme mondialisé et les expérimentations transhumanistes seront de rudes adversaires. S'il faut un jour quitter la planète, qui en aura la possibilité ? Si les cerveaux sont numérisés pour voyager dans l'espace sur de longues durées, qui sera légitime pour les reconnecter ? Si une exoplanète est à portée d'imagination, sera-t-elle gérée selon les principes libertariens, discrètement à la manoeuvre dans le projet Rencontre ?




    Antoine Blocier signe ici un roman inclassable. À la fois polar, anticipation, réflexion philosophique, plaidoyer pour un autre monde, cette histoire très documentée s'appuie sur des faits de société, des travaux scientifiques en cours, dont certains semi-clandestins. Sauvons la planète ou quittons-la ?

  • Le Monde est un bousillage

    Jose Noce

    • Ska
    • 27 Juin 2020

    Les troubles d'un ex prof plongé dans une paranoïa éblouie sous le soleil d'Italie. Une villégiature riche et débilitante à la fois, un roman original arrosé au limoncello et baigné du bruit des cigales...


    [...] Pensez, se souriait-il en haussant involontairement les épaules, il fallait, entre autre, qu'il la rencontre, elle, et dans la plus grande discrétion, cette magnifique pute de luxe, si redevable en haut lieu de tant d'intelligentes compassions.
    Il ne put pas s'empêcher de produire un petit rire sarcastique à peine étouffé.

    Eh oui cette bombe humaine était paradoxalement le catalyseur indispensable de l'histoire, une effigie vivante du raffinement libidinal.
    En définitive, se marmonnait-il de plus en plus grassement, elle n'a pratiquement rien su cette diablesse. Elle avait le feu vert sommital c'est tout. Et comme lui, le compagnero, elle avait circonstanciellement carte blanche.
    Elle serait la « chèvre-émissaire », ça l'avait fait sourire l'expression, le temps d'une séduction éclair.
    Il fallait vite charmer, dévoiler...
    Elle, elle avait dit avec un petit accent de l'Est qu'elle allait : « Dessiner avec son corps des courbes asymptotiques », c'était exactement ses termes. Asymptotiques, putain !
    Maintenant qu'il y pensait, il lui apparut qu'elle était sans aucun doute possible du type péripatéticienne, mais très cultivée, en tout cas beaucoup plus que ce qu'il en avait pu imaginer au premier contact...
    Elle avait même rajouté avec une moue enfantine : « Autour d'une érection concupiscente de macho gras »...
    Dingue !


    Un beau jour sur une petite île, un type est débarqué d'un hélico avec une oreille en moins, et un petit trou en plus dans la tempe. Sur le point de trépasser, on le ranime avec toutes sortes de petits cailloux blancs aiguisés comme les dents des requins du même métal. Doucement, avec plus ou moins de tact, on ressuscite sa surprenante réalité. Entre flashback émoussés et thérapies de pointe, notre homme, ex professeur de lettres, va revivre, dans tous les sens du terme, le parcours de son existence rocambolesque. Aussi le voyage autour du monde de ce drôle de zigoto est-il à cataloguer dans le registre : pertes et fracas...
    Après Villa confusione, José Noce nous entraîne à nouveau dans son imaginaire frappadingue. Il a emprunté son titre à Nietzsche. À lire, à l'ombre des pins, un limoncello à portée de gosier... Que du bonheur !

  • Amin's blues

    Max Obione


    Le destin tragique d'Amin qui aurait tant voulu tuer son idole du blues pour conjurer son sort.


    D'ordinaire, le vieux Lodge ne tenait pas trois rounds d'affilée depuis cinq ans, au moins ; normalement, c'était du tout cuit, presque du un contre un, virgule quelque chose, un rapport de misère, quelques cents à gagner qui donneraient à tous ces gagne-petit le sentiment qu'ils n'avaient pas gâché leur soirée. Mais perdre leur misérable mise, à cause de ce sale fils de pute de négro...
    - Tu les entends, dis ? Tu les entends, ces bâtards ! T'es mort, t'es déjà mort !
    Chow avait les foies. L'atmosphère devenait émeutière, les canettes volaient et ricochaient sur la toile du chapiteau.

    Voici le premier roman « américain » de Max Obione. Le fatum tragique est à l'oeuvre comme dans tout bon roman noir. Ça sent la sueur, la pourriture des marais, on entend le lourd blues du Delta. Un roman qui cogne, plus que noir, « blark » : black and dark.

  • Noire Côte Vermeille

    Gildas Girodeau

    • Ska
    • 27 Juin 2020

    Paul Feder, menant jusque-là une existence confortable, se transforme en marin marginal quand il se retrouve plongé dans une aventure tragique au rythme soutenu. Incapable de rester à quai lorsque rodent l'injustice et le danger, Feder, le catalan, s'entoure d'une bande chaleureuse et solide prête à tout risquer à ses côtés.





    Il faisait un vrai temps d'hiver dans le midi. Le vent du nord soufflait en tempête dans un ciel cristallin où aucun nuage ne parvenait plus à s'accrocher. Le petit cimetière était noir de monde. Paul frissonna, il avait oublié les morsures du vent. Le cercueil descendait au bout de ses cordes. Les fossoyeurs avaient du mal car son ami était lourd, lourd comme cette peine qui l'écrasait. C'était cette nuit, dans l'appartement du XIVe arrondissement de Paris où Paul vivait depuis dix ans, un téléphone avait sonné. Au bout du fil il n'avait pas reconnu la voix, tant elle était cassée, rompue. Cette voix venait d'ailleurs, d'un monde de tristesse lointain et monotone qu'il ignorait.
    - Paul ?
    - Oui ... qui est-ce ?
    - Paul, François est mort.





    Paul Feder, vrai de vrai Catalan basé à Paris, aime les femmes, la cuisine et les bons vins. L'amitié et la fidélité sont sa religion. Clairement engagé du côté du coeur, cet humaniste ne supporte pas l'injustice. Sur mer comme sur terre, cette fiction réjouira les amateurs d'aventures. Gildas Girodeau sait écrire comme personne une palpitante fiction instructive, porteuse de valeurs qui au lieu d'alourdir le propos le dynamise avec bonheur. La suite des aventures de Feder viendra bientôt réjouir les lecteurs.
    Noir Côte Vermeille rassemble les deux premières aventures de Paul Feder : Rouge Tragique à Collioure et Malaguanyat. La Suite catalane comprend également Nuclear parano et La Dans des Cafards parus chez Horsain.

  • Erika

    Hafed Benotman

    Le numéro d'écrou « A.Z.A.Z. » fait l'écrivain public en caressant les touches d'Erika...

  • Le cagibi

    Gérard Streiff

    Le Calmar déterre dans les archives du PCF le mobile d'un crime commis dans l'immeuble du parti, place du colonel Fabien


    Le calmar dans les sous-sols de Fabien ?! Que cherche notre décapode ? La cave des bonnes bouteilles du PC ? Ou la salle des archives ? Une histoire d'aujourd'hui où il est question de guerre d'Espagne, de brigades internationales, de taupes brunes chez les rouges et noirs des années trente ; une histoire aussi de pervers, de dérangés des sens, de tordus du cul adeptes du SM. Bref un mélange qui tue. De quoi satisfaire notre mollusque préféré et ses fans !

    Azraël Zirékian, dit le Calmar , est pigiste-détective à son compte, un aiguilleur de destinées manquées, coriace mais tendre, débonnaire mais soupe au lait, curieux comme une fouine. C'est un chaleureux détonateur des temps présents. « Ni poulpe ni pieuvre, calmar à l'oeuvre » , telle est sa devise.

  • Nucléar Parano

    Gildas Girodeau

    • Ska
    • 30 Septembre 2020

    À Port-Vendres, le meurtre d'une scientifique travaillant pour un laboratoire d'océanologie entraine Paul Feder dans les couloirs du lobby nucléaire... aux radiations sanglantes...
    Il prépara consciencieusement son matériel, vérifiant une fois de plus les noeuds dans le fil nylon, puis, avant de lancer, il s'agenouilla et scruta la mer au pied de la falaise. Dans la faille, juste à gauche, un objet semblait coincé, mais il ne put immédiatement l'identifier car une vague plus grosse l'engloutit. L'écume monta jusqu'à la plateforme puis redescendit. Il regarda à nouveau et retint un juron, c'était un corps, celui d'une femme vêtue d'une robe. D'instinct il regarda autour de lui. Lors de la guerre d'Espagne, Jaume avait quatorze ans quand il s'était engagé dans les troupes de la C.N.T. et, de Guadalajara à Mauthausen, il avait payé le prix fort et savait reconnaître des emmerdements, quand il en croisait sur sa route. Il semblait seul. Rapidement il remballa son matériel et entreprit l'ascension de la falaise. Il fallait foutre le camp au plus vite, ce cadavre pouvait porter la poisse.
    Nucléar Parano est le deuxième tome de la Suite Catalane signée Gildas Girodeau. La série Paul Feder mêle intrigue criminelle et critique sociétale acerbe, le tout très documenté. De quoi ravir les amateurs de purs polars.
    Ceux-ci sont réédités aux éditions du Horsain en version papier pour une nouvelle vie. (distribution Pollen)



  • Une descente vers le Midi, une mauvaise rencontre, et le destin bascule froidement...
    LES JEUNES QUITTENT L'AUTOROUTE à la première occase. Ils progressent sur les départementales en échangeant pétards sur pétards et en sifflant bière sur bière durant les deux cents kilomètres qui les séparent d'Avignon. Seul Yacine ne picole pas. Le prophète s'y oppose. Le père de Yacine et l'imam aussi. Le pétard par contre, on ne sait pas trop. Alors Yacine s'est fabriqué sa ligne de conduite. Un joint de temps en temps, ça lui suffit. Il n'exagère pas, à l'inverse de certains de ces potes à peine plus vieux qui jeûnent durant le mois de ramadan et se torchent tous les samedis soir.
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    Révélé par Croisière jaune et Mistral cinglant, publiés chez Krakoen et réédités chez Jigal, Jérôme Zolma a le regard affûté pour décrire les travers du temps, avec humour parfois.


  • Au temps des équipes régionales, l'équipe nord africaine de cyclisme a fait la légende du Tour de France dans les années 40 et 50. Voici l'histoire d'une évasion, la tête dans le guidon...

    LA PREMIERE CHOSE QUE J'AI FAITE quand on m'a désigné le coin de dortoir qui m'était assigné, sous les toits de la villa Bersigni, c'est de coller une photo sépia d'Abdelkader Zaaf au verso de la porte du vestiaire métallique qui allait me servir d'armoire. Une double page détachée de ses agrafes, au centre d'un ancien Miroir Sprint, où on le voyait, deux boyaux de rechange croisés sur le torse, escalader le col des Usclats, sur les contreforts des Cévennes. Les gars des lits les plus proches avaient échangé un regard ironique avant de décorer leur univers avec le buste généreux de Gina Lollobrigida pioché dans Sensations ou celui plus sage de Grâce Kelly offert par Cinémonde.

    On ne présente plus Didier Daeninckx, auteur de romans noirs à succès et de nombreuses nouvelles. Son dernier recueil a reçu le prix Goncourt de la nouvelle. Cette nouvelle « cycliste » est révélatrice de son talent. Sur fond historique véridique, il bâtit une fiction plus vraie que la réalité. A moins que ce soit l'inverse...


  • Pour cette irascible, « l'enfer c'est les autres », alors elle procède au « nettoyage » des voisins...
    Mes voisins sont odieux.
    Par exemple, je déteste la greluche anorexique du rez-de-jardin avec son air suffisant et ses mines de petite fille à maman. Elle ne sourit jamais, à croire que la sympathie est en option sur les spécimens de pimbêches. Idem pour la modestie. Elle adore faire du bruit avec ses chaussures parce que ça fait dame. Ses talons martèlent sèchement la cour, les couloirs, les escaliers, chaque soir, chaque matin, chaque jour... Sauf le dimanche. Les fins de semaine, Mademoiselle retourne se réfugier dans les jupes maternelles en emportant linge sale et tupperwares. Et comme la vie est dure avec les jeunes femmes actives, citadines et célibataires, elle en profite pour renflouer son porte-monnaie.

    Dans un style alerte où l'humour noir affleure, Frédérique Trigodet nous conte les déboires de nos contemporains empêtrés dans leur vie ordinaire. Une auteure de talent à suivre...



  • Itinéraire violent d'un enfant soldat du Congo perdu dans l'une de nos cités...

    Elle me déteste. Je le vois. Elle me mettrait bien deux claques mais elle a peur. Elle a raison. Je viens d'un pays où je jouais au foot avec des cadavres comme poteaux de but. Ici je passe pour avoir quinze ans. En réalité j'en ai dix-sept. Des femmes comme elle j'en ai violé, tué.
    Pour l'instant je me contente de pourrir sa classe dans laquelle on m'a jeté depuis trois semaines. Je terrorise les filles. Les garçons ne supportent pas de perdre la face.
    PHD nous donne deux nouvelles dans lesquelles on retrouve son style percutant, elliptique, allusif, d'une grande efficacité romanesque. Ses histoires, comme l'alcool fort, brûlent votre intérieur.

  • Lame soeur

    Alain Seyfried

    Une petite lame mince et brillante, aux deux sens du terme...


    Les témoins les plus fidèles, les plus dérangeants et les plus précis ne sont pas toujours ceux qu'on croit, soyez-en sûrs, mes anges !
    Le narrateur de cette histoire est en effet des plus inattendus. Et pourtant, qui mieux que lui peut tout voir, tout ressentir de l'intérieur et vous rapporter fidèlement, méticuleusement, affreusement, le moindre bruit glaçant, le moindre halètement, le moindre giclement !
    Tremblez jusqu'au bout à son récit, et, lorsque vous aurez découvert son identité, tremblez plus encore !


    Alain Seyfried poursuit la saga des Pinon-Valières dans ce troisième opus de Noir de suiTe. Cette fois-ci, il actionne un narrateur au plus près de l'action. Un petit bijou d'humour saignant.

  • L'équarrisseur

    Bernard Vitiello

    Un tueur sadique sème autant la panique que des indices perturbant le cerveau d'un flic brumeux...

    MALGRE DES COSTUMES FLOTTANTS et une paire de groles improbables, il n'avait rien d'un mafieux, Dutch Schultz (gargouillis de bootleggers qu'on égorge) ne l'aurait pas appointé pour cirer ses pompes à boutons. Conrad Rosinski était le privé sans nuage, un enquêteur plan-plan. Il avait adopté un cabot, le fox-terrier espiègle, preuve qu'il y a des limites à l'idée de couple : célibataire endurci, Conrad traînait une réputation de queutard et les voisins tergiversaient. « Vengeance de femme ? » Assurément, le « Si tu me trompes, je t'arrache les yeux ! » constitue la phrase bateau des jalouses, mais c'est une phrase...
    /> Conrad, lui, on l'avait proprement énucléé. Chaque globe oculaire était impeccablement fiché dans un téton ; des épingles à tête ronde nacrée, mesurant 7 cm, de celles qu'on vend par boîte de 15.


    Ska numérique publie « L'Équarrisseur » signé Bernard Vitiello. Cette novella noire inaugure la nouvelle collection Noir de suiTe dont il assure la direction. Noir de suiTe, c'est du noir noir avec de petites lumières - humour, amour, amitié. Une collection originale à la fois esprit feuilleton et cadavre exquis ; chaque opus ayant un auteur différent s'inspire de l'intrigue précédente et des mêmes personnages.


    « L'Équarrisseur » existe en version papier aux Éditions du Horsain. En savoir plus

  • Le pouce crochu

    Fortune Du Boisgobey

    • Ska
    • 1 Juillet 2017


    Une fille opiniâtre poursuit l'assassin de son père... ainsi se résume succinctement cette histoire, écrite par l'un des précurseurs du roman policier...

    « Était-ce bien une main, cette tâche noirâtre qui tranchait sur le rideau blanc ? Camille en douta d'abord, mais elle ne parvenait pas à s'expliquer cette étrange apparition. Elle crut même être dupe d'une illusion d'optique. Le feu se mourait dans l'âtre et la lumière de la lampe commençait à baisser, si bien que le salon s'emplissait d'ombre et qu'elle ne distinguait plus nettement les objets. Elle aurait voulu fermer les yeux et elle ne pouvait pas. Ce point noir la fascinait. Cela ressemblait à une araignée énorme, armée de pattes velues, et cela ne bougeait pas. Était-ce la griffe de quelque bête monstrueuse ? Camille n'était pas poltronne, et pourtant elle sentait son sang se glacer dans ses veines. »
    Selon Thierry Chevrier, du Boisgobey « nous présente des héros profondément faillibles et humains, sujets au doute comme à l'erreur, lancés dans une traque pour la vérité, tenaces, hésitants, parfois déçus de fausses apparences, vérité souvent détruite au moment où l'on commençait à y croire, au fil d'aventures toujours profondément aléatoires et surprenantes. » Si l'on voit parfois les coutures de fil blanc dans ses intrigues, le point se rapproche davantage de la broderie que du ravaudage grossier. Emile Zola si critique envers les auteurs populaires de feuilletons à succès de son époque distinguait du Boisgobey qui faisait « plus proprement que les autres ». (extrait de l'avant-propos de Franq Dilo)

  • Assassinat d'un militant politique à Céret, la veille d'une élection fatidique ; le pays bascule.

    IL FALLUT UNE BONNE DIZAINE de secondes pour que le cri jaillisse, la mère du petit Vicenç n'ayant pas instantanément réalisé qu'elle tenait un oeil dans sa main. Un oeil humain à l'iris bleu. Le cri s'éleva alors que la mère s'écroulait, évanouie. Il se propagea dans les rues de Céret tel un météore.

    Dans cette nouvelle d'anticipation, l'action se déroule dans un contexte d'inexorable descente vers la barbarie, où la violence politique le dispute à l'installation sournoise d'un totalitarisme bas du front. Gildas Girodeau serait-il lui aussi à sa manière un lanceur d'alerte ? Terrifiant mais salutaire.

  • Le vieux Milou prétend que l'avion qui transportait Marcel Cerdan s'est écrasé sur le Mont-Blanc
    Parfois il se mettait en colère et sortait alors son argument choc ; cette nuit-là, la fameuse nuit du 27 au 28 août 1949, sur le glacier, il avait vu, dans la neige, les gants de Cerdan, deux belles grosses boules rouges, deux fruits écarlates, comme une paire, bégayait-il d'émotion, de griottes toutes fringantes. Las, au moment de s'en saisir, les moufles avaient glissé dans une crevasse qui les avait absorbées.

    L'admiration envers un grand champion, devenu quasiment un héros mythique pour tous les passionnés du noble art, perturbe le psychisme d'un gendarme à la retraite. Lubie, obsession, croyance... jusqu'au jour de la révélation ; il était dans le vrai.

  • Chocs en retour

    Anouk Langaney

    Nos actions ne sont jamais innocentes quand la vie plaide coupable inexorablement.

    C'EST EN SORTANT DU MUSEE, alors qu'il attendait Christelle passée par les toilettes, que Serge se fit alpaguer par une bande de connards ordinaires, un peu plus remontés que d'habitude pour on ne sait quelles raisons. Enfin, en cherchant bien, on pourrait en trouver, des raisons : mettons, une sombre histoire de pédophilie tournant en boucle sur les chaînes d'info, un pneu crevé, l'abus de Picon-bière... mais on s'en fout un peu, et puis ça ne change rien.
    Anouk Langaney trace avec vigueur et fluidité les travestissements des destinées tragiques à force d'être merdiques. Un talent à coup sûr ! révélé par son premier roman « Même pas morte » parue en 2013.(Editions Albiana)

  • Le dernier combat

    Michel Baglin



    Ali veut décrocher parce qu'il ne digère pas le racisme ordinaire.

    - Aux yeux des Français, un bon Arabe, tu sais ce que c'est, Tazzieri ? grommela-t-il. Regarde : un traître !
    - Arrête, Ali ! s'emporta le président. Tu te fais du mal pour rien !
    Ali décrocha sa propre photo du tableau. Il la garda entre ses doigts quelques instants, la fixant avec une sorte d'incrédulité, comme s'il ne pouvait reconnaître l'individu figé dans la posture avantageuse du champion. Puis il la tendit au président.
    - Voilà à quoi je rêvais tout gosse, ce que je voulais devenir... Une image !
    Il eut une moue vaguement dégoûtée pour ajouter :
    - Mais c'est pas moi, ça...


    La boxe comme moyen de s'extraire de sa condition inférieure demeure un vieux rêve illusoire surtout si votre entourage ou la société dans laquelle vous évoluez vous renvoie à la figure vos origines nord-africaines pour vous dévaloriser.



  • Jab

    Max Obione

    En direct d'une soirée de boxe à l'Apollo, les meilleurs amateurs s'affrontent.
    Onf ! La boule rouge est arrivée comme un parpaing. En plein sur ma bouche. Ecrasée sur l'enclume du protège-dent, ma lèvre supérieure éclate, je sens un goût sucré, un goût de fer, je saigne. Il jette son regard noir, cet enculé. Il marmonne, dents serrés de rage, des injures yougos, je parie ! Il grimace, non il rigole. Ses yeux fixes me fusillent, ne crois pas que tu m'impressionnes ! J'attends une ouverture, il change de tactique, ce tas, il ne bouge pas, puis il bouge. Putain de coriace !

    Nouvelle chorale, plusieurs voix s'entremêlent, plusieurs points de vue s'expriment, nous sommes entre les cordes, au coeur du combat. Une gageure littéraire signée Max Obione qui donne également dans sa préface un éclairage sur la littérature de « ring ».

  • Bas les gants

    Jose Noce



    Pour décontaminer Momo des rings, son manager monte une machination... bien roulée.

    Dans son lit, sur le matelas par terre, il y avait une jeune fille nue ensanglantée.
    Les yeux bleus déformés par du rimmel macadam fondu et un gros hématome violet.
    Les cheveux blonds en meule de foin explosée à la fourche.
    Le corps aussi nu que celui d'un poster de film de cul, mais aussi vrai qu'un fantasme en trois D, exhalant la mer et le jasmin sauvage.
    La jeune fille le regardait, effarée, baignée de larmes, implorante et apeurée, les mains agrippant un bout de duvet pour cacher ses seins piriformes d'une beauté canonique.


    /> Où l'on retrouve avec plaisir le style de José Noce dans cette histoire d'amour fou d'un manager pour son poulain boxeur au point qu'il veuille qu'il abandonne les rings. La belle Circé, chargé de cette mission, engeolera Momo, et de belle manière sexy.

  • Un tueur saturé de meurtres évoque sa carrière mirobolante.

    A CE PETIT ANGE aux seins nus qui monte soudain sur le comptoir, bien décidée à agacer le ventre lourd des lascars que nous sommes, j'adresse un sourire de fondu. Marilyn de contrebande, moitié tzigane, moitié indienne, elle a le mascara en débandade, étalé sur ses joues creuses, comme des peintures de guerre. Elle danse autour du feu qui me dévore.

    Tuer devient un métier comme un autre pour un spécialiste de l'effacement sur commande. Mais tout finit par lasser, même un pro peut avoir envie de mettre son gun au vestiaire. Alain Emery possède le brio d'un nouvelliste de grand talent.

  • Dix rounds

    Jan Thirion

    10 rounds, 10 instantanés d'humanité entre les cordes, 10 destins.

    Quand le Tigre monte sur le ring, les coeurs s'arrêtent de battre. Bercy devient une cathédrale où l'on n'entend plus que le feulement de la bête ivre de violence. Le Tigre, c'est moi. Je lève mes poings. Je montre mes griffes de boucher. À côté de moi, captifs dans l'enclos des cordes et sans possibilités de pouvoir s'échapper, les autres paraissent minuscules. Une pichenette les fera disparaître dans le néant. Remis de mon effrayante arrivée sous les projecteurs, le public se réveille et scande mon nom. Le Tigre ! Le Tigre ! Le Tigre !


    On connait Jan Thirion qui excelle dans le format court ou ultra court. Ici, il nous donne 10 condensés de son talent où imaginaire et imagination se surpassent.

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